Troupes françaises, 7,990,000

Arriéré du dépar{t} de la guerre pour l'année

passée, 6,000,000

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28,240,000

En y ajoutant les autres dépenses de l'État,

telles que je les ai déjà fait connaître dans

mon nº 19, 24,375,000

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La dépense totale sera de 52,615,000 fr.

Dans les dépenses de la guerre ainsi énoncées, se trouvent comprises

celles de la conscription nouvelle et de la levée des deux nouveaux

régiments.

À l'égard de l'arriéré de 6,000,000 le rapport s'exprime ainsi:

«Quand il serait vrai qu'une partie de ce déficit sera couverte par

un excédant dans les recettes, etc.». Mais d'un autre côté le

général _Eblé_ estime que l'arriéré ira à 7 millions et au-delà.

En évaluant en conséquence l'arriéré de l'État entre 5 et 6

millions, et l'arriéré de la liste civile, tel que je l'ai énoncé

dans mon nº 22, entre 4 et 6 millions, l'arriéré total de l'année

passée sera toujours entre 10 et 12 millions, et rien ne m'autorise,

jusqu'à présent, à me départir de cette estimation. Or, Monseigneur,

les recettes présumées de l'année devant monter au plus à

38,500,000, l'arriéré de l'État pour l'année sera de 14,000,000.

Je reviens au rapport qui a été soumis à Sa Majesté, mais sur lequel

il n'a été et dans les circonstances actuelles il n'a pu être pris

aucune détermination. Ce rapport met en principe que, dans la

proportion des recettes de l'État, les dépenses de la guerre ne

peuvent excéder 13 millions. Il prouve par des faits que, dans le

système allemand, l'entretien de 25,000 hommes ne coûterait que 10 à

11; et que dans le système prussien il ne coûterait que 8 millions.

Il recherche les causes qui augmentent les dépenses pour l'armée

westphalienne, et il indique les moyens de les réduire. Les causes

d'augmentation, il les trouve principalement en ce qu'une armée de

25,000 hommes pour l'entretien et l'administration a été organisée

entièrement sur le pied de l'armée française, qui est de 600,000

hommes; en ce que la garde par son nombre, par ses dépenses et par

son administration séparée, est hors de proportion avec le reste de

l'armée et avec les moyens du royaume (la garde est de 2473 hommes,

elle coûte, selon le rapport, 1,800,000 fr.; les frais de première

mise des deux nouveaux régiments en coûtent autant); en ce que

toutes les fournitures se font par entreprise et rien par économie;

en ce que le matériel et le personnel de l'armée n'étant point

séparés, il n'existe aucun contrôle pour les dépenses, et que les

facultés du ministre de la guerre le plus probe, le plus actif, ne

sauraient suffire à une pareille surveillance, etc., etc. Les moyens

de réduction seraient de rendre le soldat allemand à ses anciens

usages pour le pain, pour l'habillement, pour les masses, de

rétablir surtout l'usage des retenues, ce qui produirait l'épargne

de plus d'un tiers sur la solde.

Le général _Eblé_ pense que la dernière conscription de 7000 hommes

suffira à peine pour remplir tous les cadres, le vide qu'a laissé la

désertion, et les nouveaux corps accessoires devenus nécessaires

pour organiser les deux divisions conformément aux vues de Sa

Majesté I. et R. Sa modestie est telle, que malgré son travail

infatigable, quoiqu'il ne se permette presque pas un seul moment de

distraction, il craint que ses moyens ne soient au-dessous de sa

place; qu'on ne lui fasse ce reproche, et que tandis que ses

camarades vont recueillir de la gloire sous les yeux de l'empereur,

il n'ait à lutter infructueusement dans une situation difficile et

peut-être ingrate. Ce qui l'afflige surtout, c'est qu'il croit

remarquer que le roi n'a pas assez confiance en lui. Je l'ai

rassuré sur tous les points: je lui ai fait sentir qu'au moins le

roi ne lui refuserait pas la confiance de l'estime. Je l'ai consolé

par mon propre exemple, et en effet, Monseigneur, c'est la même

nuance de caractère de Sa Majesté qui, pour le général _Eblé_ et

pour moi, produit les mêmes effets. Elle ne nous empêchera pas de

sentir, d'aimer et d'admirer ses excellentes qualités, et pour ce

qui me concerne personnellement, s'il est certain que plus de

confiance de la part de Sa Majesté me rendrait plus heureux, je dois

dire en même temps que la manière dont la plupart des personnes qui

approchent du jeune monarque se conduisent à mon égard ne me laisse

rien à désirer.

L'affaire de l'emprunt hollandais est terminée. Les deux négociants

sont partis sans me demander de lettres pour M. Lagau. Ils doivent

revenir. Ils devaient fournir sur-le-champ 2 millions d'argent

comptant; ils sont allés chercher un troisième.

M. de Moronville, ministre de Darmstadt près cette cour, est parti

ce matin en congé. Il sera chargé de conduire à l'armée l'un des

fils du grand-duc. Son départ laisse des regrets à ceux qui l'ont

connu.

La police a recueilli plusieurs indices de menées secrètes qui ont

lieu en ce moment, dans une partie de la Westphalie, sous les

auspices de l'ancien électeur. Il y a des émissaires, des affiches,

des promesses pour les militaires qui voudraient quitter le service

de la Westphalie. L'effet de ces manoeuvres est suffisamment

neutralisé par la marche imposante des troupes françaises qui

successivement traversent ce pays. Le 25e régiment d'infanterie et

deux régiments de cuirassiers ont passé par Cassel.

On était à la veille de la singulière aventure du major prussien

Schill et des soulèvements de quelques parties du nouveau royaume.

La police avait vent de quelques trames en cours de préparation,

mais ne tenait nullement le fil de la machination.

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 107 / 358 题