(_Poterium Sanguisorba_ L.)
Herbe condimentaire qui a été beaucoup usitée autrefois. On mêlait aux
salades, principalement aux Laitues, ses jeunes et tendres feuilles au
goût agréable de Concombre. Elle n’est plus à présent que rarement
cultivée dans les jardins potagers.
La plante est indigène, vivace et commune dans les prairies sèches.
C’est le _Sanguisorba_ de Fuchs, le _Pimpinella_ de Dalechamps (XVIe
siècle). La _Maison rustique_ de Ch. Estienne compte la Pimprenelle
parmi les bonne fournitures. Un siècle plus tard, La Quintinie tenait
cette herbe en haute estime au Potager de Versailles.
Le nom de la plante ne se trouve pas chez les écrivains grecs ou latins.
Il paraît au moyen âge seulement. Le _Glossaire_ de Tours (XIIe siècle)
dit: «Pipinella, en langue romane, _piprenelle_». On prononça ensuite
_pimpernelle_, forme ancienne qu’ont gardée les langues anglaise et
flamande, ainsi que les dialectes provinciaux français. L’anglais dit
aussi _Burnet_, à cause de la couleur brune des fleurs de la plante.
Le nom de la Pimprenelle est assez souvent cité dans les vieilles
poésies sous cette forme démodée:
«Herbes agréables à l’œil,
«Délicatesse bien sucrée
«De ciboulette et de cerfeüil,
«De pimpernelle et chicorée»[556].
[556] Dufour, _Divertissements d’amour_ (1667), p. 263.
Par cette description poétique d’une salade, on voit que la forme
moderne Pimprenelle n’existait pas encore à la fin du XVIIe siècle et
qu’elle est due à une nouvelle métathèse, c’est-à-dire à une
transposition de lettres.
Quant au nom lui-même, il peut s’expliquer par une corruption du latin
_bipinella_, _bipinnula_ (_bipennis_ ou à deux ailes), ce qui s’accorde
parfaitement avec la disposition des feuilles bipennées de la
Pimprenelle.