importance particulière, la monographie du Touat, par le lieutenant
Niéger, contient, à ce sujet, un alinéa très intéressant. Au
Touat, l’eau est objet de propriété en soi, indépendamment
du sol ; il est courant qu’un propriétaire de palmiers soit
simplement locataire de l’eau, sans laquelle sa propriété ne
saurait subsister. « Cette anomalie, dit Niéger, s’explique
facilement par le désir que les gens riches de la contrée,
possesseurs de _foggara_, avaient de conserver les moins favorisés
dans leur dépendance. » On comprend aisément, en effet, que la
possession de l’eau soit un instrument de domination, et que les
simples propriétaires de palmiers constituent une classe inférieure
et dépendante. Chaque _foggara_ a donc son propriétaire, ou plus
généralement ses propriétaires, et qui ne sont pas le moins du
monde indivis ; la proportionnalité de leurs droits se mesure très
exactement au nombre de puits d’aération qui appartiennent à
chacun. Chaque section de _foggara_ a donc son propriétaire : Niéger
ne nous dit pas s’il est responsable de son entretien ; cela paraît
probable, et, dans ce cas, la propriété des _foggara_ ne serait
pas seulement un instrument de domination, elle présupposerait une
certaine situation de fortune et une certaine prééminence sociale ;
il est clair que, pour entretenir une _foggara_, pour faire face
aux aléas d’un éboulement par exemple, il faut disposer, soit de
capitaux, soit d’une clientèle étendue d’ouvriers. On ne nous
dit pas non plus si la communauté se désintéresse entièrement de
cette question vitale de l’irrigation. C’est peu vraisemblable :
qu’arrive-t-il, par exemple, si le propriétaire d’une section
de _foggara_ laisse dépérir sa propriété et compromet, par là,
la prospérité d’une portion de l’oasis ? Nous ne savons pas
davantage comment se fait la location de l’eau ; y a-t-il des baux,
des enchères ? On devine l’existence de tout un code minutieux
de l’irrigation, qu’il serait intéressant de connaître.
Le lieutenant Niéger nous donne d’intéressants détails sur
la répartition matérielle de l’eau. Ailleurs, dans l’oasis
de Figuig, par exemple, ce qui se répartit, ce qui fait objet
de propriété et de contrats, c’est le tour d’irrigation,
l’heure, la fraction de temps pendant laquelle on aura l’usage
de l’eau. C’est donc le temps qui se mesure au moyen de la
_karrouba_, un vase en cuivre, percé d’un trou, qui joue le
rôle d’horloge hydraulique, ou, plus simplement, de sablier
d’eau. Ce mode de répartition n’est pas inconnu au Touat,
mais il y est rare. Niéger mentionne « une seule _foggara_ à
Tamentit, où chaque propriétaire prend l’eau pendant un temps
déterminé et arrose immédiatement son jardin ». En général,
c’est l’eau elle-même qu’on mesure ; on jauge son débit,
et il est curieux de voir comment les ksouriens ont résolu ce
problème délicat. L’instrument dont ils se servent porte le nom
de _chekfa_ ; c’est une plaque de cuivre percée de trous. Chacun
de ces trous a une dimension déterminée ; les uns sont l’unité
de mesure (_habba_), et les autres en sont des fractions ou des
multiples. Il suffit de barrer entièrement le courant avec cette
plaque de cuivre ; « l’équilibre est établi lorsque l’eau
coule par une gouttière ménagée à la partie supérieure
de l’instrument ; on bouche à cet effet le nombre de trous
nécessaires dans la _chekfa_. Il suffit alors de compter un à un
les trous restés libres, et qui correspondent à des mesures connues
(_habba_, 1/2 _habba_, etc.), pour avoir le débit ».
M. le lieutenant-colonel Laperrine a bien voulu attirer mon attention
sur un passage curieux de _Ronna : les Irrigations_[209]. On y voit
que, en France, les anciens fontainiers faisaient usage du pouce
d’eau, qui est simplement l’équivalent français de la habba.
