VIII

Mme Vanesse achevait de déjeuner quand elle vit arriver Rosalie, qui,

assistée de deux déménageurs, venait chercher le bagage de sa maîtresse.

Hors d'elle-même, elle déchargea sa colère sur le comte Krassing. Il

n'opposa à ses virulentes sorties que la résignation d'un juste méconnu.

Plus d'une fois on s'était brouillé et rapatrié; plus d'une fois la

longanimité de cette enclume avait usé les fougues de ce marteau.

Quoiqu'elle désespérât de faire revenir Jacquine sur sa résolution, Mme

Vanesse pensait au lendemain et tenait à la voir, à s'assurer des

chances qui lui restaient de la regagner un jour. Elle la trouva

traversant le parc pour aller prendre possession de son nouvel

appartement, et l'aborda le sourire aux lèvres. Depuis la tentative de

suicide, elle la considérait comme une toquée, comme un cerveau

détraqué, dont l'inquiétante démence demandait des ménagements.

Contenant son indignation, ce fut d'une voix dolente que cette mère

outragée, mais miséricordieuse, remontra à sa fille l'injure qu'elle lui

faisait.

«Que voulez-vous? répondit Jacquine. J'ai grand besoin de repos, pour

quelque temps du moins, et confessez, chère maman, que vous n'êtes guère

reposante.»

Mme Vanesse n'eut garde de s'engager dans une discussion où elle était

sûre d'avoir le dessous. Elle se contenta de dire:

«Tu as un étrange caractère, et tu m'as souvent étonnée, mais je te

croyais trop fière pour accepter l'hospitalité d'une inconnue.

--Vous n'êtes pas au fait: il a été convenu entre Mme Sauvigny et moi

que je payerais pension, et je me propose d'acquitter dès demain par

anticipation le premier quartier.»

Le coup fut cruel à Mme Vanesse, qui dut se faire violence pour

dissimuler son dépit.

«C'est donc une affaire qu'elle fait avec toi? Elle en fait, paraît-il,

avec tout le monde, avec le docteur Oserel, à qui elle loue des maisons,

avec moi à qui elle vient d'acheter Mon-Refuge.

--À un bon prix?

--À un prix dérisoire, mais j'étais résolue à m'en défaire coûte que

coûte. Comment ne prendrais-je pas en dégoût un pays où ma fille a voulu

mourir?

--Je ne vous comprends pas: vous vous êtes plainte quelquefois que

c'était un pays trop tranquille, qu'il ne s'y passait jamais rien, j'ai

voulu vous prouver qu'il pouvait s'y passer quelque chose.

--Mais enfin que te veut cette femme? reprit Mme Vanesse en froissant

les brides de son chapeau. Quelles sont ses intentions sur toi? Sans

doute elle avait besoin d'une demoiselle de compagnie, et elle a si bien

manoeuvré qu'elle ne la paie pas, c'est la demoiselle qui paie. Elle est

vraiment très forte. Je te croyais aussi fine que fière; comment

t'es-tu laissé prendre aux paroles sucrées de cette enjôleuse?

--Vous savez que la curiosité est mon péché mignon; je désire savoir qui

elle est, comment est fait le fond de son coeur, quelles raisons elle a

pu avoir de renoncer à la jouissance d'un beau château et d'un parc de

cinq cents arpents, à la seule fin de se rendre agréable à des

vieillards et d'obliger un docteur, que je vous donne pour un vrai fagot

d'épines. Avouez que c'est un cas qui mérite d'être étudié.

--Bah! tu découvriras bien vite que les femmes qui affectent de

s'adonner aux oeuvres de miséricorde sont ou des intrigantes qui aiment à

tracasser ou des pécheresses repenties.

--Oh! bien, les pécheresses qui se repentent sont une variété de

l'espèce humaine que je ne connaissais pas encore. Cela me changera.»

Mme Vanesse s'était promis de ne pas se fâcher: elle ne se fâcha pas.

