XXVII.

«Chez les peuples religieux, et en général dans les pays où le

développement individuel est entravé par l'état social, l'architecture

est l'art dominant. De même que la sculpture est l'art individuel et

philosophique, l'architecture est un art social et religieux. Là où le

peuple languit sous un despotisme sacerdotal ou monarchique, le génie

national suffit souvent et parfois excelle à produire ces monuments

d'une grandeur solide, qui témoignent hautement de la puissance

publique, comme chez les Égyptiens, les Phéniciens, les Assyriens,

les Perses. Ces édifices gigantesques, dont la grandeur imposante

étonne l'esprit et le refoule sur lui-même, plein d'une crainte

mystérieuse, ressemblent aux nations endormies sous l'oppression des

religions d'État et du despotisme oriental. Rien ne s'y détache de

l'ensemble en saillie indépendante; la sculpture, comprimée et rigide,

n'est là que l'accessoire, parfois colossal, de l'architecture.

«Cependant cet ensemble n'est pas un tout harmonique. La disproportion

est le caractère de cette architecture, auquel la sculpture répond par

la monstruosité; mais l'incohérence, la bizarrerie des parties,

disparaissent dans la puissance et la grandeur de la masse, de même

que chez les peuples de l'Orient le génie individuel est absorbé par

le génie social.

Cours familier de Littérature - Volume 13 · 第 166 / 256 题