XIII.

Il était déjà malade de la langueur et de l'épuisement de vie dont il

allait bientôt mourir. Comme tous les grands hommes, il avait donné sa

vie à ses oeuvres, il ne lui en restait plus pour le temps; il

travaillait déjà pour l'éternité.

Sa pompe funèbre fut comparable aux obsèques de Raphaël; c'était en

effet le Raphaël du marbre. On lui reproche d'avoir trop songé à

charmer les yeux; mais reprocher le charme à un artiste, n'est-ce pas

reprocher à la femme la beauté? Tu fus trop beau, voilà tout ton

crime! Dors en paix, ô Canova, sous ce reproche d'excès de beauté! On

fit le même reproche à Raphaël, on le fit à Mozart, on le fait à

Racine, on le fait à Rossini. Heureux les hommes qui ne sont accusés

que de l'ivresse inspirée par le charme, cette sorcellerie du génie!

Tel était Canova.

Cela puisse-t-il nous arriver!

Cours familier de Littérature - Volume 13 · 第 152 / 256 题