Après un court silence:

«J'ai une proposition à te faire, dit-elle, et tu l'accepteras, s'il

t'est possible d'être raisonnable une fois dans ta vie. Mme Sauvigny,

qui décidément est une forte tête, a obtenu de moi que je lui remettrais

au premier jour les clefs de ma maison, et dès après-demain, je serai de

retour à Paris. Tu es une honnête fille, et tu as je ne sais comment une

imagination dévergondée, qui voit partout des mystères et des noirceurs.

Quelque absurdes, quelque extravagantes que soient certaines idées que

tu t'étais fourrées dans la cervelle, si tu me promets de partir avec

moi, tout à l'heure, en rentrant, je donnerai son congé au comte

Krassing.»

Jacquine la regarda dans les yeux; ce regard et le sourire qui

l'accompagnait disaient avec une suffisante clarté: «Lui avez-vous

trouvé un remplaçant?»

«Je suis touchée, chère maman, répliqua-t-elle, du sacrifice que vous

voulez bien me faire; mais, je vous le répète, c'est la curiosité qui me

retient ici, et je ne m'en irai qu'après avoir terminé le cours de mes

études. Le voyage de découvertes que je vais entreprendre dans le pays

du bleu aura pour vous cet avantage qu'il purifiera mon imagination

dévergondée; quand nous nous reverrons, j'aurai le coeur d'un innocent

agneau, et je ne vous chagrinerai plus par mes soupçons injurieux et

téméraires.

--Soit! fais ce qu'il te plaira», lui repartit sa mère, qui avait hâte

de la quitter, se sentant, malgré ses résolutions, sur le point de se

fâcher. «Je ne te dis pas adieu; il n'est pas besoin d'être grand

sorcier pour prévoir que tu t'ennuieras à la mort dans ce lieu de

délices, que tu me reviendras et que je serai assez bonne pour te

recevoir.»

Pendant deux heures, Jacquine vaqua aux soins de son emménagement.

S'étant fait une loi de prendre en toute chose le contre-pied des us et

coutumes de son père et de sa mère, dont on pouvait dire que le désordre

était leur élément, elle poussait jusqu'à la minutie l'amour de l'ordre

et de la tenue, et elle avait dressé, stylé à sa mode sa femme de

chambre, qu'elle s'était attachée par ses générosités et à qui elle

imposait beaucoup. Quoiqu'elle la traitât civilement, elle lui inspirait

une admiration craintive. Cette Bretonne d'humeur grave et d'esprit

crédule tenait sa jeune maîtresse pour un être à part; elle trouvait

quelque chose de redoutable dans le mystère de ses yeux de teinte

indécise, qu'elle soupçonnait de jeter des sorts, et elle respectait

aveuglément ses moindres volontés comme les arrêts d'une sagesse

supérieure, qu'il était dangereux de discuter. Lorsqu'elle eut vidé les

malles, serré le linge et les robes, placé en un lieu convenable et à

leur jour les vitrines et leurs papillons, tout épousseté, tout rangé

comme l'entendait mademoiselle, qui exigeait qu'on fit bien et qu'on fit

vite, Jacquine la renvoya en lui disant qu'elle éprouvait le besoin de

se reposer et la priant de ne pas revenir avant qu'elle l'eût sonnée.

Restée seule, elle s'installa dans un fauteuil, promena son regard

autour d'elle, décida que son salon lui plaisait, que le rose très pâle

de la tenture se mariait bien avec le blanc crémeux d'un ameublement

laqué et réchampi, avec les teintes moelleuses des étoffes, du tapis,

des rideaux, que par son élégante simplicité et ses tons clairs qui

caressaient les yeux, ce salon ressemblait à la personne qui l'avait

habillé et dont les qualités apparentes étaient la douceur, la grâce et

la distinction. Mais que cachaient cette distinction, cette grâce, cette

douceur? C'était là ce qu'il s'agissait de savoir. Toutes les âmes sont

des bottes à double fond, et il ne faut jamais être dupe des apparences.

