temps par des Arabes coupeurs de route, les Oueld Moulad. En tout
cas c’est un château fort, et non pas du tout le centre d’une
exploitation agricole, dont on ne voit, aux alentours, ni traces, ni
même possibilité ; un mauvais pâturage, un petit groupe de puits
très peu profonds et abondants, voilà quelles étaient les seules
ressources d’Ouallen en 1905. Les puits eux-mêmes étaient peu
fréquentés, puisque, au fond de l’un d’eux nous avons trouvé
une tanière de chacal.
Il faut noter que la casbah est construite en pierres sèches, elle
appartient donc à une catégorie d’édifices archaïques très
répandus au Sahara, de l’Atlas au Niger (à Colomb-Béchar, dans
l’oued Saoura, à Charouïn, au bas Touat, ar’rem d’es-Souk et
de Kidal dans l’Adr’ar des Ifor’ass). Il est intéressant de
constater ici qu’une forteresse de ce genre peut se trouver dans
un point comme Ouallen, où toute agriculture semble impossible.
Sur ces routes transsahariennes qui aboutissent à l’Ahnet il se
fait peu de commerce ; pour l’alimenter, outre les produits de
l’élevage, il faut noter qu’il existe des ressources minérales
locales.
Les unes sont au Tidikelt occidental, dont les Touaregs de l’Ahnet
sont les courtiers. C’est d’abord l’alun d’Aïn Chebbi ;
c’est un produit assez répandu au Sahara dans les schistes du
Silurien supérieur, les Touaregs l’utilisent comme mordant. Auprès
d’Akabli, dans les argiles schisteuses carbonifériennes (?),
les indigènes exploitent un produit minéral qu’ils appellent
tomela. C’est un sulfate de fer, qui donne une couleur noire très
recherchée. Alun et tomela alimentent surtout les petites industries
domestiques de la tente chez les Touaregs ; le travail du cuir. (Voir
appendice IX, p. 357.)
Le sel de l’Açedjerad est au contraire un produit d’échange,
qu’on exporte au loin, au Soudan en particulier. Ce sel se trouve
quelque part dans les hauts de l’oued Meraguen, au lieu dit Tiliouin
In Chikadh ; qui est très célèbre, et dont j’ai beaucoup entendu
parler, sans le voir.
=Touaregs de l’Ahnet.= — Sur les habitants de l’Ahnet on a
maintenant des renseignements précis. On en trouvera le détail
dans le travail de M. Benhazera[263].
L’Ahnet est sous la suzeraineté exclusive d’une tribu noble
Touareg, les Taïtoq ; il est habité par eux et par leurs imrads
dont les principaux sont les Kel Ahnet (gens de l’Ahnet).
Taïtoq et Kel Ahnet ont les plus grandes affinités avec leurs
congénères du Hoggar. Les Taïtoq sont des Hoggar ou Ahaggar[264]
au sens littéral du mot. « En Tamaheq, dit M. Benhazera, le
mot Ahaggar, pluriel Ihaggaren, veut dire noble, et s’applique
indistinctement à tous les nobles. » Les Taïtoq sont une des trois
familles ou tribus nobles qui se partagent l’autorité dans la
confédération du Hoggar, ils se rattachent comme les deux autres,
à l’aïeule commune Tin Hinan, enterrée à Abalessa dans un beau
tombeau mégalithique[265].
Les Kel Ahnet se réclament aussi d’une aïeule commune aux Dag
R’ali, la plus importante des tribus Imr’ads du Hoggar ; cette
aïeule commune est Takamat qui est enterrée elle aussi à Abalessa,
auprès de Tin Hinan, dans un redjem turriforme.
Tous ces gens-là ont donc pour patrie Abalessa, où ils ont leurs
tombeaux de famille.
Les Taïtoq se sont brouillés avec l’autre grande tribu noble, les
Kel R’ela (la troisième tribu ne comptant pas numériquement) ;
c’est la vieille rivalité, souvent sanglante, entre Kel R’ela
et Taïtoq qui donne à l’Ahnet une vie à part, une individualité
politique.
