Alors la célèbre duchesse de Devonshire, dont la beauté, les
aventures, le rang, l'immense fortune, avaient fait la Mécène
universelle des artistes de l'Europe, vivait à Rome. Mon nom
commençait à transpirer dans le monde; elle avait désiré me connaître;
elle m'avait honoré de la plus gracieuse et de la plus intime
familiarité.
Son palais de la place Colonna, à Rome, était le centre de la
diplomatie, de la littérature et des arts. Le cardinal premier
ministre, Consalvi, y venait tous les soirs prendre le vent de
l'Europe; il s'y délassait, dans des entretiens aussi libres que fins,
des soucis du gouvernement pontifical entièrement remis à ses soins.
Pie VII ne se réservait que le sanctuaire; le pape temporel, c'était
son ami Consalvi; il m'aimait, et je le rends bien à sa mémoire.
Un gouvernement de persuasion ne pouvait pas avoir un plus séduisant
ministre; au lieu de foudres, il ne l'armait que de sourires.