=LÂCHER LA RAMPE=: Mourir (Argot des serruriers).
=LÂCHER SON GAZ=: Éternuer bruyamment, par en bas.
Quand cela arrive à quelqu’un dans la rue, les gamins lui disent:
—Dieu vous bénisse! (Argot du peuple). _N._
=LÂCHER UNE TUBÉREUSE=: Pet foireux qui répand une odeur qui ne
rappelle pas précisément la rose (Argot du peuple).
=LÂCHER UNE SOURNOISE=: Vesser en sourdine.
Pet avorté (Argot du peuple).
=LACHETON=: Diamant de vitrier (Argot du peuple). =V.= _Lachard_.
=LAFFE=: Soupe.
On dit aussi: _mouise_, _tambouille_.
Les maçons disent _mortier_, parce qu’ils empilent du pain dans le
bol tant qu’il en peut tenir, ce qui forme une pâtée épaisse qui
ressemble à du _mortier_ (Argot du peuple). _N._
=LAISSEZ PISSER LE MÉRINOS=: Ne vous tourmentez pas, laissez marcher
les choses, elles vont bien.
Autrefois on disait: _Laissez pisser le mouton_, ce qui est absolument
la même chose (Argot du peuple).
=LAISSER TOMBER UNE PERLE=: Ces _perles_-là ne pourraient guère se
mettre aux oreilles des dames car elles n’ont pas le parfum de celles
de la gazelle (Argot du peuple). =V.= _Pousser sa moulure_.
=LAIT À BRODER=: Encre.
Dans les prisons, quand le _lazagneur_ écrit une lettre pour un
camarade, il dit qu’il se sert du _lait à brodancher_ pour attendrir
celui à qui on écrit.
_Brodancher_ pour _broder_.
_Encre_ est ici une figure, car souvent c’est le _lait_ qui en sert.
Dans les prisons on sait que toutes les lettres des détenus adressées
à des parents ou à des amis passent par le greffe.
Le greffier ou le directeur lit la lettre et si elle ne contient rien
de contraire au règlement il la vise par ce signe: =V.=
Le plus grand souci des prisonniers est d’éviter cette formalité
gênante surtout si la lettre est adressée à un complice.
Alors ils emploient le _lait_ pour écrire entre les lignes écrites à
l’_encre_.
Pour cela il faut du _lait_ écrémé et du papier non glacé, parce que
l’écriture serait grasse, brillante et la supercherie serait apparente.
Pour faire apparaître l’écriture il suffit de frapper fortement la
lettre avec un chausson plein de poussière; la poussière s’attache aux
caractères qui deviennent lisibles.
Autrefois dans les prisons on se servait d’oignons, mais le truc fut
découvert, on n’en vend plus dans les cantines, tandis que l’on y
trouve du _lait_ (Argot des voleurs). _N._
=LAMPISTRON=: Lanterne.
Vient de _lampiste_, c’est le mot déformé (Argot des voleurs). =V.=
_Brulotte_. _N._
=LANCE=: Eau, pluie.
—Il tombe de la _lance_ à ne pas mettre un chien dehors.
Le peuple a emprunté ce mot à l’argot des voleurs.
=LANCIER DU PRÉFET=: Balayeur.
Allusion au long manche du balai qui ressemble à celui de la lance des
lanciers (Argot du peuple).
=LANGUE DE CHAT=: Petit morceau de savon très mince, en forme de
_langue de chat_, que les vagabonds portent constamment dans leur
poche.
On nomme aussi _langue de chat_, une sorte de petit gâteau sec que
l’on mange en buvant du thé (Argot du peuple). _N._
=LANSQUAILLER=: Faire ses besoins.
Je viens de mettre dans un trou rond
Ce qu’un jour avec impudence
Le ministre Thiers sur un balcon
Fit voir aux citoyens de France.
Ce quatrain est de Gérard de Nerval (Argot des voleurs).
=LANSQUINE=: Eau, pluie (Argot du peuple). =V.= _Lance_.
=LANSQUINER=: Pleuvoir.
—Il _lansquine_ à torrent.
_Lansquiner des chasses_: Pleurer.
La pluie tombe des yeux (Argot du peuple).
=LANSQUINEUR=: Petit mendiant qui fait semblant de pleurer à chaudes
larmes sur la voie publique pour attendrir les passants (Argot du
peuple).
=LANTERNER=: Faire une chose mollement, accomplir un travail à regret:
_lanterner_ pour l’achever.
_Lanterner_: synonyme de _muser_ (abréviation de s’_amuser_). Marcher
comme un chien qu’on fouette (Argot du peuple).
=LANDIER=: Employé de l’octroi.
Autrefois, lorsque la foire du _landit_ battait son plein, toutes
les marchandises devaient payer un droit fixe, des employés étaient
préposés pour le percevoir; les fraudeurs nombreux les nommaient les
_landiers_.
Dans le peuple, on dit des _gabelous_, en souvenir de la _gabelle_
(Argot du peuple).
=LANDIÈRE=: Boutique de marchand forain.
Ce mot est également un souvenir de la célèbre foire du _landit_
où les escholiers de la rue du Fouarre allaient en procession
s’approvisionner de papier.
Une chronique du temps dit que la tête de la colonne était à la
Plaine-Saint-Denis, alors que la queue était encore sur le parvis
Notre-Dame (Argot des forains).
=LANTIPONNER=: Synonyme de _rasoir_ et de _bassinant_.
Généralement, les concierges passent leur temps à _lantiponner_,
c’est-à-dire à bavarder (Argot du peuple).
=LAPIN= (En poser un): Promettre cinq louis à une fille, ne pas les
lui donner et lui faire son mouchoir.
Faire attendre quelqu’un dans la rue par dix degrés de froid (Argot
des filles). _N._
=LAPIN FERRÉ=: Gendarme à cheval (Argot des voleurs).
=LAPIN= (Un rude): Homme fort, un risque tout, en tout et en toutes
choses.
Dans le peuple, une femme dit:
—Mon homme est un rude _lapin_ (Argot du peuple). _N._
=LAPIN DE COLLIDOR=: Domestique.
Quand une femme vient aux halles accompagnée d’un _larbin_, les
marchandes, en remettant les achats au domestique pour les porter à la
voiture, lui disent:
—Tiens, mon vieux _lapin de collidor_ (Argot du peuple). _N._
=LAPINEUR=: Genre de vol accompli par le conducteur d’omnibus qui
_oublie_ de sonner les voyageurs.
_Lapineur_ vient sans doute du nom du voyageur, qu’on désignait jadis
sous le nom de _lapin_ (Argot des voleurs).
=LARBIN=: Domestique (Argot du peuple).
=LARBINIER=: Complice qui se déguise en domestique pendant que le
_cambrioleur_ opère.
C’est le _larbinier_ qui va préalablement en reconnaissance pour
préparer le vol (Argot des voleurs).
=LARD= (Vieux): Terme de mépris employé pour qualifier les vieilles
rouleuses.