Les Taïtoq ont pour tributaires (outre les Kel Ahnet), des Arabes
nomades d’Akabli, les Mouazil, les Settaf, et les Sekakna, qui
portent d’ailleurs le costume et l’armement des Touaregs. Il en
résulte qu’Akabli est pour les Taïtoq une sorte de capitale. Leur
chef, Sidi ag Gueradji, y possède une maison et y a fait de longs
séjours. Toute la tribu se trouve avoir une familiarité plus intime
avec la langue et la culture arabe. On parle couramment arabe dans
l’Ahnet, ce qui est bien loin d’être le cas au Hoggar. Il y a là
pour les gens de l’Ahnet un principe d’individualisation. — La
soumission des Taïtoq à l’autorité française a précédé celle
des autres Touaregs, sans doute parce que, d’esprit plus ouvert,
ils comprirent plus vite la situation nouvelle.
E.-F. GAUTIER. — Sahara Algérien. PL. LII.
[Illustration : Cliché Laperrine
94. — TOUAREG ARMÉ.]
[Illustration : Cliché Laperrine
95. — TOURNOI TOUAREG, ou plus exactement fantasia.]
[Illustration : Cliché Laperrine
96. — UN AUTRE TEMPS DE LA FANTASIA TOUAREG]
Les Taïtoq et leurs Imr’ads restent néanmoins mêlés intimement
à la vie commune de la confédération Hoggar dont ils font
partie. Il leur serait d’ailleurs géographiquement impossible de
s’en abstraire. Les pâturages de l’Ahnet, comme tous ceux du
Sahara d’ailleurs, sont trop incertains pour qu’on puisse compter
exclusivement sur eux. Taïtoq et Kel Ahnet sont propriétaires ou
usufruitiers de districts étendus dans l’Adr’ar des Ifor’ass,
où ils voisinent avec les Kel R’ela.
Actuellement pourtant les Taïtoq ont obtenu des autorités
françaises la consécration de leur autonomie ; leur chef Sidi ag
Gueradji est un _aménokal_ indépendant.
Ce que nous avons appris de plus neuf dans ces dernières années
sur les Touaregs en général et les Taïtoq en particulier,
c’est leur faiblesse numérique. D’après Bissuel les tribus
qui habitent la région de l’Ahnet « pourraient armer deux cent
cinquante combattants, auxquels viendraient se joindre dix guerriers
de Sekakna et quinze des Mouazil, soit un total de 275 hommes,
dont la répartition par tribus nous reste inconnue ».
Ce sont des chiffres bien modestes, 275 soldats sur 15000 kilomètres
carrés ; et combien suggestive la mention de dix guerriers des
Sekakna. Ces chiffres sont encore exagérés de plus de moitié.
D’après M. Benhazera les Kel Ahnet peuvent mettre sur pied une
cinquantaine d’hommes ; et c’est de beaucoup la fraction la
plus intéressante ; qu’on lise, chez M. Benhazera, la _liste
nominative des Taïtoq_, comportant 28 numéros. Ce sont des pays
où les recensements se font sur les doigts de la main.
Avec le travail de M. Benhazera pour base on peut essayer de tracer
un tableau économique de l’Ahnet.