Il est curieux de constater ainsi, une fois de plus, que les
hydrauliciens du Sahara ont emprunté leurs connaissances précises
au fonds commun du vieux monde. Du moment que les ksouriens ont un
instrument de jauge, suffisamment précis et pratique, il est aisé de
concevoir comment s’opère la répartition. Au débouché de chaque
_foggara_, dont le débit est jaugé, se trouve un _kasri_, que les
Français appellent un « peigne » à cause de sa forme. C’est,
si l’on veut, un delta de pierre entre les branches duquel l’eau
de la _foggara_ se divise. (Voir pl. XXXVIII, phot. 71.) Chaque dent
du peigne, ou chaque branche du delta a son propriétaire auquel une
_chekfa_, disons un compteur, fixé à demeure, assure automatiquement
la quantité d’eau exacte qui lui revient. Il est curieux de voir
comment, à travers les trous de la _chekfa_, l’eau des oasis se
vend et se loue, pour ainsi dire goutte à goutte.
Ce système surprend par son ingénieuse complexité, mais il a
un gros inconvénient ; à jauger l’eau, et à l’éparpiller
ainsi entre les différents propriétaires, on en perd beaucoup. Avec
l’autre système celui de la karrouba on gaspille beaucoup moins. Il
semble que l’organisation politique des Touatiens les ait amenés
à choisir ce mode défectueux de répartition. Il n’est pas rare
en effet qu’une même foggara appartienne à plusieurs ksars,
qui, étant parfaitement autonomes, ne pouvaient pas rester dans
l’indivision. L’anarchie du pays livre ainsi à l’évaporation
une quantité d’eau assez notable.
Chaque ksar a son jaugeur d’eau, _Kiel el-ma_ qui est en même
temps, dans les questions d’irrigation, quelque chose comme un
arbitre ou un juge.
Et c’est en même temps quelque chose d’assez voisin de notre
notaire ; ce qui fait sa force, et ce qui le rend irremplaçable,
c’est sa connaissance méticuleuse des intérêts et des fortunes.
En somme, tout ce que cette assez pauvre race humaine a
conservé d’intelligence et d’énergie est concentré
autour de ces questions d’irrigation et de culture. Elle a
réalisé là des miracles, à propos desquels on regrette de
constater une disproportion entre la somme des efforts et de
l’ingéniosité déployés, et le résultat économique final,
qui est médiocre. (Voir pour l’irrigation aux oasis, pl. XXXVIII,
phot. 72. et pl. XXXIX, phot. 73, 74.)
La datte est, comme partout dans les oasis, la richesse principale,
mais celles du Touat ne supportent pas la comparaison avec les fruits
magnifiques d’Ouargla et de l’oued R’ir. Au dire des indigènes
on a souvent essayé de transplanter au Gourara et au Touat les
meilleures espèces d’Ouargla ; elles y dégénèrent très vite.
C’est probablement une question de sol. La cuvette d’Ouargla et
de l’oued R’ir est alluvionnaire, les déjections de l’Igargar
s’y sont accumulées sur de grandes profondeurs ; ce sol chargé
de produits chimiques donne d’ailleurs des eaux purgatives, à
peine potables. Le Touat doit à ses grès des eaux très pures et
un sol pauvre.
Les indigènes en ont conscience et recherchent avidement le fumier
mais leur cheptel misérable ne leur en fournit guère ; de très
rares chameaux, quelques ânes et quelques moutons étiques ; les
poules elles-mêmes sont remarquables par leurs dimensions exiguës ;
elles pondent des œufs à peine plus gros que ceux du pigeon. Toute
la vie animale domestique est malingre ou absente. Le chien n’existe
pas, trop mal outillé pour survivre aux étés sahariens, avec sa
peau dépourvue de pores sudorifiques.
Sous les palmiers mûrissent d’excellents raisins, qu’on
retrouve d’ailleurs sur bien des points au Sahara (Hoggar par
exemple) ; ils ne ressemblent pas du tout à ceux d’Algérie,
ils ont la peau aussi fine et le grain aussi petit que les raisins
les plus septentrionaux de France, évidemment la vigne s’étiole
au sud comme au nord de la zone méditerranéenne. En compagnie du
raisin les jardins du Touat ont des fruits et des légumes, figues,
oignons, fèves, pastèques, etc., qui constituent pour l’indigène
une ressource alimentaire appréciable, mais qui ne sont pas des
richesses économiques réalisables.
