XLIII.

Plus loin, au pied de l'Acropolis, vous passez sous une porte obscure

et basse, sous laquelle quelques Turcs en guenilles sont couchés à

côté de leurs riches et belles armes; vous êtes dans Athènes.

Le premier monument digne du regard est le temple de Jupiter Olympien,

dont les magnifiques colonnes s'élèvent seules sur une place déserte

et nue, à droite de ce qui fut Athènes, digne portique de la ville des

ruines!

À quelques pas de là, nous entrâmes dans la ville, c'est-à-dire dans

un inextricable labyrinthe de sentiers étroits et semés de pans de

murs écroulés, de tuiles brisées, de pierres et de marbres jetés

pêle-mêle, tantôt descendant dans la cour d'une maison écroulée,

tantôt gravissant sur l'escalier ou même sur le toit d'une autre: dans

ces masures petites, blanches, vulgaires, ruines de ruines, quelques

repaires sales et infects, où des familles de paysans grecs sont

entassées et enfouies.

Çà et là, quelques femmes aux yeux noirs et à la bouche gracieuse des

Athéniennes, sortaient, au bruit des pas de nos chevaux, sur le seuil

de leur porte, nous souriaient avec bienveillance et étonnement, et

nous donnaient le gracieux salut de l'Attique: «Bienvenus, seigneurs

étrangers, à Athènes!»

Cours familier de Littérature - Volume 13 · 第 182 / 256 题