Dans le cours des dix dernières années, les recettes des voies ferrées
ont augmenté: en Allemagne, de 828 millions; en Angleterre, de 632
millions et, en France, de 246 millions.
Et, cependant, la longueur de nos voies ferrées a gagné, dans ces cinq
dernières années seulement, 1.157 kilomètres, passant de 33.796 à 34.953
kilomètres.
De 1895 à 1903, il n'a été construit en Angleterre que 1.700 kilomètres
de voies ferrées; et, en Allemagne, dans le même temps, les lignes ont
passé de 45.261 à 51.740 kilomètres, gagnant ainsi 6. 479 kilomètres.
Il est évident que le moindre trafic de nos voies ferrées, s'il est,
dans une certaine mesure, un témoignage du malaise de notre commerce et
de notre industrie, est aussi une conséquence de la stagnation de notre
population.
Il ne faut pas oublier que la France, avec ses 39 millions d'habitants,
n'en compte aujourd'hui que quelques centaines de mille de plus qu'il y
a dix ans; tandis que la population anglaise s'accroît de 1% par an, et
la population allemande de 1,5.
Depuis 1895, l'Angleterre, peuplée de 43 millions d'individus, en a
gagné environ 4 millions; et l'Allemagne, peuplée de 60 millions
d'habitants, en a gagné plus de 7 millions!