«En Égypte, où la tradition a exercé l'empire le plus tyrannique,
l'architecture fleurit comme art religieux et national; elle élève ces
montagnes de pierre qui portent dans leurs flancs de royales
sépultures, et qui jettent leur tristesse sur la monotonie de
l'horizon; elle construit d'énormes enceintes et multiplie les
colonnes en des séries de portiques interminables où la pensée se perd
avec le regard. L'idée du beau, produit d'une conception tout
intellectuelle, n'a rien de commun avec ces rêves bâtis d'une
imagination sombre et superstitieuse. Mais l'instinct de la grandeur,
joint au respect de la règle, le culte de la puissance visible et
invisible, s'y font sentir comme dans toutes les institutions de ce
peuple.