J'avais signé, sans espoir, mon pourvoi en revision devant le tribunal
de revision militaire. La revision, en effet, ne pouvait être invoquée
devant ce tribunal que pour vice de forme; j'ignorais alors que la
condamnation avait été illégalement prononcée.
Les journées s'écoulèrent dans une attente angoissante; j'étais ballotté
entre mon devoir et l'horreur que m'inspirait un supplice aussi infâme
qu'immérité. Ma femme, qui n'avait pas encore pu obtenir l'autorisation
de me voir, m'écrivit de longues lettres pour me soutenir et
m'encourager à supporter le supplice de la dégradation.