Bouillé, dont j'ai cité les mémoires, et qui était placé de manière à
bien juger les intentions réelles des puissances, ne croyait pas du
tout au zèle et à la sincérité de Catherine. Voici la manière dont il
s'exprime à cet égard:
«On voit que ce prince (Gustave) comptait beaucoup sur les
dispositions de l'impératrice de Russie, et sur la part active
qu'elle prendrait dans la confédération, et qui s'est bornée à des
démonstrations. Le roi de Suède était dans l'erreur, et je doute que
Catherine lui eût jamais confié les dix-huit mille Russes qu'elle lui
avait promis. Je suis persuadé, d'ailleurs, que l'empereur et le roi
de Prusse ne lui avaient communiqué ni leurs vues, ni leurs projets.
Ils avaient l'un et l'autre personnellement plus que de l'éloignement
pour lui, et ils désiraient qu'il ne prît aucune part active dans les
affaires de France.»
(_Bouillé_, page 319.)