C’est une corruption de _bernique_ (Argot des voleurs). _N._

=BRICULE=: Officier de paix (Argot des voleurs).

=BRIDE=: Chaîne de montre.

Elle _bride_ le gilet (Argot des voleurs). =V.= _Cordelettes_.

=BRIDOUX=: Fou (Argot des voleurs).

=BRIFFE=: Pain (Argot des voleurs). =V.= _Bricheton_.

=BRIFFER=: Manger.

Vient de _briffe_ (Argot du peuple).

=BRIGEANT=: Cheveux (Argot des voleurs). =V.= _Alfa_.

=BRIGEANTE=: Perruque.

On dit aussi _réchauffante_, en effet, elle préserve les cheveux du

froid (Argot des voleurs). _N._

=BRIGNOLET=: Pain (Argot du peuple). =V.= _Bricheton_.

=BRILLARD=: Pièce de vingt francs.

Elle brille (Argot des voleurs). =V.= _Sigues_.

=BRINGUE=: Grande femme haute en jambes.

Quand elle est mal _ficelée_ mal habillée, c’est une _bringue_ (Argot

du peuple). =V.= _Asperge montée_.

=BRISEURS=: Bande noire.

Cette bande est composée de plusieurs Auvergnats qui achètent des

marchandises neuves et qui les _brisent_ pour les revendre ensuite à

la ferraille comme marchandises d’occasion (Argot des voleurs).

=BROCHET=: Marlou, souteneur (Argot du peuple). =V.= _Barbillon_.

=BROQUE=: Un sou (Argot des voleurs).

=BROQUILLE=: Minutes (Argot des voleurs).

=BROQUILLEURS=: Les voleurs qui portent ce nom pratiquent _le vol à

l’étiquette_.

Ce vol consiste à faire fabriquer des bagues en _toc_ ornées de

pierres fausses et à les substituer adroitement aux vraies dans les

écrins que montrent les bijoutiers aux faux acheteurs (Argot des

voleurs). _N._

=BROUILLÉ AVEC LE DIRECTEUR DE LA MONNAIE=: N’avoir pas le sou (Argot

du peuple). =V.= _Les toiles se touchent._

=BROUILLOTTE=: La nuit (Argot des voleurs). =V.= _Brunette_.

=BRÛLÉ=: Affaire manquée.

Se dit plus communément d’un agent chargé d’une surveillance,

lorsqu’il est _éventé_ par le surveillé il est _brûlé_.

On _brûle_ également une carte vue par les joueurs (Argot des

voleurs).

=BRÛLE-GUEULE=: Pipe dont le tuyau est très court.

En fumant, la pipe vous _brûle la gueule_ (Argot du peuple). =V.=

_Bouffarde_.

=BRÛLER LE PÉGRIOT=: Faire disparaître les traces d’un vol (Argot des

voleurs).

=BRÛLOTTE=: Lanterne (Argot des voleurs).

=BRUNETTE=: La nuit (Argot des voleurs). =V.= _Brouillotte_. _N._

=BÛCHE=: Imbécile.

Borné, bête, grossier comme une bûche.

_Bûche_: une figure, dame, roi ou valet, qui ne compte pas au jeu de

baccara (Argot des voleurs).

=BÛCHER=: Travailler.

—Je suis dans mon _dur_, je _bûche_ ferme.

(Argot du peuple).

=BÛCHER=: Frapper fort, allusion au bûcheron.

_Bûcher_(se): Se battre avec acharnement.

_Bûcher le bouleau_: attaquer avec énergie une pièce de bois (Argot

des sculpteurs). _N._

=BUREAU DES PIEDS=: Salle du Dépôt de la Préfecture de Police où M.

Bertillon fait passer les détenus à la mensuration pour reconnaître

leur identité (Argot des voleurs). _N._

=BURETTE=: Visage (Argot des voleurs). _N._

=BURLINGUE=: Bureau.

J’ai été au _burlingue_ du _quart_ (Argot des voleurs).

=BUQUER=: Voleurs qui dévalisent dans les boutiques sous le prétexte

de demander de la monnaie (Argot des voleurs).

=BUTTE= (Monter à la): Quand l’échafaud avait treize marches, cette

expression était juste, aujourd’hui qu’il est de plein-pied, elle n’a

plus de raison d’être (Argot des voleurs).

=BUTTER=: Tuer (Argot des voleurs).

C

=ÇÀ= (Il a de): Se dit de quelqu’un qui possède beaucoup d’argent.

Les filles, pour vanter les agréments d’un homme, disent: _Il a de

çà_; mais ce n’est pas d’argent qu’il s’agit (Argot du peuple).

=CABASSEUR=: Cancanier ou cancanière (Argot du peuple).

=CABASSER=: Bavarder sans cesse à tort et à travers (Argot du peuple).

=CABESTAN=: Officier de paix.

Il fait virer ses sous-ordres (Argot des voleurs). =V.= _Bricule_.

=CABOCHE=: Tête (Argot des voleurs).

=CABOMBE=: La chandelle.