Elle avait peine à admettre que, comme le prétendait sa mère, Mme

Sauvigny fût une pécheresse repentie ou une vulgaire intrigante, une

tracassière. Non, ce n'était pas là ce que disaient sa figure et son

sourire. Toute réflexion faite, elle inclinait à croire que ce

mystérieux sourire, qu'elle n'avait pas encore déchiffré, était un appât

destiné à prendre les coeurs, un attrape-nigaud; que cette charmeuse, qui

s'attribuait le don d'attraction magnétique, se servait de sa grâce pour

exercer sur ses crédules et heureuses victimes un irrésistible empire,

que son visage exprimait sa pleine confiance dans la vertu de son fluide

et la certitude d'une prompte et facile victoire. Elle avait appris de

soeur Eulalie que Mme Sauvigny était protestante, et elle croyait savoir

que les protestantes sont souvent d'intrépides convertisseuses, que ces

femmes qui ne se confessent pas aiment à confesser, qu'elles prennent

plaisir à manipuler, à gouverner les âmes, que les joies que procure à

leur orgueil le métier de directrices de consciences leur tiennent lieu

des friandises mondaines qu'elles se refusent.

«Elle a su couvrir son jeu; mais sûrement son offre aussi obligeante

qu'imprévue cachait un piège, et en m'attirant chez elle, elle avait une

arrière-pensée. Mon cas lui a paru intéressant; ma mère lui aura dit que

j'avais «un caractère indomptable», c'est son mot sacramentel, et elle

s'est promis de me dompter.... Ah! madame, vous trouverez à qui parler!»

Une fois entré dans sa cervelle, ce soupçon n'en devait plus sortir, et,

se raidissant d'avance contre la charmeuse, elle la mettait au défi; le

porc-épic hérissait tous ses piquants.

Elle se leva, ouvrit une porte-fenêtre; elle voulait savoir ce qu'on

voyait de son balcon, elle alla prendre l'air. Il avait fait très beau

ce jour-là, et quoiqu'on fût en octobre, il soufflait un vent tiède.

Elle regarda tour à tour en haut et en bas. Le ciel lui montra de petits

nuages floconneux, que le soleil couchant teintait de rose, la terre un

pré clos de haies vives, où une jument, qui avait cessé de paître,

folâtrait avec son poulain, un noyer au front dépouillé, autour duquel

tournoyaient deux corbeaux, dans la vaine espérance d'y découvrir une

noix oubliée; plus près d'elle, une rivière lente, traînant si

paresseusement ses eaux verdâtres qu'elle semblait, en s'en allant,

avoir regret à quelque chose; parmi les roseaux un râle brun fauve, qui,

sa journée faite, regagnait son nid; plus loin, dans le fond, une des

arches d'un pont de pierre et une petite île où croissaient de grands

peupliers, auxquels une vigne de Canada suspendait ses draperies d'un

rouge d'écarlate. Quel éclat! quelle splendeur! dans quel ironique

dessein la nature se mettait-elle en frais pour parer notre demeure,

pour embellir par la pompe de ses spectacles cette sotte rapsodie qu'on

appelle la vie humaine? C'était se moquer de nous, insulter à notre

misère. Un si riche décor pour une si pauvre pièce!

Les nuages roses, les cabrioles de la jument et de son poulain, la

rivière, le râle, la vigne et ses taches rouges, elle ne regarda plus

rien, sauf une petite fumée grise qui s'échappait d'un toit voisin,

pointait un instant vers le ciel et se dissipait bientôt, s'évanouissait

dans l'air. Que cette fumée lui parut heureuse! et qu'elle enviait son

bonheur! S'évaporer et disparaître à jamais, quelle félicité! Ô délices

de ne plus être!... Où est-elle? Ne la cherchez pas: elle s'en est allée

en fumée, vous ne la reverrez point.... Mais elle fit la réflexion que,

pour jouir du bonheur de n'être plus, il faudrait être; que dans ce

misérable monde, la mort elle-même est une duperie. Elle ne voulut plus

voir ni la terre ni le ciel, et elle rentra dans son salon clair, que la

nuit commençait à envahir.

