Et en effet, le jeune maître faisait en silence deux choses
mystérieuses et presque sataniques pour le pauvre ignorant de nos
campagnes et de nos villes; il ressuscitait la chevalerie par la
poésie dans ses chants, et il ressuscitait le grand art dans ses
veilles en écrivant son _Phidias_; Phidias, l'art incarné, le créateur
des marbres, le dieu de la sculpture et de l'architecture, le
révélateur du _beau_ dans la pierre, le créateur enfin du Parthénon,
cette cathédrale d'une religion qui allait mourir dans un temple qui
ne mourra pas!
C'est là l'oeuvre que nous donne M. Louis de Ronchaud; ouvrez et
lisez: jamais la science ne se révéla en plus beau style. Il semble
que des rayons du pur soleil d'Attique pénètrent de toute part ce
style, comme il pénètre, au lever du jour, les marbres translucides du
Parthénon pour les faire descendre dans l'oeil fasciné du voyageur
ignorant comme moi, et pour les faire exclamer d'enthousiasme: Voilà
le vrai, voilà le beau, voilà la divinité des lignes, voilà
l'habitation des dieux sur la terre!