Je veuil estre toujours jolie,
Maintenir estat hault et fier,
Avoir train, suivre compaignie,
Encores huy meilleur qu'hyer.
Je ne quiers que magnifier
Ma pompe mondaine, et ma gloire:
Tant veuil au monde me fier,
Qu'il en soit à jamais memoire.
J'ai mon chasteau de Magdalon,
D'où l'on m'appelle Magdelaine,
Où le plus souvent nous allon
Gaudir en toute joie mondaine.
Je veuil estre de tous bien pleine,
Tant qu'au monde n'ait la pareille;
Et passer en plaisance humaine
Toute aultre qu'à moi a'appareille.
Cette Madelaine-là est parente de la Céliante du _Glorieux_; c'est la
même verve et la même franchise de coquetterie.
Notre siècle se vante bien haut d'avoir porté au dernier degré le
sentiment des rhythmes, les procédés de la versification, l'art
d'agencer les rimes, la rapidité des vers de courte mesure, etc., etc...
Je ne lui contesterai pas le mérite de la mise en pratique; mais pour
celui de l'invention, c'est une autre affaire.
Si vous voulez juger combien toutes ces belles choses sont nouvelles,
jetez les yeux sur cet autre couplet que le poëte met dans la bouche de
Marthe. On se rappelle le caractère de Marthe dans l'Évangile: «Martha
autem satagebat circa frequens ministerium.»