Mme Vanesse achevait de déjeuner quand elle vit arriver Rosalie, qui,
assistée de deux déménageurs, venait chercher le bagage de sa maîtresse.
Hors d'elle-même, elle déchargea sa colère sur le comte Krassing. Il
n'opposa à ses virulentes sorties que la résignation d'un juste méconnu.
Plus d'une fois on s'était brouillé et rapatrié; plus d'une fois la
longanimité de cette enclume avait usé les fougues de ce marteau.
Quoiqu'elle désespérât de faire revenir Jacquine sur sa résolution, Mme
Vanesse pensait au lendemain et tenait à la voir, à s'assurer des
chances qui lui restaient de la regagner un jour. Elle la trouva
traversant le parc pour aller prendre possession de son nouvel
appartement, et l'aborda le sourire aux lèvres. Depuis la tentative de
suicide, elle la considérait comme une toquée, comme un cerveau
détraqué, dont l'inquiétante démence demandait des ménagements.
Contenant son indignation, ce fut d'une voix dolente que cette mère
outragée, mais miséricordieuse, remontra à sa fille l'injure qu'elle lui
faisait.
«Que voulez-vous? répondit Jacquine. J'ai grand besoin de repos, pour
quelque temps du moins, et confessez, chère maman, que vous n'êtes guère
reposante.»
Mme Vanesse n'eut garde de s'engager dans une discussion où elle était
sûre d'avoir le dessous. Elle se contenta de dire:
«Tu as un étrange caractère, et tu m'as souvent étonnée, mais je te
croyais trop fière pour accepter l'hospitalité d'une inconnue.
--Vous n'êtes pas au fait: il a été convenu entre Mme Sauvigny et moi
que je payerais pension, et je me propose d'acquitter dès demain par
anticipation le premier quartier.»
Le coup fut cruel à Mme Vanesse, qui dut se faire violence pour
dissimuler son dépit.
«C'est donc une affaire qu'elle fait avec toi? Elle en fait, paraît-il,
avec tout le monde, avec le docteur Oserel, à qui elle loue des maisons,
avec moi à qui elle vient d'acheter Mon-Refuge.
--À un bon prix?
--À un prix dérisoire, mais j'étais résolue à m'en défaire coûte que
coûte. Comment ne prendrais-je pas en dégoût un pays où ma fille a voulu
mourir?
--Je ne vous comprends pas: vous vous êtes plainte quelquefois que
c'était un pays trop tranquille, qu'il ne s'y passait jamais rien, j'ai
voulu vous prouver qu'il pouvait s'y passer quelque chose.
--Mais enfin que te veut cette femme? reprit Mme Vanesse en froissant
les brides de son chapeau. Quelles sont ses intentions sur toi? Sans
doute elle avait besoin d'une demoiselle de compagnie, et elle a si bien
manoeuvré qu'elle ne la paie pas, c'est la demoiselle qui paie. Elle est
vraiment très forte. Je te croyais aussi fine que fière; comment
t'es-tu laissé prendre aux paroles sucrées de cette enjôleuse?
--Vous savez que la curiosité est mon péché mignon; je désire savoir qui
elle est, comment est fait le fond de son coeur, quelles raisons elle a
pu avoir de renoncer à la jouissance d'un beau château et d'un parc de
cinq cents arpents, à la seule fin de se rendre agréable à des
vieillards et d'obliger un docteur, que je vous donne pour un vrai fagot
d'épines. Avouez que c'est un cas qui mérite d'être étudié.
--Bah! tu découvriras bien vite que les femmes qui affectent de
s'adonner aux oeuvres de miséricorde sont ou des intrigantes qui aiment à
tracasser ou des pécheresses repenties.
--Oh! bien, les pécheresses qui se repentent sont une variété de
l'espèce humaine que je ne connaissais pas encore. Cela me changera.»
Mme Vanesse s'était promis de ne pas se fâcher: elle ne se fâcha pas.
