[4] _En plein vent_ (Sonnets d’Auvergne), 8 v. Stock, éditeur, 1900.
Nos émigrants d’antan étaient de fameux hommes.
Ils allaient en Espagne à pied: les plus cossus
S’achetaient un cheval barbe, montaient dessus
Et partaient. Travailleurs, ardemment économes.
La plupart, au retour, rapportaient quelques sommes
Quadruples et ducats, dans la veste cousus
Et qui, par la famille, étaient les bien reçus.
Alors, on n’était pas douillet comme nous sommes
Après tout un long jour de fatigue, on avait
La selle du cheval pour unique chevet;
On partageait un lit de paille rêche et rare
Avec des muletiers, grands racleurs de guitare
Des arrieros, nourris de fèves et d’oignons
Et l’on dînait avec ces frustes compagnons