Dans cette catégorie des produits agricoles susceptibles
d’alimenter un commerce viennent très loin après les dattes,
le henné et le tabac, d’importance pécuniaire insignifiante,
mais surtout les céréales, mil, orge et blé. D’après M. le
capitaine Flye Sainte-Marie le blé vient très beau, et le Touat
proprement dit, à lui seul, en a produit en 1904 17600 quintaux,
de quoi suffire non seulement aux besoins locaux, mais encore à
ceux de la garnison et peut-être à une faible exportation.
Il est vrai que la consommation locale de denrées alimentaires
doit être très faible. Incontestablement, les prolétaires des
oasis, autrement dit les haratin, sont une population à peine
nourrie. On leur voit d’effrayants sternums de momies. Le climat,
en été du moins, diminue d’ailleurs l’appétit et fait tomber
l’embonpoint. L’Européen lui-même, si j’en juge par mon
exemple, perd rapidement, avec ses habitudes de suralimentation,
une partie notable de ses provisions adipeuses. Sous la double
influence du climat et de la famine, les haratin ont dû développer
d’étonnantes facultés d’assimilation digestive intégrale, et
d’évacuation minima. Il y aurait là un beau champ d’études
pour ces cas de jeûne extraordinairement prolongé, sur lesquels
a été attirée l’attention des médecins, des psychistes et
même du grand public. Les oasis doivent être pleines de Succi,
auxquels il a manqué un _manager_.
Les autorités françaises craignent ou feignent plaisamment de
craindre que le Touat ne se vide d’habitants, le bruit s’étant
répandu dans la population qu’il y avait au nord des pays où
l’on mangeait. Le Tell à ce point de vue malgré la distance,
a toujours exercé une attraction puissante sur les Touatiens. Si
M. Basset a pu étudier à Tiaret le dialecte berbère du Touat et
du Gourara, c’est qu’il y a trouvé une colonie de haratin.
Sur la misère et la famine au Touat M. l’interprète militaire
Martin[210] m’a fourni quelques chiffres dont je lui laisse
la responsabilité, mais qui sont effrayants. Un palmier vaut à
Ouargla de 30 à 50 francs ; dans l’oued R’-ir de 60 à 70 ;
et les meilleures espèces (deglat nour) vont à 300 francs ; au
Touat les palmiers ont une valeur maximum de 6 à 7 francs le pied,
soit environ dix fois moindre.
La journée de travail au Touat se paie un sou et une poignée
de dattes.
A la suite de l’occupation française, la situation économique a
été modifiée profondément, et dans un sens péjoratif, au moins
par certains côtés.
Le Touat a toujours vécu de la traite des Nègres ; elle lui était
doublement nécessaire, d’abord pour renouveler sa main-d’œuvre,
puis comme aliment principal du commerce transsaharien. La suppression
de la traite est un coup terrible, qui frappe le Touat à la fois
dans son agriculture et dans son commerce ; la main-d’œuvre noire,
la seule viable sous cette latitude, tend à émigrer, maintenant que
nos lois lui en donnent le droit, et la sécurité des grands chemins
la possibilité ; comment comblera-t-on les vides ? Et d’autre part,
à travers le Sahara, sur cette route commerciale dont le Touat fut
un entrepôt, le Soudan, à quelques plumes d’autruches près,
n’a jamais expédié que de la marchandise humaine, en échange des
produits manufacturés qu’il recevait de la Méditerranée, et qui
d’ailleurs, aujourd’hui, lui parviennent plus commodément par
la voie océanique. Nous avons rencontré à Ouallen une caravane
du Touat en partance pour Tombouctou ; elle se composait de deux
chameaux chargés de tabac. Les fameuses caravanes d’autrefois,
si surfaites qu’on les imagine, étaient apparemment plus fortes
et transportaient des marchandises plus variées.
