Amsterdam, 30 avril.
Les affaires continuent à suivre une bonne direction, et je commence
à croire que véritablement l'intention du gouvernement hollandais
est changée. Le roi envoya hier à son ministre des affaires
étrangères le décret relatif à la sortie et à l'entrée des
marchandises indiquées dans ce décret. Il lui enjoignait de me le
communiquer; une fois le principe admis, je crois que la rédaction
des articles doit prévenir tous les abus.
N'ayant reçu aucune réponse de Votre Excellence au sujet de ce
décret, je dois supposer que S. M. impériale et royale y donne son
assentiment. Je n'ai donc pas cru devoir discuter le principe, mais
prendre simplement toutes les précautions possibles pour que le
système général de l'empereur ne souffre aucune atteinte. J'ai lieu
d'espérer que le gouvernement hollandais sera sévère, qu'il punira
de la manière la plus forte toute espèce de fraude. Je lui ai fait
entendre qu'il était indispensable pour le bien du commerce que
cette sévérité ne souffrît aucune exception, et je crois l'avoir
persuadé.
Le roi, par un décret du 2 de ce mois, vient de séparer
l'administration des douanes du ministère des finances.
Sa Majesté a nommé M. Van Meuwen, conseiller d'État dans la section
des finances, son administrateur général des douanes. M. Van Meuwen
est du Brabant. L'opinion générale me paraît être qu'il mettra du
zèle et de l'exactitude dans ses fonctions. Quant à ses moyens, ils
sont peu connus, du moins des personnes à qui j'en ai parlé. Je sais
de la manière la plus positive que ce décret du roi a été pris dans
l'intention d'entrer dans les vues de l'empereur et que Sa Majesté
l'a décidé sans en parler à ses ministres; celui des finances n'en
ayant été informé que lorsque le nouveau directeur général des
douanes est venu lui porter la lettre du roi qui lui annonçait sa
nomination.
Sa Majesté est attendue aujourd'hui pour dîner. Demain, il y a bal à
la cour, et, dans peu de jours, je crois que le roi ira en Zélande
et retournera à Utrecht.