=MARIE-SAC-AU-DOS=: Femme toujours prête.
Allusion aux troupiers qui, quand le quartier est consigné en vue d’un
événement quelconque, campent dans la cour de la caserne _sac au dos,
prêts_ à partir (Argot des troupiers). =V.= _Rempardeuses_. _N._
=MARIE-PIQUE-REMPART=: Femme qui rôde la nuit sur les remparts, aux
environs des postes de soldats.
On devine ce qu’elle _cherche_: un gîte et un restant de soupe.
Huit ou dix jours plus tard, le troupier sait ce qu’elle a _apporté_
(Argot des troupiers). _N._
=MARIOLE=: Malin, rusé, roublard.
On est _mariole_ ou on le fait.
Dans les ateliers, un _mariole_ passe pour un phénix.
_Mariole_ doit être pris ici comme synonyme de _marlou_.
—Tu n’as pas _coupé la patte à coco_, tu n’es pas si _mariole_ que ça,
on pourrait bien _te river ton clou_.
Il existe une chanson qui dit:
Tant qu’il y aura des _pantes_,
Les _marioles_ boulotteront.
(Argot du peuple et des souteneurs). =N.=
=MARKOUSE=: Carte marquée visiblement par le _bonneteur_. Mais
aussitôt qu’elle a été vue par la dupe, elle est _démarquée_.
Il la devine, mais ce n’est plus la même (Argot des camelots).
=MARLOU=: Individu qui vit de la prostitution des femmes.
_Marlou_ vient du vieux mot _marlier_, avec un changement de finale
(Argot des filles).
=MARLOU À LA MIE DE PAIN=: _Marlou_ qui ne sait pas faire travailler
sa _marmite_ ou qui en a une récalcitrante.
Je lis dans les _Lamentations d’un souteneur_:
Quoi? C’est éteint... tu r’buttes au flanche.
Y’a pu de trottinage à la clé.
Des dattes pour que tu fass’ la planche,
L’anse de la marmite est cassée.
(Argot des souteneurs). _N._
=MARLOUPIN=: Jeune _marlou_ qui fait son apprentissage dans les bals
publics.
On dit aussi _goussepin_: petit vagabond dont la première étape est la
petite Roquette et la dernière souvent, la grande.
_Goussepin gouspiné_: voler (Argot des voleurs).
=MARLOUSIER=: Malin, rusé, diminutif de _marlou_ (Argot des
souteneurs).
=MARMITE=: D’après M. _Lorédan Larchey_, c’est une fille publique
nourrissant son souteneur.
Un souteneur sans sa marmite est un ouvrier sans ouvrage, dit _Canler_.
_La marmite de terre_ est une prostituée qui ne gagne pas de _pognon_
à son souteneur.
La _marmite de fer_ commence à être cotée; elle gagne un peu de
_galette_.
La _marmite de cuivre_, suivant _Halbert_, c’est une mine d’or.
_Marmite_, d’après _Pierre_, est une femme qui n’abandonne pas son
mari ou son amant en prison et lui porte des secours.
Le peuple qui ne cherche ni si haut ni si loin, considère tout
tranquillement la femme comme une _marmite_.
Quand elle trompe son mari avec son consentement, _elle fait bouillir
la marmite_.
Quand elle fait la noce pour son compte, qu’elle ne rapporte pas, _il
y a un crêpe sur la marmite_ (Argot du peuple). _N._
=MARMITE ANARCHISTE=: Comme la précédente, celle-là ne rapporte pas;
elle fait sauter—pas les écus, mais les maisons.
C’est une _marmite_ qui n’est guère en faveur, car elle fait perdre la
tête (Argot du peuple). _N._
=MARMITEUX=: Homme qui a sans cesse la larme à l’œil.
Corruption par extension du mot _miteux_ (qui a la cire aux yeux)
(Argot du peuple). _N._
=MARMITON DE DOMANGE=: Vidangeur.
On dit aussi: _marmiton de Richer_ (Argot du peuple).
=MARMOTTE=: Madras que les marchandes portent encore sur la tête en
guise de coiffure.
_Marmotte_: diminutif de _marmite_.
—Tu n’es qu’une sale _marmotte_ (Argot du peuple).
=MARMOUSET=: Le pot au feu.
—Amène-ta _morue_ ce soir, nous _boulotterons_, mince de _bidoche_
dans le _marmouset_.
Allusion au bruit que fait l’eau en bouillant: elle _marmouse_ (Argot
des voleurs).
=MARNER=: Signifie travailler.
Les voleurs disent également _marner_ pour voler, puisque voler est
pour eux travailler.
_Marner_ est une variété du _vol à l’embrassade_, à l’exception
toutefois qu’il est généralement pratiqué par des femmes (Argot des
voleurs).
=MARNEUSES=: Filles publiques qui travaillent au bord des rivières.
On dit aussi: _poniffes_ et _magneuses_.
Cette dernière expression indique une spécialité (Argot des
souteneurs).