+-------------------+----------+---------+-------+---------------------+
| | | MOUTONS | | |
| | CHAMEAUX | OU | BŒUFS | PALMIERS |
| | | CHÈVRES | | |
+-------------------+----------+---------+-------+---------------------+
| Taïtoq | 375 | 1000 | 0 | |
| | | | | |
| Kel Ahnet | 600 | 1500 | 0 | |
| | | | | |
| Iouarouaren | 225 | 600 | 0 | 300 (près de Silet).|
| | | | | |
| Mouazil et Settaf | 100 | ? | 0 | ? (Akabli). |
| +----------+---------+-------+---------------------+
| | 1300 | 3100 | 0 | |
+-------------------+----------+---------+-------+---------------------+
En somme environ 1300 chameaux et 3000 moutons, c’est là-dessus
exclusivement que les Touaregs de l’Ahnet doivent vivre. Il
faut souligner l’absence à peu près totale de cultures ; à
défaut de céréales on moissonne méthodiquement des graminées
sauvages (le drinn) ; ce qui nous reporte en quelque sorte avant
Triptolème. Les Touaregs de l’Ahnet sont plus pauvres que leurs
cousins du Hoggar ; ceux-ci ont quelques bœufs et quelques cultures ;
Motylinski énumère au Hoggar 35 ar’rem (oasis rudimentaires) ;
l’Ahnet n’en a pas un seul. C’est encore un élément
d’individualisation. Plus pauvres que les Kel R’ela, les
Taïtoq sont aussi des bandits plus redoutables ; ils représentent
ce qu’on pourrait appeler la fleur de la chevalerie Touareg ;
redoutés et légendaires pour leur humeur batailleuse. Il leur
en a cui d’ailleurs. La tribu s’est épuisée à courir les
aventures. La dernière fut particulièrement tragique.
En 1906 sur une quarantaine de Touaregs, en majorité Taïtoq,
partis en rezzou au Sahel marocain, 4 seulement sont revenus.
Les Touaregs[266] ont vivement excité l’intérêt des voyageurs,
depuis Duveyrier jusqu’à M. Benhazera : ils sont une admirable
matière à monographie ; celle en particulier qu’a écrite
Duveyrier reste excellente, il serait absurde de vouloir la refaire.
Je crois seulement qu’un côté de la question mériterait
d’être mis en lumière. Les Touaregs sont incontestablement de
race caucasique. Je crois bien que certains caractères physiques,
la taille colossale chez beaucoup d’hommes, le stéatopygie chez
quelques femmes, témoignent d’un mélange avec le sang nègre
qui est d’ailleurs avoué. Dans l’ensemble pourtant le sang
caucasique semble s’être défendu admirablement. M. Desplagnes qui
le constate l’explique par les usages matrimoniaux (matriarcat) ;
le Touareg a des négresses pour concubines, mais comme « le ventre
teint l’enfant », les métis qui résultent de ces unions sont
considérés comme nègres et restent étrangers à la tribu. Ce
point de vue est peut-être juste, au Soudan en particulier. Au
Sahara une autre explication me paraîtrait possible. On a remarqué
au Soudan que le nègre boit énormément, sans doute parce que sa
peau est conformée pour évaporer énormément, en conséquence il
a horreur du désert, le pays de la soif. La soif joue peut-être
au désert, parmi les nomades, le même rôle que la malaria aux
oasis. Sous les palmiers la race noire, résistante à la malaria,
élimine la blanche. Dans les pâturages et sur les grands chemins la
race blanche, résistante à la soif, éliminerait la noire ? Cette
explication repose, il est vrai, sur une hypothèse incomplètement
prouvée, — que l’organisme caucasique serait plus spécialement
susceptible d’acquérir « une structure xérophile », comme
disent les botanistes.
Quoi qu’il en soit de l’explication le fait est constant. Il
a été souvent mentionné. Un trait de ressemblance avec la race
blanche, que je ne me souviens pas d’avoir vu noter ailleurs,
est la précocité de la calvitie et de la canitie chez les
Touaregs. Elle est d’autant plus frappante que le corps, entretenu
par des exercices violents, conserve sa souplesse jusqu’à un
âge avancé. Quand le vent soulève les voiles bleus, on aperçoit
souvent des barbes incultes, grises ou blanches, qu’on eût été
tenté de situer plutôt entre un faux col et un chapeau rond.
Les intelligences et les caractères nous font aussi une impression
caucasique, fraternelle ; on a comparé les Touaregs aux chevaliers
du Moyen âge (voir pl. LII, phot. 95, 96) ; on sait combien fut
vive la sympathie de Duveyrier ; des personnalités comme celle
d’Ikhenoukhen, le contemporain de Duveyrier, ou bien de Moussa
ag Amastane et de Sidi ag Gueradji[267], qui jouent aujourd’hui
les premiers rôles, nous sont pleinement intelligibles et nous
attirent vivement ; tandis qu’un héros noir ou jaune, Béhanzin
ou le Dé-Tham nous paraît toujours par quelque côté monstrueux
ou inquiétant.