Quelques-uns écrivent _calombe_ ou _calbombe_; le vrai mot est

_cabombe_ (Argot du peuple).

=CABOT=: Chien (Argot du peuple). =V.= _Alarmiste_.

=CABOT FERRÉ=: Gendarme.

Allusion aux clous qui garnissent les semelles de bottes des gendarmes

(Argot des voleurs). =V.= _Hirondelle de potence_.

=CABOT=: Chien du commissaire de police.

Par abréviation on dit simplement le _cabot du quart_ (Argot du

peuple).

=CABRIOLET=: Corde de boyau de chat, ou forte ficelle de fouet,

terminée par deux chevilles.

Les gardes et les agents passent le _cabriolet_ au poignet des

prisonniers pour prévenir les évasions et empêcher les récalcitrants

de se révolter.

(Argot des voleurs).

=CABOULOT=: Cabaret de bas étage.

Brasserie où les consommateurs sont servis par des femmes.

_Caboulot_ n’est pas juste, on devrait dire _maison tolérée_.

Cette expression a pour berceau le quartier latin (Argot du peuple).

=CACHALOT=: Femme qui a des aptitudes spéciales.

Elle rend par le nez ce qu’elle a avalé par la bouche (Argot des

filles). _N._

=CACHE-FRINGUES=: Armoire (Argot des voleurs). _N._

=CACHET DE M. LE MAIRE=: Tache à la chemise, derrière, ce qui indique

l’oubli du papier traditionnel (Argot du peuple).

=CADENNE=: Chaîne de montre.

Quelques-uns écrivent _cadelle_, mais c’est bien _cadenne_, car on

appelait ainsi la grande _chaîne_ de forçats qui autrefois partaient

de Bicètre pour les bagnes de Brest ou de Toulon.

Cette expression est restée (Argot des voleurs).

=CADET=: Le postérieur.

—Viens ici, bibi, que je torche ton petit _cadet_.

—Tu as une figure qui ressemble à mon _cadet_ (Argot du peuple).

=CADETS=: Outils de voleurs (Argot des voleurs). =V.= _Agobilles_.

=CADRAN SOLAIRE=: Le derrière.

Allusion à sa forme ronde.

Cette expression vient du _Pont cassé_, pièce représentée au théâtre

Séraphin, au Palais-Royal.

Nicolas, le comique de la troupe de marionnettes, répondait à

l’officier, le jeune premier, qui lui demandait l’heure, en lui

montrant son _derrière_.

En même temps il lui chantait:

Voilà le _cadran solaire_,

Tire lire, lire....

(Argot du peuple).

=CAFARD=: Individu qui affecte des dehors religieux.

Hypocrite qui n’en croit pas un traître mot et exploite la crédulité

publique.

_Cafard_ est employé comme terme de mépris (Argot du peuple). _N._

=CAFARD=: Ouvrier qui, dans les ateliers, capte la confiance de ses

camarades pour rapporter aux patrons ce qu’ils pensent et ce qu’ils

disent (Argot du peuple). _N._

=CAFARDE=: La lune (Argot des voleurs). =V.= _Moucharde_.

=CAFARDER=: Moucharder, dénoncer (Argot du peuple). _N._

=CAFIOT=: Mauvais café fait avec de la chicorée ou avec des résidus

de vieux marc de café déjà épuisés (Argot du peuple). =V.= _Jus de

chapeau_.

=CAILLOU=: Tête.

Il a rien un sale caillou (Argot du peuple).

=CAISSE D’ÉPARGNE=: Le marchand de vin.

C’est là, en effet, que les ouvriers placent non seulement leurs

économies, mais souvent l’argent de la paie (Argot du peuple). _N._

=CALANCHER=: Mourir.

Pour indiquer qu’un objet n’est pas d’aplomb, on dit: il _calanche_

(penche) à droite ou à gauche (Argot du peuple).

=CALEBASSE=: Seins.

Se dit quand les malheureux sont sans consistance, qu’ils pendent et

se _répandent_ (Argot du peuple).

=CALÈCHE DU PRÉFET=: Le panier à salade qui transporte les voleurs des

postes de police au Dépôt de la préfecture (Argot des voleurs).

=CALENDRINER SUR LE SABLE=: Être dans une misère noire (Argot des

voleurs).

=CALER=: On _cale_ un meuble avec un coin de bois.

Un homme riche est _calé_.

Les typographes emploient cette expression pour dire qu’ils attendent

de la copie, ils _calent_ (Argot du peuple).

=CALER LES JOUES=: Bien boire et bien manger.

Allusion aux joues qui gonflent lorsqu’elles sont pleines (Argot du

peuple).

=CALIBORGNE= ou =CALIBORGNON=: Borgne (Argot des voleurs). =V.=

_Guigne à gauche_.

=CALOQUET=: Chapeau (Argot du peuple). =V.= _Bloum_.

=CALOTS=: Les yeux mauvais.

_Calots_ à la manque (Argot des voleurs).

=CALOT=: Grosse bille avec laquelle les enfants jouent, à la

_poucette_ (Argot du peuple).

