«À l'ombre de cette architecture gigantesque, solennellement monotone,
la sculpture croît, mais n'éclôt pas. Enchaînée par le respect à la
tradition religieuse, vouée à la tristesse par les moeurs et les
usages de la vie égyptienne, elle demeure frappée d'immobilité comme
l'esprit humain lui-même, pontife consacré du culte de la mort.
Condamnée à reproduire sans fin des types invariables, où la figure
humaine se dégrade en d'étranges associations avec des formes
animalesques, elle est l'expression de ce peuple mystérieux, soumis et
grave, qui voit dans la vie des animaux une image de la vie divine et
un modèle à suivre, afin de participer lui-même, par l'asservissement
à une règle imposée, à l'immutabilité sacrée des lois de l'univers.