L'Académie donne FONTS, pour un substantif masculin pluriel; ce qui
suppose qu'il n'a pas de singulier. C'est un substantif féminin, et il a
un singulier.
_Font_ est l'abrégé de _fontaine_. Pour réfuter l'Académie, il suffit de
rappeler les noms propres d'homme et de lieu:
_De Bellefonds_, _la Font_, _de Lafont_, _Fontenelle_.--La
_Chaude-Font_, parce qu'il s'y trouve une source thermale. Les
dictionnaires géographiques écrivent _la Chaux-de-Font_, ce qui n'offre
aucun sens.
«Eve de _Funtaine_ i aparut... si la levad (l'église) de _Funz_ et de
baptisterie.»
(_Rois_, p. 207.)
Mais pourquoi dit-on _fonts baptismaux_? C'est ce qui a trompé
l'Académie. En voici la raison: _baptismal_, comme venant d'un adjectif
latin en _is_, _baptismalis_, n'a qu'une terminaison pour les deux
genres. _Fonts baptismaux_ est aussi bien du féminin que _lettres
royaux_, _marchandises loyaulx_, _vierge royau_. (Voyez p. 226-228.)