Son entretien avec sa mère l'avait profondément irritée, avait exaspéré

ses nerfs, ravivé ses vieilles haines, ses vieux dégoûts, ses vieilles

rancunes contre la vie; elle avait senti se remuer au fond de son coeur

toute cette lie qui lui empoisonnait le sang, et elle était entrée dans

une maison de paix la bouche amère, le défi aux lèvres, la guerre dans

l'âme.

Pour soulager ou tromper son fiévreux chagrin elle voulut ne penser,

pendant quelques instants du moins, qu'au seul être qui l'eût aimée, à

ce mort qu'elle avait comme embaumé dans son souvenir. Elle tira ses

rideaux; sa cheminée était ornée de deux beaux candélabres de cristal,

dont elle alluma toutes les bougies pour faire fête à l'image qu'elle

évoquait. Elle s'assit devant une table ovale, couverte d'un tapis de

velours, elle y allongea ses bras, y posa sa tête, qui était lourde,

ferma les yeux, et le fantôme lui apparut.

Son imagination l'avait transportée dans une salle d'un vieux château,

où tout était vieux, hormis le coeur d'un beau vieillard propret, doux et

frais, vêtu de gris, dont l'haleine avait une agréable odeur de luzerne

coupée. Il avait eu de grands ennuis, des soucis cuisants, et il avait

employé sa vive intelligence à se distraire et à se consoler. Au moment

où elle l'aperçut, il était à demi couché sur un sopha quelque peu

dépenaillé; un chien de chasse édenté, décrépit, dormait à ses pieds; un

peu plus loin, lui faisant face, une petite fille travaillait à une

tapisserie destinée à remplacer la brocatelle usée du sopha; il désirait

que les petites filles fussent toujours occupées, que tour à tour elles

fissent travailler leur esprit ou leurs mains; rien n'était plus propre,

selon lui, à les préserver des tentations. Ce soir-là, il venait

d'entamer un discours en trois points, et tout en parlant, il croquait

des talmouses; il aimait presque également les talmouses et les longs

discours. Parfois le mot ne lui venait pas, il se penchait sur son

chien, lui tirait paternellement les oreilles, et le mot venait comme

par miracle.

Il était en train d'expliquer à sa petite-fille que sans doute il y

avait dans ce monde de grands désordres et de grands fléaux, que le pire

de tous était la femme impudique qui enlace les coeurs et déshonore les

maisons, qu'en tolérant le mal, la Providence avait sûrement ses

intentions secrètes qui nous échappent, que nous devons tenir pour des

épreuves salutaires les souffrances qu'elle nous inflige, que, dans le

fond, quoi qu'il nous en semble, Dieu est infiniment bon et veut le bien

de ses créatures. Elle avait peine à l'en croire; dès sa plus tendre

jeunesse, le peu qu'elle connaissait du monde, tout ce qu'elle avait vu

autour d'elle la disposait à croire que Dieu est un grand indifférent,

qui laisse aller les choses, ou qu'il a trop d'affaires sur les bras

pour se mêler des nôtres: quand on a des soleils hors de service à

raccommoder, a-t-on le loisir de s'occuper des petites filles et

d'écouter leurs innocentes prières? Peut-être était-il appelé à voyager

souvent dans son immense univers; on croyait le tenir, il était absent,

il était en courses. Peut-être aussi faisait-il de longs sommes et,

avant de s'endormir, défendait-il qu'on le réveillât. Depuis ce temps,

toutes les expériences qu'elle avait faites l'avaient confirmée dans ses

opinions d'enfant. Quelle grâce lui avait accordée ce Dieu infiniment

bon? Il l'avait laissée choir dans une mare, en lui disant: «Nage,

tire-toi d'affaire comme tu pourras». Et elle avait nagé au milieu des

crapauds, des têtards et des couleuvres. À la vérité, il avait inspiré à

Mlle de Salicourt l'heureuse idée de léguer une pension à sa

petite-nièce; elle lui avait su gré de ce bon mouvement, elle lui avait

marqué une bonne note. Mais jusqu'ici, à quoi avait servi cette pension?