M. Chudeau voudrait rattacher les Berbères à la race de
Cro-Magnon[268] ; en tout cas tout se passe comme s’ils étaient
relativement près de nous, du moins comme individus, comme organismes
humains.
Comme société au contraire, ils sont prodigieusement loin au
delà de la barbarie, encore en pleine sauvagerie primitive. On a
dit qu’ils sont à peine dégagés du néolithisme, — (bracelet
de pierre polie, emmanchure néolithique de la hache en fer). —
Le totémisme chez eux est encore tout frais, ils ont de nombreux
tabous, le lézard de sable, la poule, le poisson ; et ils en
rendent compte par des considérations de parenté : « Nous ne
mangeons pas l’ourane, parce qu’il est notre oncle maternel. »
Le voile qui n’est pas du tout une mesure hygiénique ne peut pas
être autre chose qu’une survivance d’un vieux tabou[269]. On a
beaucoup admiré, par opposition à l’asservissement de la femme
arabe, la situation élevée que la femme tient dans la famille
et dans la société : cette admiration est très justifiée ;
mais l’égalité des sexes qui sera peut-être une conquête de
l’avenir était réalisée au berceau de l’humanité ; la famille
Touareg a pour base le matriarcat, comme la famille primitive[270] ;
« le ventre teint l’enfant », c’est-à-dire qu’il suit sa
mère et qu’il ignore son père ; son plus proche parent mâle
est l’oncle maternel ; les mœurs sont très libres, polynésiennes.
En effet cette coexistence d’institutions aussi anciennes,
néolithisme, totémisme, matriarcat, avec une cérébralité
individuelle très développée, rappelle la Polynésie. Aussi bien y
a-t-il peut-être quelque analogie géographique entre des montagnes
isolées au milieu du désert et les atolls du Pacifique.
Nous allons nous trouver mieux outillés maintenant pour comprendre
ce que fut au Tidikelt, au Touat, etc. la conquête arabe et si
l’on veut andalouse des XVe et XVIe siècles. Ces « nazaréens »
dont on voit dans la Saoura les villages détruits, ces Zénètes
Juifs du Gourara et du Touat, ces Barmata du bas Touat, toutes ces
populations qui furent islamisées et arabisées par les marabouts de
la Seguiet el Hamra, appartenaient sans doute à ce type d’humanité
qui s’est conservé en pays touareg.
Ibn Khaldoun nous apprend que les Sanhadja du Sahara se convertirent
à l’islamisme au IIIe siècle de l’hégire[271], lors de
la conquête almoravide dont ils furent les instruments et les
bénéficiaires. Mais cette conversion fut superficielle, les Touaregs
n’ont ni mosquée, ni clergé, ils ne pratiquent pas la prière et
le jeûne ; ils ont une réputation d’impiété parfaite auprès de
leurs voisins arabes, chez qui le R’amadan par exemple bouleverse
une fois l’an toute la vie domestique et publique.
Aujourd’hui encore l’Islam et la langue arabe, l’un portant
l’autre, après avoir conquis le Maurétanie et le Touat,
s’attaquent au bloc Touareg. Les personnages influents au Hoggar
sont des marabouts kounta, le fameux Abiddin, ou bien encore Baÿ
de Teleyet, qu’on pourrait appeler le directeur de conscience de
Moussa ag Amastan.
