Rentrant après les orages de l'année dans la coquille de ton foyer, ô
heureux mortel! que l'hiver te soit doux! que le _beau_, cette rosée
du ciel qui tombe en plein sur cette terre, coule à pleine séve de tes
recherches classiques dans tes souvenirs, et de tes souvenirs dans tes
vers, et de tes vers ou de ta prose dans l'âme charmée de tes
lecteurs! et passe ainsi tes jours dans les extases d'une passion
pétrifiée et toute divine, et ne te mêle ni à la politique, ni à
l'ambition, ni à rien de ce qui passe; enrichis ton âme et la nôtre
des seuls biens qui ne passent pas, la contemplation de ce qui est
éternellement beau dans les lieux, dans les formes, dans la pensée,
dans la poésie, sans en tirer ni salaire, ni orgueil, ni gloire
vaine, mais en en tirant le bonheur de vivre et d'entrevoir ainsi avec
certitude le but de la vie et de la mort, le grand et le beau.
Et qu'on inscrive bien tard sur ta pierre, dans la chapelle de
Saint-Lupicin, une épitaphe sans nom, dans une langue étrangère:
CI-GÎT LE _dilettante_.