DU DUC RICHARD II, FILS DE RICHARD Ier.
CHAPITRE PREMIER.
De l’honorable conduite de Richard II, tant pour les affaires du
siècle que pour les affaires divines.
PUISQUE dans les pages précédentes nous avons exalté par de dignes
éloges cette très-précieuse perle du Christ, savoir Richard, duc
des Normands, l’ayant honorablement marqué du sceau du roi
éternel, il paraît bien convenable que l’escarboucle sortie de
cette perle occupe la seconde place dans l’éloge de ces très
brillantes vertus, comme elle la possède par le nom; nous voulons
parler de Richard, fils du premier Richard, illustre par ses
triomphes de chevalier, et qui ne fut pas moins digne d’être
célébré et comblé de louanges. Répandant dans les diverses parties
du monde les rayons étincelans de son nom glorieux, il illustra
aussi, dans les limites de son duché, l’Eglise de Normandie par
toutes sortes de bonnes œuvres, et en fit presque l’unique patrie
du Christ. Infiniment vaillant dans les armes, il conduisit en
tous lieux, avec une grande distinction, les légions armées de ses
chevaliers, et eut l’habitude de remporter [p. 111] toujours la
victoire sur ses ennemis. Et quoiqu’il fût ainsi adonné aux œuvres
du siècle, il persista cependant tout entier dans la foi
catholique, et fut rempli de bienveillance et de dévouement pour
les serviteurs de Dieu. Sous son gouvernement, s’élevèrent de
nombreuses bergeries de moines, qui, tels que des abeilles
s’élançant du sein des ruches, remplis de bonnes œuvres,
transportèrent dans les trésors célestes un miel éclatant de
beauté.