Il faut définir ainsi les Touaregs : ce sont ceux des Berbères
Sanhadja, qui ont échappé jusqu’ici au grand mouvement
d’expansion islamique, parti au XVe siècle de la Seguiet el
Hamra. On trouve en présence au Sahara, sur deux domaines très
distincts, d’une part des Touaregs, et de l’autre des Arabes
nomades, des Maures. Il y a entre eux d’énormes différences
de langue, de culture, de mœurs, de costume, d’armement, sans
parler de haines inexpiables. Ce sont deux peuples différents à
coup sûr et l’on voudrait dire deux races. L’histoire nous
montre que ce fossé si profond est creusé d’hier ; de part et
d’autre il y a les mêmes Berbères Sanhadja, mais les uns sont
franchement convertis à l’islamisme, et les autres ont conservé
dans la famille, dans la société, dans les mœurs, une énorme
quantité de survivances préislamiques ; disons que les uns sont
des civilisés et les autres des sauvages. Nous avons vu que le
Tidikelt est la dernière conquête arabe, et que le résultat de
la conquête fut la création des palmeraies. Comme représentants
de la civilisation, c’est nous qui avons succédé aux marabouts
marocains. Réussirons-nous à créer des oasis dans l’Ahnet ?
D’une façon générale, les plateaux touaregs et les causses du
Tadmaït ont actuellement à peu près la vie économique qu’ils
méritent. Les causses sont le pays classique des très grosses
sources qui concentrent la vie sur un petit nombre de points. Les
plateaux gréseux, qui sont en Europe pays de bois, semblent
naturellement appelés au désert à devenir pays de pâturages.
Il semble incontestable pourtant que les Touaregs, aussi longtemps
qu’ils furent les maîtres au Tidikelt y ont entravé la
culture. On se rend très bien compte d’ailleurs qu’ils
l’entravent au Hoggar, où elle semble appelée à prendre un
certain développement[272]. L’avenir agricole du Mouidir-Ahnet est
plus incertain en ce sens que les indigènes, dont la connaissance
du pays est la base même de tout progrès, ne nous donnent ici
aucune indication. L’avenir dépend d’un forage heureux de puits
artésien, et le choix de l’emplacement est délicat.
[Note 219 : Voir la carte p. 315 et la grande carte géologique
en couleurs.]
[Note 220 : M. Flamand a constaté l’existence de cette faille
dès 1900, ainsi qu’il a bien voulu me l’affirmer oralement.]
[Note 221 : Je répète qu’une partie de tout ceci est empruntée
aux conversations de M. Flamand.]
[Note 222 : _C. R. Ac. Sc._, 23 juin 1902. M. Flamand ne précise
pas la provenance des fossiles qui lui ont été envoyés par M. le
capitaine Cauvet.]
[Note 223 : _C. R. Ac. Sc._, 2 juin 1902.]
[Note 224 : _Documents_, etc., p. 588, fig. 152.]
[Note 225 : _Id._, p. 755.]
[Note 226 : Il s’ensuit que l’expression de _plissement
calédonien_ est inexacte, puisque ce plissement n’affecte pas
le Silurien supérieur. Mais cette expression est provisoirement
commode encore qu’inadéquate.]
[Note 227 : G.-B.-M. Flamand, _Sur l’existence des schistes à
graptolithes à Haci el Kheneg_ _C. R. Ac. Sc._, t. CXI, p. 954-957,
3 avril 1905.]
[Note 228 : Une phrase de deux lignes dans G.-B.-M. Flamand :
Mission au Tidikelt. _La Géographie_, 1900, p. 361.]
[Note 229 : MM. Flamand et Ficheur, après un examen très sommaire,
avaient rattaché ces fossiles au Carboniférien (voir E.-F. Gautier,
le Mouidir-Ahnet, dans _La Géographie_, juillet 1904). Ce qui rend
tout à fait certain, d’après M. Haug, l’âge supradévonien
c’est la présence de _Spirifer Verneuilli_, accompagnée de
_Productella_ cf. _dissimilis_, etc.]
[Note 230 : _C. R. Ac. Sc._, 4 décembre 1905.]
[Note 231 : _L. c._]
[Note 232 : Mussel, _Renseignements coloniaux_, juin 1907. (Voir
appendice I, p. 340.)]
[Note 233 : Sur la carte géologique, il a été marqué Dévonien
par erreur.]
[Note 234 : _C. R. Ac. Sc._, 19 mars 1906.]
[Note 235 : Besset, _Bulletin du Comité de l’Afrique française_,
1904. — E.-F. Gautier, Le Mouidir Ahnet, _La Géographie_, X, 1904.]
