Rome, 25 février 1831.
Mes chers neveux, cette lettre vous sera remise par le baron de
Stölting, qui vous entretiendra de toute la position actuelle. C'est
avec le plus profond chagrin que j'ai appris qu'envisageant mal
votre position et celle de toute votre famille, vous vous êtes
laissé entraîner au milieu du mouvement. Que dirait l'empereur s'il
pouvait voir ses neveux, destinés à être un jour le soutien de sa
dynastie, payer l'asile que le saint-père accorde à toute sa famille
en s'armant contre ce même souverain et en compromettant ainsi le
sort de ses parents!
Songez, mes chers neveux, au chagrin, à l'affliction de votre père
et mère, de votre respectable grand'mère, si vous persistiez dans
une démarche où un moment d'enthousiasme a pu vous entraîner, mais
que la raison comme la politique vous font une loi d'abandonner.
Je vous en conjure, écoutez la voix d'un vieux soldat et d'un oncle
qui vous aime comme ses propres enfants et qui ne vous conseillerait
pas une démarche contraire à l'honneur ni à votre caractère d'homme.
Songez que ce n'est que de cette manière que vous devez entrer dans
la carrière des armes; le temps viendra peut-être où vous pourrez le
faire avec honneur, et alors, si vous persistiez dans votre
démarche, vous vous ôteriez tout moyen de reparaître un jour sur la
scène politique avec honneur, et vous vous attireriez la malédiction
de vos parents.
Adieu, mes chers neveux, je nourris l'espoir que vous ne vous
refuserez pas à suivre les conseils d'un oncle qui vous chérit
tendrement.