Après un court silence:
«J'ai une proposition à te faire, dit-elle, et tu l'accepteras, s'il
t'est possible d'être raisonnable une fois dans ta vie. Mme Sauvigny,
qui décidément est une forte tête, a obtenu de moi que je lui remettrais
au premier jour les clefs de ma maison, et dès après-demain, je serai de
retour à Paris. Tu es une honnête fille, et tu as je ne sais comment une
imagination dévergondée, qui voit partout des mystères et des noirceurs.
Quelque absurdes, quelque extravagantes que soient certaines idées que
tu t'étais fourrées dans la cervelle, si tu me promets de partir avec
moi, tout à l'heure, en rentrant, je donnerai son congé au comte
Krassing.»
Jacquine la regarda dans les yeux; ce regard et le sourire qui
l'accompagnait disaient avec une suffisante clarté: «Lui avez-vous
trouvé un remplaçant?»
«Je suis touchée, chère maman, répliqua-t-elle, du sacrifice que vous
voulez bien me faire; mais, je vous le répète, c'est la curiosité qui me
retient ici, et je ne m'en irai qu'après avoir terminé le cours de mes
études. Le voyage de découvertes que je vais entreprendre dans le pays
du bleu aura pour vous cet avantage qu'il purifiera mon imagination
dévergondée; quand nous nous reverrons, j'aurai le coeur d'un innocent
agneau, et je ne vous chagrinerai plus par mes soupçons injurieux et
téméraires.
--Soit! fais ce qu'il te plaira», lui repartit sa mère, qui avait hâte
de la quitter, se sentant, malgré ses résolutions, sur le point de se
fâcher. «Je ne te dis pas adieu; il n'est pas besoin d'être grand
sorcier pour prévoir que tu t'ennuieras à la mort dans ce lieu de
délices, que tu me reviendras et que je serai assez bonne pour te
recevoir.»
Pendant deux heures, Jacquine vaqua aux soins de son emménagement.
S'étant fait une loi de prendre en toute chose le contre-pied des us et
coutumes de son père et de sa mère, dont on pouvait dire que le désordre
était leur élément, elle poussait jusqu'à la minutie l'amour de l'ordre
et de la tenue, et elle avait dressé, stylé à sa mode sa femme de
chambre, qu'elle s'était attachée par ses générosités et à qui elle
imposait beaucoup. Quoiqu'elle la traitât civilement, elle lui inspirait
une admiration craintive. Cette Bretonne d'humeur grave et d'esprit
crédule tenait sa jeune maîtresse pour un être à part; elle trouvait
quelque chose de redoutable dans le mystère de ses yeux de teinte
indécise, qu'elle soupçonnait de jeter des sorts, et elle respectait
aveuglément ses moindres volontés comme les arrêts d'une sagesse
supérieure, qu'il était dangereux de discuter. Lorsqu'elle eut vidé les
malles, serré le linge et les robes, placé en un lieu convenable et à
leur jour les vitrines et leurs papillons, tout épousseté, tout rangé
comme l'entendait mademoiselle, qui exigeait qu'on fit bien et qu'on fit
vite, Jacquine la renvoya en lui disant qu'elle éprouvait le besoin de
se reposer et la priant de ne pas revenir avant qu'elle l'eût sonnée.
Restée seule, elle s'installa dans un fauteuil, promena son regard
autour d'elle, décida que son salon lui plaisait, que le rose très pâle
de la tenture se mariait bien avec le blanc crémeux d'un ameublement
laqué et réchampi, avec les teintes moelleuses des étoffes, du tapis,
des rideaux, que par son élégante simplicité et ses tons clairs qui
caressaient les yeux, ce salon ressemblait à la personne qui l'avait
habillé et dont les qualités apparentes étaient la douceur, la grâce et
la distinction. Mais que cachaient cette distinction, cette grâce, cette
douceur? C'était là ce qu'il s'agissait de savoir. Toutes les âmes sont
des bottes à double fond, et il ne faut jamais être dupe des apparences.