=MARNOIS=: Souliers énormes.
Synonyme de _péniche_ (Argot des voleurs).
=MARRAINE=: Témoin femelle (Argot des voleurs).
=MARRÉ=: En avoir assez, s’ennuyer d’être en prison.
—Je vais me _marrer_ pendant cinq _berges_ (Argot des voleurs).
=MAROTTE= (Avoir une): Idée fixe qui varie suivant les tempéraments.
Tous les collectionneurs sont des gens à _marotte_.
_Marotte_ est synonyme de _dada_.
_Marotte_ signifie également _chanter_.
—À toi, la Saucisse, c’est ton tour de _marotte_ (Argot des voleurs).
_N._
=MARRON=: Livre imprimé clandestinement (Argot d’imprimerie).
=MARRONNER UN GRINCHISSAGE=: Cette expression n’est pas juste, car
_marronner_ veut dire en vieux français _pirate_, et, en même temps,
_bouder_, _murmurer_ entre ses dents.
Les voleurs l’emploient pour dire qu’ils ont _manqué un vol_ (Argot
des voleurs). _N._
=MARQUE-MAL=: Se dit de quelqu’un qui a un vilain aspect (Argot du
peuple).
=MARQUÉ OU MARQUETS=: Mois (Argot des voleurs).
=MARQUÉ= (Il est): Être gravé par la petite vérole (Argot du peuple).
=V.= _Poêle à marrons_.
=MARQUÉ=: Être ridé comme une vieille pomme (Argot du peuple).
=MARQUE DE CÉ=: Femme légitime de voleur.
Femme d’argent (Argot des voleurs).
=MARQUER= (Ne plus): Femme qui n’a plus d’échéance à chaque fin de
mois (Argot du peuple).
=MARQUER À LA FOURCHETTE=: Marchand de vin qui majore ses notes.
Allusion aux quatre dents de la fourchette; il fait quatre raies à la
fois (Argot du peuple).
=MARQUIS DE LA BOURSE PLATE=: Homme absolument sans le sou (Argot du
peuple). =V.= _Les toiles se touchent_.
=MASTIC=: Terme usité en imprimerie pour indiquer qu’il y a erreur
dans le classement des phrases et des alinéas, ce qui rend l’article
tout à fait incompréhensible (Argot d’imprimeur). _N._
=MASTIC= (Péter sur le): Le peintre en bâtiment qui, le lundi,
veut flâner, emploie cette expression pour dire qu’il ne veut pas
travailler:
—Je _pète sur le mastic_ (Argot du peuple). _N._
=MASTROQUET=: Marchand de vin.
Dernière transformation du mot _mannezingue_.
_Mann_, homme, _zinc_, par corruption _zingue_, comptoir (Argot du
peuple). =V.= _Bistro_.
=MASSEPAIN=: Ce nom se donne généralement à une sorte de gâteau que
l’on vend dans les foires; il a aujourd’hui une signification bien
autrement «fin-de-siècle»; il sert à désigner la catégorie d’individus
qui ont à Paris des salons d’essayages pour dames, avant de les
expédier dans les maisons hospitalières de France ou de l’étranger
(Argot des souteneurs). _N._
=MASSER=: Travailler, peiner ferme.
Allusion au cantonnier qui casse avec une _masse_ les cailloux sur les
routes.
Il n’existe pas de métier plus pénible, il est vrai qu’ils n’en
prennent qu’à leur aise, car la sueur des cantonniers n’a pas de prix.
Ce n’est sûrement pas eux qui ont créé la fameuse, légende, que les
riches mangeaient la sueur du peuple (Argot du peuple). _N._
=MASTARDIER=: Faire le _mastar_ au _gras_ double (Argot des voleurs).
=V.= _Limousinier_.
=MATADOR=: Homme riche ou qui en a les apparences.
—Tu fais le _matador_, pour: Tu fais rudement tes embarras (Argot du
peuple).
=MATADOR=: Partie de dominos.
Les gros dés: double-six, double-cinq, etc., sont les _matadors_
(Argot du boulevard). _N._
=MATELASSÉE=: Femme qui a des seins énormes.
Son estomac est matelassée.
Quand c’est une fille et qu’elle maigrit, son souteneur lui dit:
—Tu t’débines des _matelassés_.
Quand une femme est plate comme une limande elle se _matelasse_ en
bourrant son corset d’assez de coton pour donner l’illusion.
Les femmes fin-de-siècle en portent en caoutchouc qu’elles gonflent
chaque matin (Argot des souteneurs). _N._
=MATHURINS=: Dés pipés qui servent aux camelots pour voler au 7, au
_passe-dix_ et à la _consolation_ (Argot des camelots).
=MAZAGRAN=: Café servi dans un verre.
Par abréviation on dit un _mazag_ (Argot du peuple).
=MEC= pour _meg_: Chef, patron, Dieu, le _mec plus ultra_ (Argot des
voleurs).
