XLII.

Jamais rien de si éclatant n'avait encore brillé à mes yeux. (Je

n'avais pas encore vu alors les gigantesques temples de Balbek ou de

Palmyre.)

--Qu'est-ce que ce cap de marbre sur lequel viennent écumer et bleuir

là-bas les rayons du soleil et l'azur du ciel? demandai-je au

capitaine Blanc, navigateur très-érudit et très-lettré de ces

parages.--C'est l'Acropolis d'Athènes, me répondit-il; c'est le

Parthénon conçu par Périclès, construit par Ictinus, et sculpté par

Phidias.

On conçoit mon émotion: pendant tout le reste de la navigation

jusqu'au Pirée, le port d'Athènes, alors dépeuplé et solitaire, ce ne

fut qu'un regard sur le Parthénon. Un coup de vent nous jeta avant la

nuit dans le port; des chevaux de Thessalie nous emportèrent vers la

ville. Le lendemain, je m'éveillai dans un groupe de ruines amoncelées

qui étaient Athènes à cette époque; quelques heures après, je

gravissais la voie Sacrée qui serpente autour de la montagne de

l'Acropolis, dont le Parthénon forme le diadème et porte son défi à

l'avenir!

Non, rien de tout cela. Sur votre tête vous voyez s'élever

irrégulièrement de vieilles murailles noirâtres, marquées de taches

blanches. Ces taches sont du marbre, débris des monuments qui

couronnaient déjà l'Acropolis avant sa restauration par Périclès et

Phidias.

Ces murailles, flanquées de distance en distance d'autres murs qui les

soutiennent, sont couronnées d'une tour carrée byzantine et de

créneaux vénitiens. Elles entourent un large mamelon qui renfermait

presque tous les monuments sacrés de la ville de Thésée. À l'extrémité

de ce mamelon, du côté de la mer Égée, se présente le Parthénon, ou le

temple de Minerve, vierge sortie du cerveau de Jupiter.

Ce temple, dont les colonnes sont jaunâtres, est marqué çà et là de

taches d'une blancheur éclatante: ce sont les stigmates du canon des

Turcs ou du marteau des iconoclastes; sa forme est un carré long; il

semble de loin trop bas et trop petit pour sa situation monumentale.

Il ne dit pas de lui-même: C'est moi; je suis le Parthénon, je ne puis

être autre chose. Il faut le demander à son guide, et, quand il vous a

répondu, on doute encore.

Cours familier de Littérature - Volume 13 · 第 181 / 256 题