Je ne sais plus par quelle contrée
Détoiles et de roses de lune
Je tai perdue en cette vesprée
Où nos voix se turent l'une après lune.
_Au loin, cest comme un murmure dondes
Coulant vers une mer inconnue._
Nos yeux suivaient le rêve des mondes,
Et notre âme attendait la venue
Du Christ ou de la Vierge Marie
Dans les roses de lune et les étoiles.
_Au loin, le vent, comme un Dieu qui prie,
Souffle vers la mer lessor des voiles._
Nos mains cherchaient l'ancienne caresse
Et nos lèvres la vieille parole;
Mais nos gestes étaient de détresse,
Et nos mots tels un oiseau qui senvole.
_Au loin, comme des oublis, les feuilles
Vogueut vers la mer où dort lautomne._
Ses yeux et ses lèvres que tu cueilles,
Dieu dhiver dont le soleil sétonne,
Refleuriront-ils comme les roses
Et les étoiles que nous aimâmes?
_Au loin, lair est plein de voix moroses
Et la mer chante la mort des âmes._