Voilà, en effet, ce qu'on ne peut s'empêcher de penser quand on étudie
quelque peu cette révélation primitive, la sagesse d'autrefois et ce qui
en a découlé. L'homme a su plus qu'il ne sait. Il ignorait peut-être
l'énorme masse de petits détails que nous avons observés et classés et
qui nous ont permis de domestiquer certaines forces dont il ne songeait
pas à tirer parti; mais il est probable qu'il en connaissait mieux que
nous la nature, l'essence et l'origine.
La haute civilisation de l'humanité que l'histoire, en tâtonnant,
reporte à cinq ou six mille ans avant Jésus-Christ, est peut-être
beaucoup plus ancienne, et sans admettre, comme on l'a affirmé, que les
Égyptiens aient conservé des archives astronomiques durant une période
de six cent trente mille ans, on peut considérer comme établi que leurs
observations embrassaient deux cycles de précession, deux années
sidérales, soit cinquante et un mille sept cent trente-six ans. Or,
eux-mêmes n'étaient pas des initiateurs, mais des initiés, et tiraient
tout ce qu'ils savaient d'une source plus ancienne. Il en est de même
des Juifs, en ce qui concerne leurs livres primitifs et leur Kabbale; et
des Grecs, parmi lesquels tous ceux qui réellement nous apprirent
quelque chose sur l'origine, et la constitution de l'univers et de ses
éléments, sur la nature de la divinité, de la matière et de l'esprit,
tels qu'Orphée, Hésiode, Pythagore, Anaxagore, Platon et les
Néo-Platoniciens, étaient également des initiés, c'est-à-dire des hommes
qui, ayant passé par l'Égypte ou par l'Inde, avaient puisé à la même
source unique et immémoriale. Nos religions préhistoriques, scandinaves
ou germaniques et le druidisme celte, celles de la Chine et du Japon, du
Mexique et du Pérou, malgré de nombreuses déformations, en dérivaient
pareillement; de même que notre grande métaphysique occidentale, d'avant
le matérialisme actuel, dont la vue est un peu basse, notamment les
métaphysiques de Leibnitz, de Kant, de Schelling, de Fichte, de Hegel,
s'en rapprochent et s'y abreuvent plus ou moins à leur insu.
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Il est donc certain que par les Grecs, par la Bible, par le
Christianisme qui en est un dernier écho, car l'auteur de l'_Apocalypse_
et saint Paul étaient des initiés, nous sommes tout imprégnés de cette
révélation, qu'il n'y en a pas, qu'il n'y en eut jamais d'autre, qu'elle
est la grande révélation humaine ou surhumaine, et que par conséquent il
serait juste et salutaire de l'étudier plus attentivement et plus
profondément qu'on ne l'a fait jusqu'à ce jour.