JÉRÔME AUX PRINCES NAPOLÉON ET LOUIS.

Rome, 25 février 1831.

Mes chers neveux, cette lettre vous sera remise par le baron de

Stölting, qui vous entretiendra de toute la position actuelle. C'est

avec le plus profond chagrin que j'ai appris qu'envisageant mal

votre position et celle de toute votre famille, vous vous êtes

laissé entraîner au milieu du mouvement. Que dirait l'empereur s'il

pouvait voir ses neveux, destinés à être un jour le soutien de sa

dynastie, payer l'asile que le saint-père accorde à toute sa famille

en s'armant contre ce même souverain et en compromettant ainsi le

sort de ses parents!

Songez, mes chers neveux, au chagrin, à l'affliction de votre père

et mère, de votre respectable grand'mère, si vous persistiez dans

une démarche où un moment d'enthousiasme a pu vous entraîner, mais

que la raison comme la politique vous font une loi d'abandonner.

Je vous en conjure, écoutez la voix d'un vieux soldat et d'un oncle

qui vous aime comme ses propres enfants et qui ne vous conseillerait

pas une démarche contraire à l'honneur ni à votre caractère d'homme.

Songez que ce n'est que de cette manière que vous devez entrer dans

la carrière des armes; le temps viendra peut-être où vous pourrez le

faire avec honneur, et alors, si vous persistiez dans votre

démarche, vous vous ôteriez tout moyen de reparaître un jour sur la

scène politique avec honneur, et vous vous attireriez la malédiction

de vos parents.

Adieu, mes chers neveux, je nourris l'espoir que vous ne vous

refuserez pas à suivre les conseils d'un oncle qui vous chérit

tendrement.

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 180 / 358 题