Cassel, 30 janvier 1810.
L'ouverture des États du royaume a eu lieu avant-hier. La cérémonie
a été belle et imposante. Le roi a prononcé le discours du trône
lentement, avec précision et noblesse. Les auditeurs n'en ont pas
perdu une seule parole.
Le discours dont j'ai l'honneur de vous adresser un exemplaire est,
comme me l'assure M. le comte de Furstenstein, entièrement l'ouvrage
du roi, à quelques changements près relatifs seulement au style et
au poli des phrases. Il est certain du moins que ni M. Siméon, ni
aucun autre ministre, ne l'a rédigé, et ceux qui en attribuent la
rédaction à M. de Bruyère assurent que le paragraphe où le roi parle
de la distinction qu'on voudrait faire entre sa personne et entre la
France lui appartient exclusivement.
La manière dont le roi parle de ses relations avec son auguste frère
agrandit le roi lui-même et montre sous le jour le plus vrai et le
plus beau les intérêts de sa personne et ceux de sa politique.
J'ajouterai qu'on m'a assuré que ce que Sa Majesté professe ici
solennellement devant tout son peuple est une maxime que, depuis son
retour de Paris, on lui a entendu répéter souvent dans ses
conversations et pendant le travail de son cabinet.
M. le comte de Furstenstein m'a dit que conformément aux intentions
de Sa Majesté Impériale la réunion du pays de Hanovre à la
Westphalie ne serait point encore annoncée au public. Il m'a dit
aussi que la dette contractée pour l'entretien des troupes
westphaliennes en Espagne était comprise dans les arrangements
conclus à Paris. Néanmoins je n'ai pas manqué de lui adresser copie
de la lettre par laquelle Votre Excellence m'informe que cette dette
monte aujourd'hui à la somme de 581,043 fr. 66 c.