Est-ce que Cervantès ne fut pas le satiriste de ces chevaliers de
l'enthousiasme, de l'amour platonique et de la dévotion dans un livre,
épopée du ridicule, qui amusa la malignité de son siècle aux dépens de
ces excès de vertu et d'engouement des héros, des poëtes
contemplatifs, luxe risible du coeur humain sans doute, mais luxe qui
prouvait sa richesse? Où est aujourd'hui cette abondance de séve,
excepté dans quelques natures d'exceptions, dans les solitudes entre
le ciel et la terre du Jura?