WERHUELL À ROËLL.

Paris, 3 février 1809.

La situation déplorable de la Hollande est connue et appréciée à

Paris.--On voudrait y porter remède pourvu qu'on n'enfreignit pas le

système du blocus.--Il y a d'ailleurs défaut de confiance dans le

gouvernement hollandais. Il faudrait demander quelles sont les

intentions précises de l'empereur sur le blocus.--En se bornant aux

mesures prises en France, on obtiendrait une amélioration réelle. Ce

qu'on a fait en plus a paru illusoire et suspect.--Une convention

fixe devrait stipuler les moyens de surveillance. Il ne pense pas

qu'on se contente d'une surveillance purement hollandaise. On

voudrait y adjoindre sans doute temporairement une inspection

française; à ce prix on pourrait obtenir l'abaissement des tarifs

sur divers objets et faciliter l'échange entre les deux pays.--Le

cabotage pourrait se faire sous protection de bateaux armés.--Il

faudrait dresser une liste d'objets sur lesquels porterait

l'abaissement des tarifs, pour les présenter dans un mémoire étendu

sur la situation de la Hollande.--Le point délicat est l'inspection

française de la surveillance; mais il croit qu'il n'y a rien à faire

sans cela.

Cette dépêche étant parvenue au roi par l'entremise de son ministre

des affaires étrangères, Sa Majesté écrivit au-dessous:

Amsterdam, 20 février 1809.

Nous renvoyons le rapport ci-joint à notre ministre des affaires

étrangères pour répondre au maréchal Werhuell de donner la note

diplomatique d'après laquelle il a fait sa dépêche, parce qu'il

m'est impossible de croire que le maréchal soit assez jeune homme

pour ne pas sentir que ce n'est pas dans ce sens qu'on doit écrire.

Quelle que soit son opinion, c'est la nôtre qu'il doit embrasser.

Il est là pour la faire valoir et la défendre, et pour ne jamais

donner tort à son pays, quelque chose qui s'y fasse. Notre ministre

susdit lui fera connaître de plus que nous avons particulièrement

marqué la phrase: _Car Sa Majesté l'empereur ne souffrira pas qu'on

se serve, etc._, phrase qui peut appartenir au ministre de

l'empereur de dire, mais qui n'appartient à qui que ce soit d'autre

de nous adresser, et principalement à un Hollandais, quand cela

vient de notre ambassadeur, cela nous paraît tout à fait

incompréhensible.

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 226 / 358 题