[Note 236 : Je saisis cette occasion de remercier M. le commandant
Lacroix, qui a bien voulu me communiquer ce travail ; — et M. Voinot
lui-même à qui j’ai d’ailleurs d’autres obligations.]
[Note 237 : _L. c._, p. 212.]
[Note 238 : J’en donne en appendice. M. Flamand en a signalé : il
en existe auprès du fort Miribel, d’après le colonel Laperrine.]
[Note 239 : _Bulletin du Comité de l’Afr. fr._ Supplément de
décembre 1902.]
[Note 240 : Foureau, _Essai de catalogue des noms arabes et
berbères de quelques plantes, arbustes et arbres algériens et
sahariens_. Paris, Challamel, 1896. A l’user de ce catalogue on
s’aperçoit que les Arabes et les Berbères ont parfois réuni sous
un même nom des espèces voisines mais nettement différentes (drinn,
diss par exemple). On reviendra là-dessus dans le second volume.]
[Note 241 : _Canis Zerda_.]
[Note 242 : Duveyrier, p. 222 et 225.]
[Note 243 : _Renseignements coloniaux, etc._, 1903, no 8, p. 213.]
[Note 244 : Bissuel, _Les Touareg de l’Ouest_, p. 67.]
[Note 245 : Je sais naturellement que ces chameaux sont des
dromadaires ; mais l’appellation de chameaux est aussi courante
que défectueuse.]
[Note 246 : Renseignements coloniaux publiés par le Comité de
l’Afrique française, 1904, no 1.]
[Note 247 : _La Géographie_, 15 juillet 1904.]
[Note 248 : Schirmer, _Journal de voyage d’Erwin de Bary_, p. 56.]
[Note 249 : _Bulletin du Comité de l’Afr. fr._ Supplément
d’octobre 1907.]
[Note 250 : Lieutenant Voinot, A travers le Mouidir, dans le
supplément du _Bulletin du Comité de l’Afr. fr._ de septembre
1904.]
[Note 251 : Maurice Benhazera, Six mois chez les Touareg du Ahaggar,
_Bulletin de la Société de Géographie d’Alger_, 1906, 2e et
4e trimestre.]
[Note 252 : Voir _Bulletin du Comité de l’Afr. française_ :
renseignements coloniaux, septembre 1904 ; et _Géographie_, 15
octobre 1905.]
[Note 253 : Voir appendice IV.]
[Note 254 : _Les Touareg de l’Ouest_, Alger, 1888.]
[Note 255 : _Exploration scientifique de l’Algérie, Études sur
la Kabylie_, par E. Carette, 1848.]
[Note 256 : Thomas Shaw, _Relating to several parts of Barbary_,
Oxford, 1738.]
[Note 257 : _Bulletin du Comité de l’Afr. fr._ Renseignements
coloniaux, janvier 1907, p. 15. Le capitaine Dinaux écrit Ehenfous,
et sans doute a-t-il de bonnes raisons pour cela. Comme d’habitude
en matière de noms touaregs l’orthographe usuelle (?), si tant
est qu’on puisse invoquer un usage, a bien des chances d’être
incorrecte.]
[Note 258 : M. Flamand a contesté que In Ziza fût un volcan éteint
(_Supplément au Bulletin du Comité de l’Afrique française_
de mars 1905, p. 137) ; et M. Mussel revient longuement sur cette
question en s’appuyant sur l’autorité de M. Flamand dont
il adopte les conclusions (Supplément au _Bulletin du Comité de
l’Afr. fr._ de juin 1907, p. 149). Une contradiction aussi formelle
avec un géologue de la valeur de M. Flamand serait grave s’il
avait vu In Ziza ; le jour où il ira y voir cette contradiction
disparaîtra. Sur la nature volcanique d’In Ziza les nombreux
échantillons de laves rapportés ne laissent aucune espèce de
doute ; ils sont à l’étude au Muséum. D’ailleurs l’appareil
du volcan est très reconnaissable, on voit l’emplacement de
la cheminée marqué par des dykes, on distingue les coulées qui
constituent la masse même de la montagne ; la roche encaissante est
du gneiss. Notons pourtant que l’aguelman d’In Ziza, que j’ai
donné pour un cratère lac adventice, pourrait bien être comme le
veut M. Flamand une marmite de géants.
