Plus loin, au pied de l'Acropolis, vous passez sous une porte obscure
et basse, sous laquelle quelques Turcs en guenilles sont couchés à
côté de leurs riches et belles armes; vous êtes dans Athènes.
Le premier monument digne du regard est le temple de Jupiter Olympien,
dont les magnifiques colonnes s'élèvent seules sur une place déserte
et nue, à droite de ce qui fut Athènes, digne portique de la ville des
ruines!
À quelques pas de là, nous entrâmes dans la ville, c'est-à-dire dans
un inextricable labyrinthe de sentiers étroits et semés de pans de
murs écroulés, de tuiles brisées, de pierres et de marbres jetés
pêle-mêle, tantôt descendant dans la cour d'une maison écroulée,
tantôt gravissant sur l'escalier ou même sur le toit d'une autre: dans
ces masures petites, blanches, vulgaires, ruines de ruines, quelques
repaires sales et infects, où des familles de paysans grecs sont
entassées et enfouies.
Çà et là, quelques femmes aux yeux noirs et à la bouche gracieuse des
Athéniennes, sortaient, au bruit des pas de nos chevaux, sur le seuil
de leur porte, nous souriaient avec bienveillance et étonnement, et
nous donnaient le gracieux salut de l'Attique: «Bienvenus, seigneurs
étrangers, à Athènes!»