Par surcroît notre venue a troublé profondément le commerce
intérieur du Sahara entre nomades et sédentaires. Le Touat
était le marché où les produits agricoles (surtout les dattes)
s’échangaient contre ceux de l’élevage (mouton, beurre). Pour
des raisons diverses, et à titre plus ou moins provisoire ou
définitif, les nomades ont désappris le chemin du marché.
Ceux du sud, les Touaregs, ont quitté les oasis après l’occupation
d’In Salah pour n’y plus reparaître pendant de longues années.
Ceux de l’ouest sont les Beraber, depuis la disparition des Ouled
Moulad ; c’étaient les nomades particuliers du Touat proprement
dit ; ils ne l’ont quitté qu’après de sanglants combats,
et ils semblent encore loin d’accepter le nouvel ordre des choses.
Ces désertions du moins ne sont pas durables ; la question Touareg
est déjà résolue et la question Beraber recevra quelque jour
une solution. Au nord, du côté des nomades algériens, clients
propres du Gourara, le mal est moindre, mais il est irréparable. Les
Hamyan et les Trafi du Sud-Oranais, poussés par l’administration
française, ont vite repris, après une courte interruption leur
habitude séculaire d’envoyer une fois l’an au Gourara de
grandes caravanes[211]. Pourtant M. le capitaine Flye Sainte-Marie,
dans son étude très documentée, constate la décadence du
trafic sud-oranais, malgré les encouragements administratifs ;
au Touat proprement dit le nombre des chameaux oranais est tombé
de 4300 à 1700[212]. L’insécurité de la frontière n’est pas
étrangère à cette déchéance. Mais la grosse raison est ailleurs,
elle a été indiquée par MM. Lacroix et Bernard[213]. Les conditions
économiques ont été si profondément modifiées dans l’Oranie par
l’occupation française que la répercussion s’est fait sentir
sur l’alimentation. « Les indigènes arrivent à ne plus tenir
aux dattes. » Ou s’ils en consomment encore, ce sont les dattes
supérieures de l’oued R’ir. La datte en Algérie est tombée du
rang d’aliment à celui de friandise ; et les médiocres produits
des palmeraies touatiennes s’accumulent en stocks invendus.
En compensation de tant de ruines l’occupation française a eu ses
avantages. Le premier est une garnison qui laisse dans le pays à
peu près l’intégralité de sa solde. Dans une sous-préfecture
française c’est un bienfait apprécié. Au Touat ç’a été le
point de départ d’une révolution économique. L’argent monnayé
a tué le troc ; les Juifs, les Mzabites, voire les Chaamba ont fondé
des maisons de commerce ; au lieu des anciennes caravanes libres
qui venaient échanger en nature des moutons contre des dattes,
on a vu apparaître des caravanes organisées par entreprise,
exécutant des commandes, et qui viennent chercher au Touat non
plus des dattes mais de l’argent ; elles ont emprunté des routes
nouvelles celles de l’est qui viennent du M’zab, d’Ouargla,
ou même de Gabès. A la place de l’ancienne vie commerciale
paralysée on en voit naître une nouvelle.
Autre bienfait corrélatif du premier, la garnison a apporté
la sécurité, grâce à laquelle on cherche à développer les
procédés d’irrigation et l’étendue des cultures. Les sondages
artésiens, entrepris, il est vrai, avec un outillage insuffisant,
n’ont encore rien donné ; et il est bien possible que ce mécompte
ne soit pas fortuit. Les indigènes, au Touat-Gourara, ont creusé
deux puits artésiens seulement, en regard de foggaras qui se comptent
par milliers ; ce sont après tout d’admirables hydrauliciens,
et ils compensent l’infériorité de leur outillage par une
expérience de dix ou vingt siècles ; nous pouvons espérer faire
mieux, mais non pas autrement. La simple réparation des foggaras
a donné d’excellents résultats. D’après le capitaine Flye
Sainte-Marie le débit « a augmenté dans une proportion incroyable
(1/4, 1/3, 3/7)[214] ». On songe à bétonner les canaux à l’air
libre (séguia) et les bassins de réception (madjen) pour éviter
l’infiltration. (Voir pl. XXXIX, phot. 74 et XXXVIII, 71 et
72.) Bref on est en mesure d’augmenter notablement les ressources
en eau.