Elle avait peine à admettre que, comme le prétendait sa mère, Mme
Sauvigny fût une pécheresse repentie ou une vulgaire intrigante, une
tracassière. Non, ce n'était pas là ce que disaient sa figure et son
sourire. Toute réflexion faite, elle inclinait à croire que ce
mystérieux sourire, qu'elle n'avait pas encore déchiffré, était un appât
destiné à prendre les coeurs, un attrape-nigaud; que cette charmeuse, qui
s'attribuait le don d'attraction magnétique, se servait de sa grâce pour
exercer sur ses crédules et heureuses victimes un irrésistible empire,
que son visage exprimait sa pleine confiance dans la vertu de son fluide
et la certitude d'une prompte et facile victoire. Elle avait appris de
soeur Eulalie que Mme Sauvigny était protestante, et elle croyait savoir
que les protestantes sont souvent d'intrépides convertisseuses, que ces
femmes qui ne se confessent pas aiment à confesser, qu'elles prennent
plaisir à manipuler, à gouverner les âmes, que les joies que procure à
leur orgueil le métier de directrices de consciences leur tiennent lieu
des friandises mondaines qu'elles se refusent.
«Elle a su couvrir son jeu; mais sûrement son offre aussi obligeante
qu'imprévue cachait un piège, et en m'attirant chez elle, elle avait une
arrière-pensée. Mon cas lui a paru intéressant; ma mère lui aura dit que
j'avais «un caractère indomptable», c'est son mot sacramentel, et elle
s'est promis de me dompter.... Ah! madame, vous trouverez à qui parler!»
Une fois entré dans sa cervelle, ce soupçon n'en devait plus sortir, et,
se raidissant d'avance contre la charmeuse, elle la mettait au défi; le
porc-épic hérissait tous ses piquants.
Elle se leva, ouvrit une porte-fenêtre; elle voulait savoir ce qu'on
voyait de son balcon, elle alla prendre l'air. Il avait fait très beau
ce jour-là, et quoiqu'on fût en octobre, il soufflait un vent tiède.
Elle regarda tour à tour en haut et en bas. Le ciel lui montra de petits
nuages floconneux, que le soleil couchant teintait de rose, la terre un
pré clos de haies vives, où une jument, qui avait cessé de paître,
folâtrait avec son poulain, un noyer au front dépouillé, autour duquel
tournoyaient deux corbeaux, dans la vaine espérance d'y découvrir une
noix oubliée; plus près d'elle, une rivière lente, traînant si
paresseusement ses eaux verdâtres qu'elle semblait, en s'en allant,
avoir regret à quelque chose; parmi les roseaux un râle brun fauve, qui,
sa journée faite, regagnait son nid; plus loin, dans le fond, une des
arches d'un pont de pierre et une petite île où croissaient de grands
peupliers, auxquels une vigne de Canada suspendait ses draperies d'un
rouge d'écarlate. Quel éclat! quelle splendeur! dans quel ironique
dessein la nature se mettait-elle en frais pour parer notre demeure,
pour embellir par la pompe de ses spectacles cette sotte rapsodie qu'on
appelle la vie humaine? C'était se moquer de nous, insulter à notre
misère. Un si riche décor pour une si pauvre pièce!
Les nuages roses, les cabrioles de la jument et de son poulain, la
rivière, le râle, la vigne et ses taches rouges, elle ne regarda plus
rien, sauf une petite fumée grise qui s'échappait d'un toit voisin,
pointait un instant vers le ciel et se dissipait bientôt, s'évanouissait
dans l'air. Que cette fumée lui parut heureuse! et qu'elle enviait son
bonheur! S'évaporer et disparaître à jamais, quelle félicité! Ô délices
de ne plus être!... Où est-elle? Ne la cherchez pas: elle s'en est allée
en fumée, vous ne la reverrez point.... Mais elle fit la réflexion que,
pour jouir du bonheur de n'être plus, il faudrait être; que dans ce
misérable monde, la mort elle-même est une duperie. Elle ne voulut plus
voir ni la terre ni le ciel, et elle rentra dans son salon clair, que la
nuit commençait à envahir.
