XIII

La nuit, dans un pays de fleurs

Tristes comme tes yeux, ô Bonne,

J’ai tressé pour toi la couronne

Mystique des sept douleurs.

Ci l’amarante et l’anémone,

Le souci, la rose et l’iris,

Avec l’asphodèle et le lis

Des urnes d’or de l’automne.

Mon âme, qui se sent mourir,

Comme la lune, en leurs corolles,

Ne sait plus le sens des paroles

Dont tu voulus l’attendrir.

Aux eaux oublieuses du fleuve

Qui coule vers la mer sans nom,

Il faudra, le voudrais-je ou non,

Qu’un soir d’effroi je m’abreuve.

Voici ces fleurs des anciens cieux:

J’en vais cueillir d’autres, ô Bonne,

Dans des pays d’ombre où l'automne

Est triste comme tes yeux.

Petits Poèmes d'Automne · 第 19 / 37 题