On a pu amorcer ainsi aux oasis quelques parcelles nouvelles de terre
cultivable, malgré les difficultés qu’oppose ici comme en Égypte
la salure du sol[215]. La production des céréales s’est accrue
dans une assez forte proportion, et la vente du blé a pu compenser
en quelque mesure le mévente des dattes.
Ce vieil organisme économique très affaibli lutte de son mieux
pour traverser une crise redoutable.
=Les nitrates de potasse.= — On a pu croire que le Gourara-Touat
avait des chances de développement minier. On y a signalé depuis
longtemps des gisements de nitrates, sur la frontière du Touat et
du Gourara (à Ouled Mahmoud, Kaberten, Sba, Tililan[216]). J’en
ai vu trois qui se ressemblent, et je crois savoir que l’autre
est du même type.
M. Pouget, professeur à l’École des sciences d’Alger, a bien
voulu analyser un échantillon de terre à nitrates, que j’ai
rapporté d’Ouled Mahmoud. Il y a trouvé une forte proportion
de sel de cuisine (41 p. 100). Quant aux nitrates, ce sont plutôt
des nitrates de soude que de potasse. Mais « le traitement que les
indigènes font subir au minerai transforme partiellement le nitrate
de soude en nitrate de potasse, grâce à la présence de chlorure
de potassium[217] ». En somme, on pourrait extraire du minerai 6,45
p. 100 de salpêtre. C’est une quantité faible, les _caliches_
du Chili en contiennent de 3 à 10 fois plus.
La teneur du minerai en salpêtre est variable. Elle n’est
suffisante qu’après une forte pluie, suivie d’un grand
vent, c’est-à-dire d’une forte évaporation. Les indigènes
l’affirment du moins, et ils attendent ce moment favorable pour
l’exploitation intermittente de leurs nitrates. D’ailleurs
l’ascension des sels par capillarité est, paraît-il, un
phénomène constant ; les déchets des _caliches_ se rechargent
automatiquement, et peuvent être exploités de nouveau. Au Gourara,
cette particularité inspire à M. Flamand l’espoir qu’il existe
en profondeur des gisements très riches, alimentant les gisements
pauvres superficiels.
Il faut espérer qu’un coup de sonde sera donné par
l’administration qui dispose d’un petit appareil à forages. Le
terrain encaissant est partout le même, argiles cénomaniennes
ou albiennes.
Il faut avouer que l’aspect des gisements n’est pas
engageant. Celui d’Ouled Mahmoud est tout petit ; c’est une sebkha
minuscule de cent à deux cents mètres de diamètre. Elle est enclose
dans la palmeraie, en contre-bas du village, dans une dépression
marquée. Toutes les déjections et toutes les matières animales
ont dû y être entraînées et s’y accumuler depuis des siècles,
d’autant plus que le sol environnant est d’argile imperméable. On
est donc tenté de croire que la petite nitrière d’Ouled Mahmoud
est simplement l’égout naturel d’un village très ancien.
Celles de Sba et de Tililan sont aussi de petites sebkhas
à proximité de villages. L’outillage et les procédés
d’extraction sont assez ingénieux quoiqu’ils donnent des
résultats déplorables. D’après M. Pouget, plus de la moitié
du salpêtre contenu dans le minerai se retrouve dans les déchets,
soit 3,8 sur 6,45 p. 100. D’autre part, le nitrate de potasse
obtenu est très impur, il contient 33 p. 100 de nitrate de soude.
L’outillage et les procédés des Gourariens ne leur sont
d’ailleurs pas particuliers. Ils étaient en usage dans les oasis
des Zibans et de l’oued R’ir au milieu du XIXe siècle[218]. Je
ne sais pas si les nitrières d’Ouled Mahmoud auront une autre
fortune que celles des Zibans, aujourd’hui tombées dans l’oubli.
[Note 160 : Voir la carte en couleurs hors texte.]
[Note 161 : Étienne Ritter, Le Djebel Amour, _Bulletin du service
de la carte géologique de l’Algérie_, Alger, 1902.
