Paris, 20 juillet.
Les circonstances actuelles de l'Europe et les liens étroits qui
unissent la Hollande à la France, joints à la haute bienveillance
dont Sa Majesté l'empereur honore son auguste frère le roi, mon
maître, ont naturellement fait naître dans le coeur de tout bon
Hollandais le désir de voir son pays partager les nouveaux liens qui
rapprochent d'autres États encore plus intimement de la France.
Lorsque la Hollande confia ses destinées au monarque chéri qui la
gouverne, elle voulut, en croyant assurer par là son intégrité, son
indépendance et son bonheur, prouver à la fois d'une manière
éclatante sa vive affection pour la France et son profond respect
pour le plus magnanime des monarques de l'univers. Constamment
animée de ces sentiments et fortement pénétrée de tout ce qu'elle
doit à l'alliance sacrée qui l'unit au peuple français, la Hollande
serait flattée d'en resserrer encore les liens, et l'on se persuade
d'atteindre ce but, si S. M. impériale et royale daignait regarder
comme un nouvel hommage de dévouement à son auguste personne le
désir de voir le royaume de la Hollande admis dans la confédération
du Rhin.
Le poste éminent et honorable que Votre Excellence occupe auprès de
Sa Majesté la met plus que personne à même de savoir si l'expression
officielle de ce voeu de mon souverain ne déplairait point à
l'empereur. J'attacherais beaucoup de prix à être instruit par Votre
Excellence des intentions bienveillantes de S. M. l'empereur et roi
à cet égard, et je m'estimerais très heureux si j'avais l'honneur
d'être choisi par mon souverain pour être auprès du magnanime
protecteur de la Confédération rhénane l'organe d'une demande
inspirée par le respect, la reconnaissance et un amour sans bornes.
Me reposant sur la noblesse de caractère qui illustre Votre
Excellence et qui m'a inspiré depuis longtemps une confiance
illimitée, j'ose la prier de regarder ma demande comme n'ayant pas
été faite, si elle croit qu'elle ne serait pas agréable à S. M.
l'empereur.