On le rencontre aux premières personnes de l'indicatif: _Ving_, _tieng_,
etc.:
Contre-val rue de la Harpe
_Ving_ en la rue S. Seuering.
(Guillot de Paris, _le Dit des rues_.)
Beau fils, ce _tieng_ a grant savoir
Que faciez trestoz son vouloir.
(_Partonopeus_, v. 3913.)
_G_ représente ici le pronom _je_: _Vins-je? tiens-je?_
Mais il est marqué souvent où il n'y a point d'élision, ni de pronom de
la première personne: ainsi, à la fin de _saint Sevring_, et d'une foule
d'autres mots, _ung_, _loing_, _soing_, _besoing_, _tesmoing_, etc.,
etc., où l'étymologie ne justifie pas sa présence. C'est un des nombreux
abus d'un temps où il n'existait point de code pour la grammaire ni pour
l'orthographe.
Il faut observer que le _g_ final parasite ne se rencontre pas dans les
manuscrits d'une très-haute antiquité. Il se montre au XIVe siècle,
devient plus fréquent au XVe, et le XVIe l'a prodigué; car la pédanterie
des consonnes inutiles a été le caractère de cette époque. On croyait,
en surchargeant l'écriture, étaler une grande érudition d'étymologies.
Nos pères avaient grand soin d'appuyer fortement les terminaisons de
leurs mots. Ils écrivaient _sanc_ par un _c_, et nous disons encore du
_sanc_ humain, quoique nous écrivions _sang_ avec un _g_, à cause de
_sanguis_. Devant une liquide le _g_ reparaissait: _sanglant_,
_sanglot_.
Mais, suivi d'une consonne plus forte que lui, il la laisse prévaloir.
Ainsi dans _Magdelaine_ il s'efface devant le _d_.