VIII.

Le cardinal Consalvi me présenta, dans ce salon, à Canova. Ces deux

hommes se ressemblaient étonnamment de figure et de caractère; tous

les deux portaient sur une taille haute et mince une tête noble, pâle,

gracieuse, pensive, loyale et fine, beaucoup plus grecque de contours

et de traits que romaine ou vénitienne; ils étaient du même âge à

l'oeil, de cet âge heureux pour les hommes d'État et pour les

artistes, où le soleil de la vie n'éclaire plus que le sommet (le

front) comme à cette heure de la soirée où le soleil du jour n'éclaire

plus que les cimes. La lueur est plus concentrée alors qu'à midi ou

que dans la jeunesse, mais elle est plus sereine; elle n'éblouit plus

l'oeil, elle l'attire.

Canova voulut bien, à la prière du cardinal, me donner l'entrée de son

atelier.

Cours familier de Littérature - Volume 13 · 第 147 / 256 题