Souvent la visite du curé interrompait la lecture. Il appelait Noémi:
mon enfant, acceptait un verre d'eau de noix; mais il semblait qu'il
ne sût plus comme naguère soutenir avec M. Jérôme des colloques
théologiques ni le divertir d'anecdotes cléricales. Chacun, devant
ce juge, rattachait son masque. Les yeux n'exprimaient plus rien;
les âmes se sentaient épiées. Le curé ne se délassait plus en une
conversation à bâtons rompus: tout ce qu'il disait semblait tendre à
un but non encore découvert. Il allongeait vers la flamme des jambes
courtes et enflées, et soudain assénait de vifs regards vite voilés
sur le couple silencieux. Moins péremptoire, moins sûr de soi, depuis
longtemps il n'avait raconté, comme il aimait faire, ses débats avec
tel rationaliste, où revenait souvent cette formule: «Je lui répondis,
_victorieusement d'ailleurs..._» M. Jérôme assurait qu'il n'avait vu le
curé si soucieux qu'à l'époque où l'ancien maire prétendit faire sonner
les cloches pour les enterrements civils et mobiliser le char funèbre
de la fabrique. Le curé aurait voulu que Jean Péloueyre se remît à un
travail d'histoire locale, entrepris avec passion mais depuis une année
interrompu. Le jeune homme prétendait manquer des documents essentiels.
Au vrai, de souffle court, il n'allait jamais jusqu'au bout d'aucune
étude. Les premières pages de ses livres, il les zébrait de notes, et
les dernières, il ne les coupait pas. Un perpétuel besoin de marcher
pour ratiociner à son aise, l'éloignait de sa table. Un soir, comme M.
Jérôme s'était retiré, le curé revint avec obstination sur ce sujet.
Jean Péloueyre se déclara incapable d'aller plus avant, sans consulter
des ouvrages spéciaux à la Bibliothèque Nationale: il ne pouvait tout
de même pas faire le voyage de Paris... «Et pourquoi, mon cher enfant,
ne le feriez-vous pas?» Le curé posa à mi-voix cette question; il
jouait avec la frange de sa ceinture, et ne détournait pas ses yeux
du feu. Une faible voix murmura: «Je ne veux pas que Jean me quitte.»
Mais le curé insista: c'est un péché que de ne pas faire fructifier le
talent. Incapable de diriger un cercle d'études ni aucune œuvre, Jean
ne devait pas tenir plus longtemps l'emploi de l'ouvrier inutile... Le
saint homme développait ce thème. La triste voix, en un grand effort,
dit encore: «Si Jean s'en va, je partirai avec lui...» Le curé secoua
la tête: Noémi s'était rendue indispensable auprès du cher malade. Au
reste il ne s'agissait que d'une courte séparation--quelques semaines,
quelques mois... Noémi ne trouva plus la force de protester. Aucune
autre parole ne fut prononcée jusqu'à ce que le curé eût remis sa
douillette et chaussé des sabots. Jean Péloueyre s'enveloppa d'une
pélerine, alluma la lanterne et précéda son hôte.
Le pluvieux décembre et ses brèves journées ne permirent plus aux époux
de se fuir--sauf lorsque Jean Péloueyre chassait la bécasse; mais même
alors il fallait rentrer dès quatre heures avec le crépuscule. Un seul
feu, une lampe unique rapprochaient ces corps ennemis. Autour de la
maison, la pluie endormante chuchotait. M. Jérôme avait ses douleurs
de chaque hiver dans l'épaule gauche et geignait. Mais Noémi allait
mieux. Elle s'obligeait à un effort quotidien pour détourner Jean de
ses projets de voyage; elle avait promis au ciel de tenter l'impossible
pour qu'il demeurât près d'elle. Cette supplication empêchait le
malheureux de rester indécis sans se résoudre à rien et, en ayant
l'air de le retenir, le forçait à prendre parti. Il levait vers la
jeune femme ses yeux de chien battu: «Il faut que je m'en aille,
Noémi». Elle protestait, mais s'il faisait semblant de fléchir, loin de
poursuivre son avantage elle n'insistait plus. M. Jérôme, bien qu'il
citât volontiers le vers des _Deux pigeons: L'absence est le plus grand
des maux_, envisageait avec une secrète joie de vivre seul près de sa
bru. Enfin le curé, en toutes rencontres, harcelait Jean Péloueyre.
