Paris, 26 août.
J'ai reçu votre dépêche du 18 août, nº 27. Je vois avec satisfaction
que vous avez heureusement terminé l'affaire des deux prises
conduites à Helvoët-Huyr, et avec regret que le roi ait l'intention
d'insister désormais sur le principe même qui avait fait naître la
difficulté. Je sens bien tout l'inconvénient qu'il y aurait à
admettre ce principe et c'est ce que vous devez vous garder de
faire. Mais il y a de plus pour le combattre des raisons solides. Si
la Hollande était neutre, elle aurait en cette qualité des
obligations pour lesquelles le droit qu'elle réclame lui pourrait
être nécessaire. Mais elle est alliée de la France et son alliée à
perpétuité, son alliée envers et contre tous. Non seulement les deux
pays ont les mêmes amis et les mêmes ennemis, mais dans l'un et
l'autre les règlements concernant la navigation des neutres sont
entièrement et parfaitement les mêmes. La nature des choses veut
donc que lorsqu'il s'agit, soit de poursuivre l'ennemi commun, soit
d'empêcher les prévarications des neutres, les deux territoires,
quoique distincts, soient considérés comme un seul et même; et,
comme il ne peut être dans l'intention du gouvernement de Hollande
de protéger ses propres ennemis, il est évident qu'il ne peut
empêcher les opérations des armateurs français et vouloir les
enlever à leurs juges naturels, sans aller lui-même contre ses vues
autant que contre son intérêt. Telles sont les considérations que
vous aurez à faire valoir lorsque l'occasion s'en présentera.
Des deux offres qui ont été faites relativement aux papiers anglais,
je n'accepte que celles qui regardent les gazettes. Je vous prie de
vouloir bien donner vos soins à me les procurer avec exactitude.
Vous pouvez, comme vous le proposez et si vous le jugez utile, les
envoyer par exprès à Anvers. Toutes les avances que vous aurez
faites pour cet objet vous seront remboursées à votre première
demande.