XII

Les sept fontaines sont taries

Qui jaillissaient dans la grand'place

De la ville où la populace

Accourait rire aux féeries.

Sur le palais dont les cent porches

Ne s’ouvriront plus à l’attente,

Tombe la nuit épouvantante,

Lourdement, sans bruit ni torches.

La danse est dansée aux terrasses

Où ne vibreront plus de cordes:

Le Conquérant, avec ses hordes,

A passé, fuyant ses traces.

Seule parmi les fleurs fanées,

Celle qui survit la vie

File en chantant à voix ravie

Le lin rouge des années.

Là-bas la route des désastres

Monte vers la montagne sombre

Où la Fileuse entend, dans l’ombre,

Tonner la chute des astres.

Petits Poèmes d'Automne · 第 35 / 37 题