Son entretien avec sa mère l'avait profondément irritée, avait exaspéré
ses nerfs, ravivé ses vieilles haines, ses vieux dégoûts, ses vieilles
rancunes contre la vie; elle avait senti se remuer au fond de son coeur
toute cette lie qui lui empoisonnait le sang, et elle était entrée dans
une maison de paix la bouche amère, le défi aux lèvres, la guerre dans
l'âme.
Pour soulager ou tromper son fiévreux chagrin elle voulut ne penser,
pendant quelques instants du moins, qu'au seul être qui l'eût aimée, à
ce mort qu'elle avait comme embaumé dans son souvenir. Elle tira ses
rideaux; sa cheminée était ornée de deux beaux candélabres de cristal,
dont elle alluma toutes les bougies pour faire fête à l'image qu'elle
évoquait. Elle s'assit devant une table ovale, couverte d'un tapis de
velours, elle y allongea ses bras, y posa sa tête, qui était lourde,
ferma les yeux, et le fantôme lui apparut.
Son imagination l'avait transportée dans une salle d'un vieux château,
où tout était vieux, hormis le coeur d'un beau vieillard propret, doux et
frais, vêtu de gris, dont l'haleine avait une agréable odeur de luzerne
coupée. Il avait eu de grands ennuis, des soucis cuisants, et il avait
employé sa vive intelligence à se distraire et à se consoler. Au moment
où elle l'aperçut, il était à demi couché sur un sopha quelque peu
dépenaillé; un chien de chasse édenté, décrépit, dormait à ses pieds; un
peu plus loin, lui faisant face, une petite fille travaillait à une
tapisserie destinée à remplacer la brocatelle usée du sopha; il désirait
que les petites filles fussent toujours occupées, que tour à tour elles
fissent travailler leur esprit ou leurs mains; rien n'était plus propre,
selon lui, à les préserver des tentations. Ce soir-là, il venait
d'entamer un discours en trois points, et tout en parlant, il croquait
des talmouses; il aimait presque également les talmouses et les longs
discours. Parfois le mot ne lui venait pas, il se penchait sur son
chien, lui tirait paternellement les oreilles, et le mot venait comme
par miracle.
Il était en train d'expliquer à sa petite-fille que sans doute il y
avait dans ce monde de grands désordres et de grands fléaux, que le pire
de tous était la femme impudique qui enlace les coeurs et déshonore les
maisons, qu'en tolérant le mal, la Providence avait sûrement ses
intentions secrètes qui nous échappent, que nous devons tenir pour des
épreuves salutaires les souffrances qu'elle nous inflige, que, dans le
fond, quoi qu'il nous en semble, Dieu est infiniment bon et veut le bien
de ses créatures. Elle avait peine à l'en croire; dès sa plus tendre
jeunesse, le peu qu'elle connaissait du monde, tout ce qu'elle avait vu
autour d'elle la disposait à croire que Dieu est un grand indifférent,
qui laisse aller les choses, ou qu'il a trop d'affaires sur les bras
pour se mêler des nôtres: quand on a des soleils hors de service à
raccommoder, a-t-on le loisir de s'occuper des petites filles et
d'écouter leurs innocentes prières? Peut-être était-il appelé à voyager
souvent dans son immense univers; on croyait le tenir, il était absent,
il était en courses. Peut-être aussi faisait-il de longs sommes et,
avant de s'endormir, défendait-il qu'on le réveillât. Depuis ce temps,
toutes les expériences qu'elle avait faites l'avaient confirmée dans ses
opinions d'enfant. Quelle grâce lui avait accordée ce Dieu infiniment
bon? Il l'avait laissée choir dans une mare, en lui disant: «Nage,
tire-toi d'affaire comme tu pourras». Et elle avait nagé au milieu des
crapauds, des têtards et des couleuvres. À la vérité, il avait inspiré à
Mlle de Salicourt l'heureuse idée de léguer une pension à sa
petite-nièce; elle lui avait su gré de ce bon mouvement, elle lui avait
marqué une bonne note. Mais jusqu'ici, à quoi avait servi cette pension?