=MEC À LA COLLE FORTE=: Se dit d’un voleur redoutable, par opposition
au _mec à la mie de pain_.
Voleur de rien (Argot des voleurs).
=MÈCHE=: Les mauvais ouvriers qui voyagent sans cesse demandent
_mèche_ dans les ateliers qu’ils rencontrent sur leur route:
—Y a-t-il _mèche_ de travailler?
_Mèche_ pour _moyen_ (Argot du peuple).
=MÉDAILLE= ou =MÉDAILLON=: =V.= _Pièce de dix sous_.
=MÉDAILLON=: Derrière.
Les joueurs de manille appellent ainsi les as, par corruption de
_manillon_; quelques-uns disent le _merdaillon_ (Argot du peuple). _N._
=MEG DE LA ROUSSE= (Le grand): Le préfet de police (Argot des
voleurs). =V.= _Dabe des renifleurs_.
=MÉLASSE= (Être dans la): Dans la misère jusqu’au cou (Argot du
peuple) =V.= _Purée_.
=MÊLÉ CASS.=: Mélange d’eau-de-vie et de cassis que les ouvriers
boivent le matin sur le zinc pour _tuer le ver_.
On dit dans le peuple:
—Faire ses dévotions à Notre-Dame de Mêlé-Cassis (Argot du peuple).
_N._
=MELET=: Petit, petite (Argot des voleurs).
=MENÉE=: Une douzaine.
—Nous étions une _menée_ pour _ratiboiser_ le _goncier_; pas _mèche_
d’en venir à bout, c’était un _rude lapin_ (Argot des voleurs).
=MENDIGOT=: Mendiant.
D’un petit mendiant on dit qu’il _mendigotte_.
_Mendigot_, changement de finale (Argot du peuple).
=MENER PAS LARGE= (N’en): Être fort mal à son aise.
Mot à mot: _serrer les fesses_ ou n’être pas dans _ses petits papiers_.
Le condamné qui va être exécuté _n’en mène pas large_ (Argot du
peuple).
=MENESSE=: Femme (Argot des souteneurs).
=MENTEUSE=: Langue.
On dit par opposition d’une langue d’animal:
—Allons manger une langue qui n’a jamais _menti_.
Parce qu’elle ne parle pas (Argot du peuple).
=MENOUILLE=: Monnaie (Argot du peuple).
=MENTON DE GALOCHE=: Menton qui avance comme celui du classique
Polichinelle.
On dit de celui ou de celle qui possède un menton semblable qu’il fait
carnaval avec son nez (Argot du peuple).
=MÉQUARD=: Commandant d’une bande de voleurs (Argot des voleurs).
=MERCE=: Pour _merci_ (Argot des voleurs).
=MERDAILLON=: Moins que rien, une _sous-merde_ (Argot du peuple).
=V.= _Avorton_.
=MERDE=: À bout d’argument, dans le peuple, on dit:
—_Merde_, est-ce français?
C’est-à-dire: Me comprends-tu?
Ce à quoi on répond:
—Goûtes tes paroles.
—Tu peux te retourner et te mettre à table.
—S’il pleuvait de la merde et que chacun en ait suivant son grade,
t’en aurais un rude paquet, car tu es le colonel des imbéciles (Argot
du peuple). _N._
=MÈRE AU BLEU=: La guillotine. Les voleurs veulent faire croire que
c’est le chemin du _ciel_. _A. D._
Pas du tout, c’est parce que le condamné n’y voit que du _bleu_ (Argot
des voleurs).
=MÈRE D’OCCASION=: Les mendiantes louent à des industriels du quartier
Mouffetard des petits enfants qu’elles traînent dans les rues pour
exciter la charité publique.
Ces enfants changent chaque jour de _mère_; de là, _mère d’occasion_
ou de rencontre (Argot du peuple). _N._
=MERLAN= (Rouler des yeux de merlan frit).
Homme langoureux et timide qui, n’osant adresser la parole à une
femme, la regarde en roulant des yeux (Argot du peuple). _N._
=MERLAN=: Coiffeur perruquier.
Quand le perruquier met de la poudre de riz à son client, il
l’enfarine comme le merlan avant d’être mis dans la poêle à frire
(Argot du peuple).
=MESSE= (Être à la): Quand un ouvrier arrive à l’atelier cinq minutes
après la cloche, la porte est fermée, il perd un tiers ou une demie
journée; il va pendant ce temps boire des canons sur le zinc, l’autel
des pochards; le mastroquet officie.
De là, _aller à la messe_ (Argot du peuple).
=METTRE À L’OMBRE=: Aller en prison.
En effet, on ne craint pas l’ardeur du soleil (Argot du peuple).
=METTRE AU CHAUD=: =V.= _Rouscailler_.
=METTRE DANS LE MILLE=: Réussir une affaire du premier coup.
Terme usité chez les pédérastes; _mille_: _podex_ (Argot du peuple).
=METTRE EN BRINDEZINGUE= (Se): Faire la noce.