XIII

Rouge en la cathèdre royale

Parmi les trompettes de fer,

Elle impose en reine d’enfer

Ses lois à la gent déloyale.

D'un bandeau de pourpre à clous d’or

S’écroule l’azur de ses boucles

Jusqu’à ses doigts lourds d’escarboucles

Qui serrent la clef du trésor.

Sur sa simarre à larges barres

Rayonne au soleil des orfrois

Le féroce blason des rois

Qui massacrèrent les barbares.

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Dans la salle des étendards

C’est soir d’affolante épouvante;

Sur les routes il pleut et vente,

Au gibet dansent les pendards.

Une trompette sonne et tonne

Au haut de la tour du manoir,

Et l'on entend au fond du noir

Les pas du bourreau qui l'étonne.

Ce qu’oyant, le fou de la cour,

Dont tinte en tremblant la marotte,

Chante de sa voix qui chevrote

Un ancien virelai d’amour.

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Sur la couche à lourdes courtines

Que froisse son singe badin,

La Reine étrangle un baladin

De ses étreintes serpentines.

Dans l’ombre des couloirs couverts

D’où jaillit un éclair de bagues

Sifflent, hors des fourreaux, les dagues

Des pages pervers aux yeux verts.

Et les flambeaux chus des pilastres

Ont mis feu, sous le veut des pas,

Aux plis frissonnants des lampas

Fleuris d'or comme les vieux astres.

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C’est la révolte et les bûchers

En la nuit de la décadence

Où le peuple aux yeux jaunes danse

Autour du tocsin des clochers.

Et du haut d’une hallebarde

Où s’enroule un obscène écrit,

La tète de la Reine rit

Aux crachats sanglants de sa garde;

Rit! car en le secret trésor

Qu'ont à jamais sacré les flammes,

Sous la cendre des oriflammes

Resplendit sa couronne d'or!

Petits Poèmes d'Automne · 第 36 / 37 题