Que pouvait le triste garçon contre cette complicité? D'ailleurs il
approuvait dans son cœur ce verdict de bannissement. Hors un pèlerinage
à Lourdes et ses nuits d'amour à Arcachon, il n'avait jamais quitté
son trou. S'enfoncer tout seul dans la cohue de Paris! C'était pour
lui sombrer à jamais au fond d'un océan humain plus redoutable que
l'Atlantique. Mais trop de cœurs le poussaient vers le gouffre. Le
départ fut enfin fixé à la deuxième semaine de février. Longtemps en
avance, Noémi s'inquiéta de la malle et du trousseau. Jean Péloueyre
était là encore qu'elle avait déjà retrouvé quelque appétit. Ses joues
se colorèrent. Un après-midi de neige, elle en fit des pelotes et les
jeta à la figure du petit-fils de Cadette, et Jean Péloueyre, derrière
une vitre du premier étage, les regardait. Lucide, il assistait à cette
résurrection. Comme la campagne se délivre de l'hiver, cette femme se
délivrait de lui: il la fuyait pour qu'elle refleurît.
Jean Péloueyre, ayant baissé la glace souillée du wagon, regarda
le plus longtemps possible s'agiter le mouchoir de Noémi. Comme il
flottait, ce signal d'adieu et de joie! Pendant cette dernière semaine,
elle avait saoûlé le voyageur d'une feinte tendresse, et ardente
l'avait provoqué jusqu'à lui faire murmurer, une nuit où il avait cru
la sentir vivre sous son souffle: «Et si je ne partais pas, Noémi?» Ah!
bien que ce fût dans les ténèbres et qu'elle n'eût répondu que par une
exclamation étouffée, il devina cette terreur, cette horreur, et ne put
se défendre d'ajouter: «Rassure-toi, je m'en irai.» Ce fut le seul mot
par quoi il manifesta qu'il n'était pas dupe. Elle se tourna vers le
mur et il l'entendit pleurer.
Jean Péloueyre regarda défiler les pins familiers que traversait le
petit train; il reconnut ce fourré où il avait manqué une bécasse. La
voie longeait la route qu'il avait si souvent parcourue en carriole.
Cette métairie couchée dans la fumée et dans la brume, au bord d'un
champ vide, serrant contre elle le four à pain, l'étable, le puits,
il la salua par son nom, il en connaissait le propriétaire. Puis un
nouveau train l'emporta à travers des landes où il n'avait jamais
chassé. A Langon, il dit adieu aux derniers pins comme à des amis qui
l'eussent accompagné le plus loin possible et s'arrêtaient enfin, et de
leurs branches étendues le bénissaient.
X
Il se logea dans le premier hôtel qu'il rencontra quai Voltaire. Le
matin, il regardait pleuvoir sur la Seine qu'il n'avait encore osé
franchir, puis, à midi, se glissait jusqu'au café de la gare d'Orléans
où il somnolait, dans le grondement des trains qui emportaient vers
le Sud-Ouest des voyageurs bienheureux. N'osant s'attarder, son repas
fini, sans consommer, il buvait après sa bouteille de vin blanc, deux
verres de liqueur, et son agile esprit se mouvait dans l'absolu. Ses
tics, des mots entrecoupés, parfois faisaient sourire les voisins et
les garçons; mais tapi entre le tambour de la porte et une colonne, il
demeurait le plus souvent inaperçu. Jusqu'aux réclames, il lisait les
journaux: meurtres, suicides, drames de la jalousie et de la folie,
tout était bon à Jean Péloueyre qui se repaissait du mal universel.
