4º Dette flottante de la liste civile d'après l'autorité
d'un ministre d'État (le général Eblé) (un million);
d'après d'autres renseignements, 500,000
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5,500,000
En y ajoutant la liste civile et supplément, 7,500,000
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Le total sera de 13,000,000 fr.
D'après le même calcul le total du déficit du trésor public et de la
liste civile sera de 11,500,000 fr. à 12 millions.
Il se peut que dans cette évaluation même il y ait encore quelque
double emploi, et que, par exemple, une partie de l'emprunt ait été
employée à éteindre des obligations, et je suis d'autant plus porté
à croire que ma première évaluation a été exagérée, que le Roi,
ayant la réputation d'être vrai, aurait certainement dédaigné de
nier ce qui aurait été d'une parfaite exactitude.
J'étais, je l'avouerai, un peu effrayé, lorsqu'après avoir évalué,
en vertu d'informations qui dataient de la fin de décembre et du
commencement de janvier, à deux millions seulement l'excédant des
dépenses de la liste civile, j'appris de plusieurs côtés qu'elles
avaient monté en totalité à une somme de 13 millions. Mon devoir me
pressa d'en informer Sa Majesté, et en ce moment-ci je préfère de
répondre promptement à la lettre de Votre Excellence déjà trop
retardée, par des éclaircissements encore incomplets, plutôt que
d'attendre ceux que des recherches ultérieures pourraient me
fournir, et que je me réserve de transmettre. L'administration
directe des finances de la Westphalie est entre les mains des
Allemands qui, par plus d'un motif que je dois ou respecter ou
excuser, se tiennent vis-à-vis de moi dans une réserve qui ne m'a
pas encore permis de chercher à puiser abondamment dans les sources
d'informations dont ils sont dépositaires, et je ne dois pas
brusquer une confiance qui ne m'est pas refusée, mais qui n'ose pas
passer les bornes du devoir ou de la circonspection. D'un autre
côté, tant que je conserverai l'espérance d'obtenir mes
renseignements de la persuasion qui devrait être celle de tout
Westphalien, que c'est l'identité d'intérêt, que c'est l'amitié pour
le souverain et pour le pays qu'il gouverne, qui les réclament pour
en faire le meilleur usage, je répugnerai à employer des moyens dont
le moindre inconvénient est d'offrir peu de garantie pour
l'exactitude.
Je n'ose pas non plus me flatter, Monseigneur, que le Roi me
fournisse des occasions fréquentes de lui donner des conseils
d'économie; à l'exception d'une seule occasion dont je me suis
emparé, je n'ai encore eu l'honneur de voir Sa Majesté que dans les
cercles de cour, et Votre Excellence aura pu se convaincre par la
conversation dont je lui ai rendu compte et dont sa dépêche vient de
me donner la clef, que dans l'opinion de Sa Majesté, des
communications de cette nature avec le ministre de France
sembleraient déroger à une intimité à laquelle le Roi attache un
prix si légitime. Peut-être votre correspondance ultérieure,
Monseigneur, m'ouvrira-t-elle quelques facilités à cet égard,
peut-être pourrai-je saisir quelque circonstance où faisant
connaître au Roi les sentiments de mon âme, je le disposerai à
m'accorder une confiance que je m'étais préparé d'avance à ne point
espérer après un séjour de deux ou trois mois seulement. Quelque
délicate que puisse être ma mission, je n'y vois point de devoirs
incompatibles, mais seulement des devoirs de première et de seconde
ligne: ils sont tous dans ce que Sa Majesté, avec une bonté qui m'a
pénétré d'admiration, a daigné me faire répondre au sujet du
compliment que m'a fait Sa Majesté westphalienne.
L'économie personnelle du roi, insuffisante sans doute pour remédier
à la pénurie des finances de l'État, aurait cependant sur leur
amélioration une influence incalculable, et cette vérité est
tellement sentie, qu'il y a peu de jours, un des plus estimables
conseillers d'État m'a dit que si, en doublant la liste civile, on
pouvait établir la certitude d'un ordre parfait et invariable, et
celle d'intéresser le roi aux finances de l'État autant qu'aux
siennes propres, on ferait le marché le plus avantageux pour la
Westphalie.
Les discussions relatives à la négociation de l'emprunt ou du traité
hollandais ne sont pas encore terminées. Avant-hier, en allant chez
M. le comte de Furstenstein, je rencontrai l'un des négociants qui
avait rendez-vous chez ce ministre pour la même heure: il me dit que
la négociation avait rencontré quelques difficultés, qu'elle faisait
jaser, qu'on prétendait que les intérêts monteraient à onze ou douze
pour cent (d'autres disent treize), tandis qu'ils ne seraient que de
six. Les deux manières de compter au reste peuvent se concilier.
L'emprunt, m'a-t-on dit, doit se faire réellement à 6 pour cent
d'intérêts; mais les prêteurs auront en même temps, pour le compte
du gouvernement, la régie de l'extraction et de la vente des sels et
métaux dont ils seront nantis, et sous ce rapport, il leur sera
alloué des provisions et des frais. Quoi qu'il en soit, Monseigneur,
le besoin d'argent pour le trésor de Westphalie est impérieux et
urgent. Les difficultés qui se sont élevées semblent prouver qu'on
ne veut pas y procéder légèrement. Le crédit de la Westphalie, le
commerce de Hollande y sont intéressés; les deux rois en désirent le
succès; quant à moi j'attends toujours qu'on m'en parle. L'emprunt
sera de six millions de francs.