M. Flamand attribue au Néocomien les grès du Gourara, mais dans un
travail ancien, qui a précédé celui de Ritter (Flamand.... dans
_Documents pour servir à l’étude du Nord-Ouest Africain_, par
Lamartinière et Lacroix, Alger 1897).]
[Note 162 : Foureau, _Documents, etc._, p. 824.]
[Note 163 : Flamand, Sur la présence du Dévonien à _Calceola
sandalina_ dans le Sahara occidental, _C. R. Ac. Sc._, 1er juillet
1901.]
[Note 164 : Ém. Haug, Sur deux horizons à Céphalopodes du Dévonien
supérieur dans le Sahara oranais, _C. R. Ac. Sc._, 6 juillet 1903.]
[Note 165 : Note de M. Chudeau : « Le sondage de Tiberkamin
atteignait 66 mètres : il y aurait : alluvions, 3 mètres ;
Crétacé, 7 mètres ; Primaire. Le fossile m’a paru être _Atrypa
reticularis ?_ »]
[Note 166 : Observation de M. Chudeau.]
[Note 167 : Flamand, Sur la présence du Dévonien inférieur dans
le Sahara occidental, _C. R. Ac. Sc._, 2 juin 1902.]
[Note 168 : Supplément au _Bulletin, etc._, juillet 1907.]
[Note 169 : Supplément au _Bulletin, etc._, juillet 1907 ; voir en
particulier les coupes, p. 151 et 152.]
[Note 170 : Les grès dévoniens de Maurétanie sont eux aussi
horizontaux, d’après le témoignage oral et les carnets de
M. Dereims, le seul géologue professionnel qui les ait vus.]
[Note 171 : Un tronc de 30 centimètres de diamètre (Note de
M. Chudeau).]
[Note 172 : Bornhardt, _Deutsch Ost. Afrika_, Berlin, 1900, t. VII.]
[Note 173 : On ne les trouvera pas sur les anciennes cartes. Il faut
les chercher sur les cartes Prudhomme et Niéger.]
[Note 174 : Brunhes, _L’Irrigation_.]
[Note 175 : Lieutenant Niéger : Le Touat, _Bulletin du comité de
l’Afrique française_. Suppléments no 7 et 8, juillet et août,
1904.]
[Note 176 : Dr Siegfried Passarge, _Die Kalahari_. Berlin, 1904,
p. 667.]
[Note 177 : Hartmann, dans _Zeitschrift für assyriologie_, Bd XIX,
p. 352.]
[Note 178 : La carte Mussel, encore inédite, est le document le
plus sérieux.]
[Note 179 : Martin, Oasis sahariennes, _Bulletin de la Société de
géog. d’Alger_, 1906, p. 395.]
[Note 180 : René Basset, _Étude sur la zénatia du Mzab, de
Ouargla et de l’Oued-R’ir_. Publication de l’École des Lettres
d’Alger, 1893.
Du même auteur une étude sur le dialecte du Gourara dans : _Journal
Asiatique_, 1885, Notes de Lexicographie berbère.]
[Note 181 : W. Marçais, _Le Dialecte arabe parlé à Tlemcen_,
publication de l’École des Lettres, 1902, p. 13 et 14.]
[Note 182 : Publiée par le Dr Hamy, on la donne en appendice.]
[Note 183 : Siegfried Passarge, _Die Kalahari_.]
[Note 184 : René Basset, dans _Journal Asiatique_, VIII, série X,
1887, p. 365 et s.]
[Note 185 : _Bull. Soc. de Géogr. d’Alger_.]
[Note 186 : _Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions_,
mai 1903, voir aux appendices.]
[Note 187 : A l’étude au laboratoire géologique de M. Flamand.]
[Note 188 : Barth, _Reisen und Entdeckungen_, II, p. 83.]
[Note 189 : Également à l’étude au laboratoire de M. Flamand.]
[Note 190 : Corippus, _Johannide_, II, 109 ; IV, 667. _El Bekri_,
Texte arabe de de glane, p. 161.]
[Note 191 : Laquière, La colonne Servières : publication du
_Bulletin du comité de l’Afrique française_, p. 21.]
