III

Voilà, en effet, ce qu'on ne peut s'empêcher de penser quand on étudie

quelque peu cette révélation primitive, la sagesse d'autrefois et ce qui

en a découlé. L'homme a su plus qu'il ne sait. Il ignorait peut-être

l'énorme masse de petits détails que nous avons observés et classés et

qui nous ont permis de domestiquer certaines forces dont il ne songeait

pas à tirer parti; mais il est probable qu'il en connaissait mieux que

nous la nature, l'essence et l'origine.

La haute civilisation de l'humanité que l'histoire, en tâtonnant,

reporte à cinq ou six mille ans avant Jésus-Christ, est peut-être

beaucoup plus ancienne, et sans admettre, comme on l'a affirmé, que les

Égyptiens aient conservé des archives astronomiques durant une période

de six cent trente mille ans, on peut considérer comme établi que leurs

observations embrassaient deux cycles de précession, deux années

sidérales, soit cinquante et un mille sept cent trente-six ans. Or,

eux-mêmes n'étaient pas des initiateurs, mais des initiés, et tiraient

tout ce qu'ils savaient d'une source plus ancienne. Il en est de même

des Juifs, en ce qui concerne leurs livres primitifs et leur Kabbale; et

des Grecs, parmi lesquels tous ceux qui réellement nous apprirent

quelque chose sur l'origine, et la constitution de l'univers et de ses

éléments, sur la nature de la divinité, de la matière et de l'esprit,

tels qu'Orphée, Hésiode, Pythagore, Anaxagore, Platon et les

Néo-Platoniciens, étaient également des initiés, c'est-à-dire des hommes

qui, ayant passé par l'Égypte ou par l'Inde, avaient puisé à la même

source unique et immémoriale. Nos religions préhistoriques, scandinaves

ou germaniques et le druidisme celte, celles de la Chine et du Japon, du

Mexique et du Pérou, malgré de nombreuses déformations, en dérivaient

pareillement; de même que notre grande métaphysique occidentale, d'avant

le matérialisme actuel, dont la vue est un peu basse, notamment les

métaphysiques de Leibnitz, de Kant, de Schelling, de Fichte, de Hegel,

s'en rapprochent et s'y abreuvent plus ou moins à leur insu.

* * * * *

Il est donc certain que par les Grecs, par la Bible, par le

Christianisme qui en est un dernier écho, car l'auteur de l'_Apocalypse_

et saint Paul étaient des initiés, nous sommes tout imprégnés de cette

révélation, qu'il n'y en a pas, qu'il n'y en eut jamais d'autre, qu'elle

est la grande révélation humaine ou surhumaine, et que par conséquent il

serait juste et salutaire de l'étudier plus attentivement et plus

profondément qu'on ne l'a fait jusqu'à ce jour.

Les sentiers dans la montagne · 第 55 / 76 题