XII

Je ne sais plus par quelle contrée

D’étoiles et de roses de lune

Je t’ai perdue en cette vesprée

Où nos voix se turent l'une après l’une.

_Au loin, c’est comme un murmure d’ondes

Coulant vers une mer inconnue._

Nos yeux suivaient le rêve des mondes,

Et notre âme attendait la venue

Du Christ ou de la Vierge Marie

Dans les roses de lune et les étoiles.

_Au loin, le vent, comme un Dieu qui prie,

Souffle vers la mer l’essor des voiles._

Nos mains cherchaient l'ancienne caresse

Et nos lèvres la vieille parole;

Mais nos gestes étaient de détresse,

Et nos mots tels un oiseau qui s’envole.

_Au loin, comme des oublis, les feuilles

Vogueut vers la mer où dort l’automne._

Ses yeux et ses lèvres que tu cueilles,

Dieu d’hiver dont le soleil s’étonne,

Refleuriront-ils comme les roses

Et les étoiles que nous aimâmes?

_Au loin, l’air est plein de voix moroses

Et la mer chante la mort des âmes._

Petits Poèmes d'Automne · 第 18 / 37 题