[Note 192 : Wattin, _l. c._]
[Note 193 : Segonzac, _Voyages au Maroc_, 1899-1901, p. 160, fig. 92 ;
voir aussi les fig. 95, 104, 105, 109.]
[Note 194 : Duveyrier en signale d’analogues, qu’il qualifie
de garamantiques, à R’adamès et au Fezzan (Voir _Exploration du
Sahara_, p. 251).]
[Note 195 : Louis Watin, Origine des populations du Touat,
_Bull. Soc. Géogr. Alger_, 1905, 2e trimestre, 209, etc.]
[Note 196 : Ernest Mercier, _Histoire de l’Afrique septentrionale_,
t. II, p. 382.]
[Note 197 : _Nedromah et les Traras_. Publication de l’École des
Lettres d’Alger. 1901, p. VII.]
[Note 198 : _L. c._, p. XV et XVI.]
[Note 199 : _L. c._, p. V.]
[Note 200 : _L. c._, p. 66.]
[Note 201 : René Basset, Notes de lexicographie berbère. Le dialecte
des Beni Menacer, _Journal asiatique_, 1885, p. 5.]
[Note 202 : _Id._, p. 20 en note.]
[Note 203 : René Basset, Les dictons satiriques attribués à Sidi
Ahmed ben Yousof, _Journal asiatique_, 1890, p. 6.]
[Note 204 : R. Basset, _Histoire de Tombouctou_, p. 21.]
[Note 205 : Notons qu’il y a eu un empire Saharien Zenati, dont
le centre était à Sidjilmessa (Tafilalet), mais sur lequel on a
actuellement des données bien vagues.]
[Note 206 : Archives marocaines, no II, p. 216.]
[Note 207 : _Journal asiatique_, VIIIe série, X, 1887, p. 365
et suiv.]
[Note 208 : Flye Sainte-Marie, _Bulletin de la Société de
Géographie d’Oran_, 1904, p. 345 et suiv. Niéger, _l. c._
Laquière, _l. c._]
[Note 209 : Bibliothèque de l’enseignement agricole, publiée
sous la direction de Münz, t. II, p. 292.]
[Note 210 : Communication orale.]
[Note 211 : Voir _Bulletin du Comité de l’Afrique
française_. Renseignements coloniaux. Septembre 1905, p. 350.]
[Note 212 : _Bull. Société d’Oran_, 1904, p. 370.]
[Note 213 : _L’Évolution du Nomadisme en Algérie_, p. 238 et 239.]
[Note 214 : _L. c._, p. 380.]
[Note 215 : _L. c._, p. 387.]
[Note 216 : G.-B.-M. Flamand, Aperçu sur la géologie du bassin de
l’oued Saoura (Extrait des Documents pour servir à l’histoire
du Nord-Ouest Africain par Lamartinière et Lacroix, Alger,
1897, p. 108). — Id., _De l’Oranie au Gourara_, 1897. — Id.,
_Observations sur les nitrates du Sahara..._ (_Bull. Soc. géol. de
Fr._, IVe série, 1902, p. 366-368).]
[Note 217 : Extrait d’une note de M. Pouget, qu’on donne
intégralement dans l’appendice IX.]
[Note 218 : G.-B.-M. Flamand (_Aperçu..._, p. 113) donne là-dessus
d’intéressants détails d’après le capitaine Carette (1844)
et l’ingénieur Dubocq (1852).]
CHAPITRE VII
=TIDIKELT ET MOUIDIR-AHNET[219]=
Il y a de bonnes raisons, géologiques, hydrographiques et de
géographie humaine, pour réunir dans une étude commune le Tidikelt
et les premiers plateaux touaregs.
La région étudiée et qui fait l’objet d’une carte d’ensemble
se divise commodément en trois régions naturelles qu’on étudiera
à part : 1o le Tidikelt, 2o la pénéplaine inhabitée entre le
Tidikelt et le Mouidir-Ahnet, 3o le Mouidir-Ahnet.
Géologie du Tidikelt.
Le Tidikelt s’allonge à la bordure méridionale du grand plateau
de Tadmaït. Il fait donc pendant au Touat et au Gourara qui sont
les bordures occidentale et septentrionale du même plateau.