Amsterdam, 18 août.
Je me suis rendu le 15 de ce mois à la chapelle du roi où j'ai
entendu la messe et ensuite le _Te Deum_ chanté pour la fête de
l'empereur. Le roi y a assisté; mais la cour n'était pas en grande
cérémonie, et le service ordinaire était simplement présent. Le roi
a travaillé avec ses ministres dans la matinée. J'ai ensuite donné
un grand dîner à tous les ministres du roi, aux grands officiers du
royaume et du palais, aux premiers fonctionnaires publics, civils et
militaires, et à tout le corps diplomatique. De toutes les personnes
qui entourent le roi, M. le maréchal de Brac et M. de Heckeren,
grand veneur, se sont seuls rendus à mon invitation. Au dessert, le
ministre des affaires étrangères a, d'après l'offre que je lui en ai
faite, porté le toast de l'empereur et y a joint l'expression de son
désir que S. M. impériale et royale veuille bien penser au bonheur
de sa patrie. Tout le monde était obligé de se rendre de très bonne
heure à la cour, ce qui m'a forcé de réunir en un seul toast: au
roi, à la paix maritime et au bonheur de la Hollande.
Quant aux gazettes anglaises, je n'avais pas été plus loin avant
d'avoir la réponse de Votre Excellence; mais hier j'ai pris de plus
amples informations. On m'offre les papiers, les notes des
ministères, les ordres donnés dans les différents ministères, etc.;
mais pour cela l'on demande près de 3,000 fr. par mois; pour les
gazettes seulement moitié, ou un peu plus. Alors deux fois par
semaine vous pourriez les recevoir, et je les enverrais par exprès
jusqu'à Anvers, pour que cette correspondance fût à l'insu du
gouvernement hollandais qui pourrait bien l'empêcher. Je ne
paraîtrais nullement, et Votre Excellence peut s'en rapporter à ma
prudence et être sûre que je ne ferais rien qui puisse blesser le
moins du monde le système général. Répondez-moi, je vous en prie, le
plus promptement possible en m'indiquant la latitude que je puis
prendre.