LUCIE.

J'avais signé, sans espoir, mon pourvoi en revision devant le tribunal

de revision militaire. La revision, en effet, ne pouvait être invoquée

devant ce tribunal que pour vice de forme; j'ignorais alors que la

condamnation avait été illégalement prononcée.

Les journées s'écoulèrent dans une attente angoissante; j'étais ballotté

entre mon devoir et l'horreur que m'inspirait un supplice aussi infâme

qu'immérité. Ma femme, qui n'avait pas encore pu obtenir l'autorisation

de me voir, m'écrivit de longues lettres pour me soutenir et

m'encourager à supporter le supplice de la dégradation.

Cinq années de ma vie, 1894-1899 · 第 17 / 171 题