Après le dîner, un ticket de deux sous lui donnait accès aux quais:
il cherchait le wagon où était écrit le nom d'Irun et dont les larges
vitres, le lendemain matin, refléteraient les landes monotones. Il
avait calculé que ce train passait à moins de quatre-vingts kilomètres
à vol d'oiseau de la maison Péloueyre. Il posait sa main sur la paroi
du wagon et lorsque le convoi s'ébranlait, on eut dit un homme qui voit
disparaître à jamais la moitié de son âme. Dans le café, où de nouveau
il s'attablait, c'était l'heure d'un orchestre et Jean Péloueyre
subissait jusqu'au désespoir la toute-puissance de la musique sur son
cœur. Elle le livrait sans recours au fantôme de Noémi. Il voyageait
par la pensée sur ce corps que jamais il n'avait contemplé qu'endormi.
Dans le sommeil, au long des nuits de septembre et quand le clair de
lune coulait sur le lit, le triste faune avait mieux appris à connaître
ce corps que si, amant heureux, il l'eût possédé dans un mutuel délire.
Il n'avait jamais tenu entre ses bras qu'un cadavre mais il l'avait
réellement pénétré avec ses yeux. Peut-être connaissons-nous mieux
qu'aucune autre, la femme qui ne nous a pas aimés. A cette heure,
Noémi dormait dans la vaste chambre froide, elle dormait bienheureuse,
délivrée d'une repoussante présence, toute à la volupté du lit désert.
A travers l'espace, il sentait la joie de sa bien-aimée, sa joie parce
qu'il n'était plus contre elle couché. La tête entre les mains, Jean
Péloueyre s'excitait à la colère: il reviendrait au pays, s'imposerait
à cette femme, jouirait d'elle, dût-elle en crever! Il en ferait un
objet à son usage... Alors, en lui, elle surgissait muette, soumise,
avec cette douce gorge lourde, comme un arbre qui tend son fruit. Il se
rappelait ses consentements à mourir d'horreur et sans un cri... Jean
Péloueyre payait les consommations, suivait le quai jusqu'à l'hôtel, se
déshabillait à tâtons pour ne pas se voir dans la glace.
Tous les trois jours, on lui portait avec son chocolat une enveloppe
qu'il n'ouvrait quelquefois que le soir. Ah! que lui importaient ces
hypocrites vœux pour son retour! Le seul plaisir de Jean Péloueyre
était de penser que la main de Noémi à ce papier s'appuya,--que l'ongle
de son petit doigt avait creusé cette ligne sous chaque mot. Vers la
fin de mars, il crut sentir quelque sincérité dans l'appel de Noémi:
«... Je suis sûre que vous ne croyez pas à mon désir de vous revoir.
C'est mal connaître votre femme...» Elle écrivait encore: «Je m'ennuie
de toi.» Jean Péloueyre froissait la lettre et relisait celle que
son père lui avait adressée par le même courrier: «... Tu trouveras
Noémi changée à son avantage: elle a repris de l'embonpoint, elle est
superbe; elle me soigne et me dorlotte avec tant de bonne humeur que
j'oublie de la remercier. Les Cazenave ne paraissent plus céans, mais
je sais qu'ils imaginent de la brouille entre vous: laissons-les dire.
Je reprends du poil de la bête; ce n'est pas comme le fils Pieuchon qui
ne sort plus qu'en voiture et qu'on croit perdu, bien qu'un médecin de
B... prétende le guérir avec de la teinture d'iode diluée dans l'eau:
les jeunes s'en vont avant les vieux...»
Quand vinrent les premiers beaux jours, Jean Péloueyre osa enfin passer
les ponts. Dans un crépuscule d'or, il regarda la Seine et ses mains
touchaient le parapet tiède, le caressaient comme un être vivant.
