LAROCHEFOUCAULD À CADORE.

Amsterdam, 8 mai.

Je prie Votre Excellence de vouloir bien, lorsque l'occasion s'en

présentera, parler à l'empereur du décret du 16 octobre qui

interdit en France l'entrée de toutes les denrées coloniales venant

de la Hollande. Ce décret, indépendamment qu'il affecte beaucoup le

roi, nuit essentiellement au commerce de ce pays, qui ne trouve pas

de débouché pour les objets qu'il a encore en magasin. Il a de plus

l'inconvénient d'habituer les Hollandais à un commerce de

contrebande qui s'établit du côté du grand-duché de Berg.

J'ai de plus la certitude qu'il serait très agréable au roi que

l'empereur reconnût, et, plus encore, portât, ne fût-ce qu'un

instant, l'ordre que Sa Majesté a fondé. Si Votre Excellence pouvait

être autorisée à m'écrire quelques mots à ce sujet, je crois que

cela ferait grand plaisir au roi.

Le roi s'occupe maintenant à mettre la Zélande en état de défense.

Sa Majesté avait donné ordre que l'on désarmât l'île de Gorée; mais

sur les représentations qui ont été faites au roi, Sa Majesté a

rapporté cette décision, et la batterie de Borschin, jugée une des

plus importantes de la Zélande, vient d'être augmentée. Le colonel

Domrat, aide-de-camp du roi, commande le génie dans cette partie de

la Hollande.

Les camps ne sont pas encore établis. Les troupes sont cantonnées

dans les environs de Naarden et de Wesesp, c'est-à-dire très près

d'Amsterdam. Le général Tarayre est toujours destiné à commander le

camp qui doit être de 25,000 hommes. La division hollandaise qui

était à Brême, Hambourg, etc., est en marche pour se rendre à

Goettingue. Elle n'a laissé qu'environ 3,000 hommes pour garder les

positions qu'elle occupait.

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 237 / 358 题