Cassel, 29 mars 1809.
J'ai reçu la dépêche par laquelle Votre Excellence me charge de
donner communication à la cour de Cassel de la disposition que Sa
Majesté impériale a faite du grand duché de Berg, en faveur du fils
aîné de S. M. le roi de Hollande. Je me suis acquitté de cet ordre,
et j'ai adressé une copie de l'acte à M. le comte de _Furstenstein_.
J'ai demandé au général _Eblé_ dans quelle intention le roi avait
ordonné, dans l'état de situation de ses troupes, que le
prince-connétable lui avait demandé, les changements dont j'ai parlé
dans le post-scriptum de mon nº 24. Ce ministre m'a dit que ce
n'était point dans la vue de porter un plus grand nombre d'hommes
effectifs que celui qui existait réellement, mais dans celle de
montrer que son armée entière était, jusqu'aux moindres détails,
organisée sur le modèle français, et en état de marcher.
Les monnaies, Monseigneur, m'amènent naturellement aux finances,
mais ce sera, je l'espère, pour en sortir au moins pour quelque
temps. J'ai trouvé l'occasion de prendre connaissance d'une pièce
authentique et officielle qui ne laisse aucun doute sur le déficit
des finances de l'État. C'est un rapport fait par une commission
spéciale du conseil d'État sur les dépenses de l'armée et sur les
moyens de les réduire à une proportion convenable avec les revenus.
Dans ce rapport, les dépenses de l'armée pour l'année courante sont
évaluées comme suit:
Troupes westphaliennes, 14,250,000 fr.