=CALTER=: S’en aller.

_Calter_ est synonyme de _débiner_; on dit à quelqu’un en danger:

_calte_ au plus vite ou bien _débine_-toi (Argot du peuple).

=CAMARDE=: La mort.

Mais si la _grive_,

Parfois arrive,

Pour nous _servir_,

Nous _suivre_ ou nous _courir_,

Cont’ la _camarde_,

Toujours en garde,

On a bien soin,

De jouer du _surin_.

(_Romance du Pegre_).

(Argot des voleurs).

=CAMARLUCHE=: Camarade (Argot du peuple).

=CAMAROS=: Même signification. Même argot.

=CAMBOLA=: Faux épileptique (Argot des voleurs). =V.= _Battre un

dig-dig_.

=CAMBRIOLEUR=: Vol à la _cambriotte_.

Ce vol fut célébré par B. Maurice:

Travaillant d’ordinaire,

La _sorgue_ dans _Pantin_,

Pour mainte et mainte affaire,

Faisant très bon _chopin_.

Ma gente _cambriotte_.

_Rendoublée_ de _camelotte_,

De la _dalle_ au _flaquet_,

Je vivais sans disgrâce,

Sans _regout_ ni _morace_,

Sans _taf_ et sans regret.

Le _quart-d’œil_ lui _jabotte_:

_Mange_ sur tes _nonneurs_;

Lui tire une carotte,

Lui montrant la _couleur_.

L’on vient, l’on me _ligotte_,

Adieu, ma _cambriotte_,

Mon beau _pieu_, mes _dardants_.

Je monte à la _Cigogne_.

On me _gerbe_ à la _grotte_,

Au _tap_ et pour douze ans[1].

[1] La traduction de toutes ces expressions est dans le _Dictionnaire_.

=CAMBROUSIER=: Escarpe qui vole tout ce qui lui tombe sous la main on

parcourant la France.

Ce nom lui vient de ce qu’il opère dans les _cambrousses_ (maison)

(Argot des voleurs).

=CAMBUSE=: Maison qui ne tient pas debout, bâtie avec de la boue et du

crachat.

_Cambuse_: cabaret où l’on sert mal et de mauvaise marchandise (Argot

du peuple).

=CAMBUSIER=: Le maître de la _cambuse_.

_Cambusier_: qui tient la cantine au bagne ou à bord (Argot du peuple).

=CAMELOTTE=: Marchandise.

Pour qualifier quelque chose d’inférieur on dit: c’est de la

_camelotte_ (Argot du peuple).

=CAMOUFLE=: Chandelle (Argot du peuple). =V.= _Cabombe_.

=CAMOUFLER= (se): Changer de costumes et de physionomie afin de n’être

pas reconnu (Argot des souteneurs et des agents de la Sûreté).

=CAMOUFLER=: Réparer.

On _camoufle_ un décor (Argot des artistes).

=CANAPÉ=: Femme copieusement douée du côté des fesses.

Le mot est en usage chez les pédérastes qui ne recherchent pas cet

avantage du côté féminin (Argot des voleurs).

=CANARD=: Mauvais journal.

Quand un journal est mal rédigé, mal imprimé, pas même bon pour

certain usage, car le papier se déchire, c’est un _canard_ (Argot du

peuple et des journalistes).

=CANARD=: Terme de mépris employé dans les ateliers vis-à-vis d’un

mauvais camarade.

—Bec salé, c’est un sale _canard_ (Argot du peuple). _N._

=CANARD=: Nouvelle fausse ou exagérée.

Ce système est employé par certains journaux aux abois.

On pourrait en citer cinquante exemples depuis les écrevisses

mises par un mauvais plaisant dans un bénitier de l’église

Notre-Dame-de-Lorette et qui retournèrent à la Seine en descendant par

les ruisseaux de la rue Drouot; jusqu’au fameux _canard_ belge.

Un huissier à l’aide d’une ficelle pêcha vingt _canards_ qui

s’enfilèrent successivement, comme Trufaldin dans les _Folies

Espagnoles_ de Pignault Lebrun, il fut enlevé dans les airs, mais la

ficelle se cassa et il tomba dans un étang où il se noya.

Ce _canard_ fit le tour du monde arrangé ou plutôt dérangé par chacun,

il y a à peine quelques années qu’il était reproduit par un journal,

mais la fin était moins tragique, l’huissier était sauvé par un membre

de la Société des Sauveteurs à qui on décernait une médaille de 1^re

classe.

Pour sauver un huissier on aurait dû lui fourrer dix ans de prison

(Argot du peuple).

=CANARDER SANS FAFFS=: Braconner sans port d’armes (Argot des voleurs).

=CANASSON=: Vieux cheval hors de service.

On appelle aussi les vieillards: _canasson_ (Argot du peuple). =V.=

_Gaye_.

=CANFOUINE=: Domicile (Argot des voleurs).

=CANICHE=: Ballot à oreilles.

Dictionnaire d'argot fin-de-siècle · 第 45 / 165 题