Il fallait prononcer «_vendrome_, et en votre merci nous _mettrons_.»

Le traître Ganelon, ambassadeur de Charlemagne, se présente à Saragosse

devant le roi sarrasin Marsile,

Et dist al rei: Salvez seiez de Deu

Li glorius que _devum_ aurer.

(_Roland_, st. 32.)

Lisez: Et dit au rei: Sauvez seiez de Deu li gloriou que _devome_

aourer. _Quem debemus a(d)orare._

Dans un autre passage, Marsile et ses courtisans conspirent l'assassinat

de Roland, n'importe par quel moyen ni à quel prix:

Seit qui l'ociet, tute pais puis _aueriomes_[82].

(_Roland_, st 28.)

[82] Les éditeurs ont mal à propos écrit _averiumes_, prenant sur eux

cette distinction, qui n'existe dans aucun manuscrit, de l'_u_

voyelle et de l'_u_ consonne. La mesure démontre que c'est ici l'_u_

voyelle qu'il faut prendre. En mettant _averiumes_, le vers est

faux.

_Aurioumes_, _auriomes_, _aurions_.

--Qu'en avez fait? ce dit Fromons li viez?

--Sire, en ce bois _l'avonmes nous_ laissié.

(_Garin_, t. II, p. 243.)

--«Se nous _demenomes_ ensi li uns les aultres et _alomes_ rancunant,

bien voi que nous reperdrons toute la tiere, et nous meismes _seromes_

perdu.»

(_Villehard._, p. 199.)

La troisième personne du pluriel a pour caractéristique l'_n_:

Franceis sunt bon, si _ferrunt_ vassalment.

(_Roland_, st. 83.)

_Ferront_, par syncope pour _feriront_; les Français sont bons, dit

Roland; ils frapperont en braves.

Mais cette troisième personne aujourd'hui ne se termine plus en _ont_,

excepté au futur; aux autres temps l'_e_ muet a remplacé l'_o_; _ils

aiment_, _ils appellent_, _etc._ Il y avait jadis plus d'uniformité:

Des variations du langage français depuis le XIIe siècle ou recherche des principes qui devraient régler l'orthographe et la prononciation · 第 109 / 227 题