Il est naturel de rattacher l’étude de ce volcan à celle des
volcans du Hoggar, dont M. Chudeau se chargera dans le second volume
de la présente publication.]
[Note 259 : Deporter, Extrême-Sud de l’Algérie.... Alger, 1890.]
[Note 260 : Mussel, Du Touat à l’Achegrad. _Bulletin du Comité
l’Afr. fr._ Renseignements coloniaux, mars 1907, p. 57.]
[Note 261 : _L. c._, p. 57.]
[Note 262 : _L. c._, p. 57.]
[Note 263 : _L. c._, p. 371.]
[Note 264 : Ahaggar est l’orthographe correcte en même temps
qu’inusitée.]
[Note 265 : La description la plus détaillée qui en ait été
faite est celle de Motylinski. Supplément au _Bulletin, etc._,
octobre 1907. On y trouvera une photographie du Tombeau.]
[Note 266 : Il est bien entendu que Touareg (singulier Targui) est
probablement dérivé du berbère Targa, qui fut au Moyen âge le nom
d’une tribu Sanhadja ; — mais que aujourd’hui, les intéressés
ont rejeté ce nom, qui leur a été conservé par les Arabes ;
— les Touaregs se donnent à eux-mêmes le vieux nom d’Imohar
ou Imochar (berbère Imaziren, Tamazirt, latin Mazyces). On trouvera
tout cela et bien d’autres choses dans Duveyrier et Benhazera.]
[Note 267 : Voir Benhazera, _l. c._, E.-F. Gautier, _La Géographie_,
1er semestre 1906, p. 9.]
[Note 268 : Il n’est point seul. Voici un curieux passage extrait
du journal _Le Temps_ (8 mars 1904). M. Pierre Mille, écrivant
de Tombouctou, décrit des Touaregs, et il note « leurs traits
réguliers, leurs lèvres fines, leurs nez arrondis du bout, _comme
ceux des montagnards pyrénéens_ ».]
[Note 269 : Voir là-dessus : Frazer, _Le Rameau d’or_, traduction
Stiébel, t. I, p. 243.]
[Note 270 : Voir Frazer, _The golden Bough_, 3e édition, part IV,
p. 383 et suiv.]
[Note 271 : Duveyrier, p. 325.]
[Note 272 : Motylinski, Supplément au _Bulletin de l’Afr. fr._,
octobre 1907.]
APPENDICES
APPENDICE I
=ITINÉRAIRES ET OBSERVATIONS ASTRONOMIQUES=
Pour dresser les cartes de l’oued Messaoud (hors texte) et du
Tidikelt-Mouidir-Ahnet (p. 315), on s’est appuyé sur trois
itinéraires originaux qui sont : du Touat à Haci Sefiat, — de
Zaouiet Reggan à Haci Rezegallah, — de Taourirt à Tin Senasset,
par la route d’Ouallen.
Ces itinéraires ne sont pas présentés isolément, on les a
reportés sur la carte générale, autrement dit on les a rapprochés
des autres itinéraires antérieurement publiés.
Les itinéraires sont basés sur un nombre malheureusement petit
d’observations astronomiques. Les instruments utilisés sont, outre
les trois montres, un sextant et une lunette. Le sextant était en
mauvais état, on a dû le faire réparer par le forgeron nègre de
Taourirt (!). La lunette, par une étrange vicissitude, est celle
de Cazemajou, rapportée par les tirailleurs après le massacre de
la mission, et que le Comité de l’Afrique française a mis à la
disposition du colonel Laperrine.
Les calculs ont été faits à l’Observatoire d’Alger,
où la haute compétence et l’inépuisable complaisance de
M. Trépied ont remédié en quelque mesure à la défectuosité
du sextant. L’erreur instrumentale a pu être déterminée, du
moins pour la période postérieure à l’opération chirurgicale
de Taourirt.