Alors une voix derrière lui chuchota; elle l'appelait: chéri; elle
lui disait: viens. Tout près du sien, un jeune visage était exsangue
sous le fard. Une main gonflée et sans ongles cherchait sa main.
Il prit la fuite, ne s'arrêta qu'aux guichets du Louvre, soufflant
un peu. Même de telles créatures, aurait-il jamais osé attendre un
appel? Une autre femme que Noémi?... Il voulut, pour la première fois,
se délecter en pensée d'une complice, sinon bienheureuse, du moins
indifférente et sans dégoût; mais un si pauvre bonheur lui demeurait
inconcevable; il reçut l'âcre connaissance de ce comble d'infortune, en
éprouva un retour de colère. Ah! pourquoi ne pas consentir, ce soir,
à l'anéantissement dans des bras indulgents et soumis? Sont-elles au
monde pour d'autres que les Péloueyre, ces dispensatrices de caresses?
Il vit trembler le ciel de huit heures dans le bassin des Tuileries;
des enfants s'attroupaient à cause de ses gestes. Il fila, le dos rond,
contourna la place, atteignit la rue Royale et, comme c'était l'heure
de dîner, osa franchir le seuil d'un cabaret fameux.
Tapi contre la porte, face au bar où, comme à une mangeoire d'acajou,
des perruches à aigrettes s'accrochent, il éprouvait avec délices que
son aspect ici n'étonnait ni les femelles, ni les maîtres d'hôtel,
noirs et gras--rats d'égouts de restaurants chers. Ce boyau étincelant
attire trop de sauvages des Amériques, trop de fermiers et de notaires
provinciaux pour qu'y fasse rire un Jean Péloueyre. Le Vouvray colorait
ses pommettes et il souriait au bétail qu'attirait l'auge d'acajou.
Une blonde charnue glissa de son tabouret, lui demanda du feu, but
dans son verre, à mi-voix lui promit pour cinq louis de bonheur, puis
de nouveau, se percha, expectante. Bien que le vieux monsieur d'une
table voisine lui conseillât d'attendre la fermeture de l'établissement
«parce qu'alors celles qui restent vous font des prix avantageux», Jean
Péloueyre paya l'addition et sur le trottoir fut rejoint par la dame.
Elle héla un taxi et fit descendre le client derrière la Madeleine.
L'escalier de l'hôtel sans vestibule s'amorçait au ras du trottoir
comme pour en aspirer les immondices.
Le bruit des épingles à cheveux sur du marbre, éveilla Jean de sa
léthargie. Il vit des bras démesurément larges à l'endroit où ils
s'attachent aux épaules. Des faveurs roses enjolivaient cette chair
tremblante. Elle l'appela son loup tandis qu'avec un soin infini,
elle enlevait des bas de soie végétale. Cette hâte de se donner, ce
consentement, cette soumission sans dégoût, Jean Péloueyre en éprouvait
une pire douleur que lorsque, de toute sa chair, Noémi lui criait: Non!
Stupide, la fille le vit jeter un billet sur la table, et avant qu'elle
ait pu faire un geste, il était déjà dehors, enfilait une rue comme
un voleur. Il goûta, dans la cohue des boulevards, cette béatitude
après un grand péril conjuré. Les marronniers nus des Champs-Elysées
l'attirèrent. Un banc était libre; il s'y reposa, essoufflé toussant
un peu. Cette lune tronquée qu'éclipsaient les lampes à arc, il songea
qu'elle épandait sa lueur calme sur le troupeau des sombres cimes entre
les Pyrénées et l'Océan. Il ne souffrait plus, tout était pur en lui.
