C'était là, sans doute, la lampe voilée de l'imagination, qui
éclairait, dans ses longues nuits, la petite fenêtre du donjon de
Saint-Lupicin, pendant que notre jeune poëte écrivait ses poésies
cachées, et qu'il étudiait le _beau_ dans l'art devant les débris des
statues de son Phidias. C'est la lueur de cette lampe nocturne,
aperçue des villageois et des bergers de la montagne, qui faisait dire
à ces pauvres gens, dans leurs veillées, ce que disent les paysans
d'Allemagne allant à l'église pendant la nuit de Noël, en passant sous
la tour de Faust: «Que fait donc notre jeune maître à cette heure dans
sa chambre haute, seul ainsi toute la nuit avec les esprits, pendant
que la cloche sonne et que le peuple chante en choeur à l'église: LE
CHRIST EST RESSUSCITÉ?»