Rome, 26 février 1831.
Mon cher frère, aussitôt que M. Bressieux m'a rendu compte de la
position de vos enfants à Spoletto, je n'ai pas balancé à faire une
démarche que vous eussiez faite à ma place pour mes enfants. Je me
suis, sans perdre de temps, rendu chez le pape et le secrétaire
d'État; j'ai été vraiment touché de la manière dont Sa Sainteté et
son ministre ont envisagé la question; ils étaient non seulement au
courant de tout, mais encore m'ont appris que le prince Louis avait
eu la veille un petit engagement à Otricoli, et que le fils du
prince de Canino s'était enfui de la maison paternelle.
J'ai représenté à S. S. que les princes se rendaient au-devant de
leur mère, lorsqu'à Peruggia, ils ont été reconnus et se sont laissé
entraîner par l'enthousiasme populaire, mais sans préméditation de
leur part ni sans plan arrêté, puisqu'ils se trouvent manquer des
objets les plus nécessaires. J'ai prié S. S. de me donner des
passeports pour le baron de Stölting, que j'ai expédié sur-le-champ
avec une lettre pour les princes que vous trouverez ci-jointe, ainsi
que pour les colonels Armandi et Sircognani que je connais
particulièrement. Je fais remettre en même temps aux princes les
fonds nécessaires pour retourner à Florence, ayant appris par M.
Bressieux qu'ils en étaient dépourvus.
J'espère, mon cher frère, avoir rencontré votre approbation en
accomplissant ce que j'ai considéré comme mon devoir, quelle qu'en
puisse être l'issue. Le cardinal a écrit une lettre dont le baron de
Stölting a été également chargé.
Madame, qui est très affligée de ce qui se passe, me charge de vous
dire qu'elle n'écrit pas par ce courrier, mais que sa santé est
bonne.
Le prince Jérôme écrit le même jour à la reine Hortense deux mots
dans le même sens.