PIERROT.

«Tout gros monsieur qu'il est, il serait, parmafiqué, nayé, si je

_n'aviomme_ été là.»

(_D. Juan_, act. II, sc. 1.)

On ne saurait mieux parler, ni d'une façon plus conforme à l'étymologie

et à l'ancien usage.

En effet, observez que l'_m_ caractérise en latin cette première

personne: _Habemus_, _habebamus_, _amamus_, _audimus_, _vidissemus_,

etc. L'orthographe primitive conservait cette _m_. Reportez vos regards

vers l'origine de la langue française; comment parlait-on à la fin du

XIe siècle?

--«Respundirent ces de Jabes: Dune nus respit set jurs: _manderum_

nostre estre a tuz ces de Israel. Si _poum_ aver rescusse, nus

l'_attenderum_; si nun, nus nus _renderum_.»

(_Ier livre des Rois_, p. 36.)

«Répondirent ceux de Jabès: Donne-nous répit sept jours; (nous)

manderons notre position à ceux d'Israël. Si (nous) pouvons avoir

rescousse, nous les attendrons; sinon, nous nous rendrons.»

Cette _m_ finale suivie d'une consonne était muette, et de là vient

qu'on prononce nous _manderons_, _attendrons_; mais, suivie d'une

voyelle, elle sonnait, par exemple dans ce verset:

«Le matin a vus _vendrum_, e en vostre merci nus _mettrum_.»

(_Rois_, p. 37.)

Des variations du langage français depuis le XIIe siècle ou recherche des principes qui devraient régler l'orthographe et la prononciation · 第 108 / 227 题