À gorger de faisans et de perdreaux un comte Krassing, à l'abreuver de

vins fins et à lui payer des épingles de diamant. Ô dispensations

providentielles!

De réflexion en réflexion, elle avait oublié qu'elle se trouvait dans un

vieux château. Elle y retourna. Passant au second point de son sermon,

le marquis de Salicourt s'appliquait à démontrer que, l'infinie bonté

étant le principal attribut de Dieu, nous sommes tenus d'être bons, très

bons si nous voulons lui ressembler, et pour prêcher d'exemple, il

partagea une talmouse avec son vieux chien. Il ajouta que non seulement

le pardon des injures nous est commandé par l'Évangile, que c'est de

toutes les vertus celle qui ennoblit, honore le plus l'homme qui la

pratique et qu'elle donne à la femme une grâce céleste, et il exhorta sa

petite-fille à avoir toute sa vie l'horreur du mal et une grande pitié

des pécheurs, lesquels sont toujours malheureux.

Ce qu'il lui avait dit alors, il le lui répétait en cet instant. Il

était sorti de son tombeau pour venir la trouver. Elle sentait qu'il

était là, derrière son fauteuil; mais elle n'avait garde de se retourner

et de rouvrir les yeux; on ne voit les fantômes que les yeux fermés. Il

était si près d'elle qu'elle respirait son haleine; pouvait-elle en

douter? elle avait reconnu la douce odeur de luzerne coupée. De son

vivant, il lui imposait tant de respect qu'elle l'écoutait sans

contester. On prend plus de libertés avec les morts; on a avec eux un

commerce plus intime; on ose leur dire tout ce qu'on a sur le coeur. Elle

osa lui représenter que les haines vigoureuses sont nécessaires à la

santé de l'âme, que ce sel divin les empêche de se corrompre, que la

loi du talion est sainte, qu'en rendant le mal pour le mal, on remplit

une mission sacrée, qu'on travaille au rétablissement de l'ordre, qu'on

remet les choses à leur place, que s'il y a une justice céleste, on

devient son instrument et l'ouvrier de ses vengeances.

Il répliquait, elle ripostait; mais craignant de le chagriner, elle

couvrait de baisers ses longues mains pâles de vieillard. Elle lui

disait: «Ce n'est pas Dieu qui est infiniment bon, c'est vous. Je vous

ai aimé dès le premier jour, et toujours je vous aimerai. Mais on ne se

refait pas, on ne violente pas ses penchants, ses instincts. On a été

dur pour moi, je serai dure pour les autres. Vous ne savez pas quelle

fatalité s'est appesantie sur votre petite-fille. Je veux vous conter

tout ce que j'ai souffert, je veux tout vous expliquer. Et d'abord....»

«Mademoiselle, vous avez bien dressé votre femme de chambre, dit en

souriant Mme Sauvigny, qui, avant d'entrer dans un salon, qu'elle

s'étonnait de trouver si brillamment illuminé, avait frappé deux fois à

la porte. Quoi que j'aie pu lui dire, exécutant vos ordres à la lettre,

elle attendait que vous l'eussiez sonnée pour venir vous avertir que le

dîner était servi. N'avez-vous pas entendu la cloche?

--Excusez-moi, madame, répondit Jacquine d'un ton cérémonieux, je

m'étais endormie.»

Mme Sauvigny remarqua qu'elle avait les yeux rouges. Peut-être

avait-elle pleuré. C'était la première fois qu'il lui arrivait pareille

aventure.

Jacquine Vanesse · 第 15 / 31 题