Il se délectait de sa misère sans souillure. Noémi et Jean s'aimeraient
dans un jour d'été sans déclin. D'avance il goûta l'accord de leur
chair glorifiée. O lumière où s'appelleront leurs corps immortels,
leurs corps incorruptibles! Jean Péloueyre dit à haute voix: «Il
n'est pas de Maîtres; nous naissons tous esclaves et nous devenons
vos affranchis, Seigneur.» Un sergent de ville s'étant approché, le
considéra un instant, puis, les épaules soulevées, s'éloigna.
Jean s'installa, chaque après-midi, à la terrasse du café de la Paix,
au bord d'un triste fleuve de visages. Les maladies secrètes, l'alcool,
les stupéfiants, avaient repétri à il ne savait quelle immonde
ressemblance ces milliers de figures qui toutes furent des figures
d'enfants. Jean Péloueyre s'intéressait à la quête des prostituées,
dénombrait ce troupeau de maigres louves. Il jouait à deviner pour
le compte de quel vice, ce monsieur à monocle et la lèvre pendante,
chassait. Avidement Jean Péloueyre cherchait une seule face qui portât
le signe des dominateurs et des maîtres, une seule et il eût suivi cet
être élu; mais les yeux étaient égarés, les mains tremblaient; des
convoitises hors nature salissaient des figures qui ne se savaient
pas épiées. D'ailleurs, ce Maître, s'il avait existé, eût-il été
immortel? Jean Péloueyre, gesticulant à cette table des boulevards
comme entre les murs d'une route de son village, se citait à soi-même
le mot de Pascal sur la fin de la plus belle vie du monde. On perd
toujours la partie! On perd toujours la partie, ô cerveau ramolli de
Nietzsche!... Des jeunes gens, près de lui, se poussaient du coude.
Une femme assise avec eux interpella Jean Péloueyre. Il tressaillit,
jeta de la monnaie sur la table et prit le large. Il entendit la femme
crier: «On n'est pas plus dingo...» Et maintenant il se glissait
dans la cohue, trottait comme un rat le long des vitrines, élaborait
le plan d'une étude péremptoire qu'il intitulerait: _Volonté de
Puissance et Sainteté._ Parfois, une glace de magasin le reflétait et
il ne se reconnaissait pas. La mauvaise nourriture l'avait maigri et
réduit encore. La poussière de Paris irritait sa gorge. Il aurait dû
renoncer aux cigarettes et n'avait jamais tant fumé; aussi allait-il
toujours crachant et toussant. Des vertiges l'obligeaient à s'appuyer
aux réverbères. Il aimait mieux se priver de manger que souffrir
ensuite de brûlures à l'estomac. Le ramasserait-on un jour dans le
ruisseau comme un chat mort? Alors Noémi serait délivrée... Ainsi
rêvait-il au cinéma où il échouait, moins attiré par l'écran que par
la musique ininterrompue. Souvent le fiévreux, mourant de fatigue,
entrait dans un établissement de bains. Un rideau de calicot voile
la lumière, les cols de cygne gouttent, on ne sent plus vivre son
corps. Jean Péloueyre ne cherchait de si médiocres refuges que parce
que longtemps il ne connut à Paris d'autre église que la Madeleine,
la seule qu'il rencontrât entre son hôtel et le café de la Paix. Mais
un jour, un autre itinéraire lui fit connaître Saint-Roch dont la
ténébreuse chapelle devint son hâvre quotidien. Odeur retrouvée de
l'église natale,--présence, la même à ce carrefour de l'immense ville
que dans le bourg inconnu. Pas une fois il ne franchit le seuil d'une
bibliothèque.
Peut-être eût-il ainsi vécu jusqu'à la mort, si un matin une lettre du
curé ne l'avait rappelé au bercail. Les termes en étaient pressants,
bien qu'elle donnât de M. Jérôme et de Noémi les meilleures nouvelles.
Avec une grande angoisse, Jean Péloueyre monta dans cet express dont si
souvent il avait senti se détacher de lui, glisser doucement, puis plus
vite vers le Sud-Ouest, le wagon qui porte le nom d'Irun.