CLARKE À OUDINOT.

Paris, 25 juin.

«M. le Maréchal, j'ai eu l'honneur de faire connaître à Votre

Excellence, par ma lettre du 23 courant, les intentions de

l'empereur, relativement aux forces que vous devez réunir à Utrecht

et je vous ai prévenu que Sa Majesté se proposait de vous envoyer

des ordres sur la conduite que vous auriez à tenir; je viens

aujourd'hui vous les transmettre.

«Aussitôt que vous aurez réuni à Utrecht assez de troupes pour

marcher sur Amsterdam, vous voudrez bien écrire au chargé d'affaires

de Sa Majesté l'empereur, que les troupes françaises ayant été

insultées, et les portes d'Harlem leur ayant été fermées, vous

demandez réparation de cette offense.

«Que les Aigles françaises peuvent aller dans tous les pays amis et

alliés;

«Que, depuis 15 ans, les troupes françaises ont constamment pu

parcourir toutes les parties de la Hollande;

«Que le traité ne fait exception d'aucun point; que c'est donc un

outrage gratuit que les Hollandais ont fait aux troupes françaises;

«Que l'empereur y a été très sensible et a ordonné que de nouvelles

forces entrassent en Hollande.

«Vous ferez observer en outre que vos instructions ne vous

prescrivaient point d'occuper Amsterdam, où vous n'aviez rien à

faire, mais, que le défi porté aux troupes françaises, en leur

fermant les portes, les intrigues anglaises, tendant à armer les

Hollandais contre les Français, ont provoqué l'ordre que vous avez

reçu de vous présenter devant les portes d'Amsterdam; que c'est aux

Hollandais à voir s'ils veulent nous traiter en amis et alliés, ou

en ennemis; s'ils veulent se livrer aux conseillers perfides qui

s'agitent autour du roi pour perdre leur pays.

«L'empereur veut que vous vous arrangiez de manière à être devant

Amsterdam deux jours après l'envoi de votre lettre au chargé

d'affaires de France.

«Sa Majesté me charge encore de vous dire, qu'il n'y a qu'un moyen

pour la ville d'Amsterdam de prévenir tout embarras; c'est de

recevoir les troupes françaises en triomphe et de leur donner une

fête qui fasse disparaître toutes les acrimonies; l'empereur ne

voulant souffrir dans aucun pays, qu'on ait l'air de repousser et

d'insulter les troupes françaises.

«Vous voudrez bien me faire connaître, en réponse, les dispositions

que vous aurez prises pour l'exécution des ordres de Sa Majesté.»

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 309 / 358 题