À gorger de faisans et de perdreaux un comte Krassing, à l'abreuver de
vins fins et à lui payer des épingles de diamant. Ô dispensations
providentielles!
De réflexion en réflexion, elle avait oublié qu'elle se trouvait dans un
vieux château. Elle y retourna. Passant au second point de son sermon,
le marquis de Salicourt s'appliquait à démontrer que, l'infinie bonté
étant le principal attribut de Dieu, nous sommes tenus d'être bons, très
bons si nous voulons lui ressembler, et pour prêcher d'exemple, il
partagea une talmouse avec son vieux chien. Il ajouta que non seulement
le pardon des injures nous est commandé par l'Évangile, que c'est de
toutes les vertus celle qui ennoblit, honore le plus l'homme qui la
pratique et qu'elle donne à la femme une grâce céleste, et il exhorta sa
petite-fille à avoir toute sa vie l'horreur du mal et une grande pitié
des pécheurs, lesquels sont toujours malheureux.
Ce qu'il lui avait dit alors, il le lui répétait en cet instant. Il
était sorti de son tombeau pour venir la trouver. Elle sentait qu'il
était là, derrière son fauteuil; mais elle n'avait garde de se retourner
et de rouvrir les yeux; on ne voit les fantômes que les yeux fermés. Il
était si près d'elle qu'elle respirait son haleine; pouvait-elle en
douter? elle avait reconnu la douce odeur de luzerne coupée. De son
vivant, il lui imposait tant de respect qu'elle l'écoutait sans
contester. On prend plus de libertés avec les morts; on a avec eux un
commerce plus intime; on ose leur dire tout ce qu'on a sur le coeur. Elle
osa lui représenter que les haines vigoureuses sont nécessaires à la
santé de l'âme, que ce sel divin les empêche de se corrompre, que la
loi du talion est sainte, qu'en rendant le mal pour le mal, on remplit
une mission sacrée, qu'on travaille au rétablissement de l'ordre, qu'on
remet les choses à leur place, que s'il y a une justice céleste, on
devient son instrument et l'ouvrier de ses vengeances.
Il répliquait, elle ripostait; mais craignant de le chagriner, elle
couvrait de baisers ses longues mains pâles de vieillard. Elle lui
disait: «Ce n'est pas Dieu qui est infiniment bon, c'est vous. Je vous
ai aimé dès le premier jour, et toujours je vous aimerai. Mais on ne se
refait pas, on ne violente pas ses penchants, ses instincts. On a été
dur pour moi, je serai dure pour les autres. Vous ne savez pas quelle
fatalité s'est appesantie sur votre petite-fille. Je veux vous conter
tout ce que j'ai souffert, je veux tout vous expliquer. Et d'abord....»
«Mademoiselle, vous avez bien dressé votre femme de chambre, dit en
souriant Mme Sauvigny, qui, avant d'entrer dans un salon, qu'elle
s'étonnait de trouver si brillamment illuminé, avait frappé deux fois à
la porte. Quoi que j'aie pu lui dire, exécutant vos ordres à la lettre,
elle attendait que vous l'eussiez sonnée pour venir vous avertir que le
dîner était servi. N'avez-vous pas entendu la cloche?
--Excusez-moi, madame, répondit Jacquine d'un ton cérémonieux, je
m'étais endormie.»
Mme Sauvigny remarqua qu'elle avait les yeux rouges. Peut-être
avait-elle pleuré. C'était la première fois qu'il lui arrivait pareille
aventure.