Cassel, le 24 février 1809.
M. le comte de _Furstenstein_ m'a fait part des nouvelles qu'il a
reçues de Vienne et qui ont déterminé le Roi à envoyer hier un
courrier à Sa Majesté l'Empereur. Il m'a parlé aussi d'une lettre de
M. _Hesstinger_ à Darmstadt, qui, ayant à écrire à M. _Pothau_,
l'informe en confidence du mécontentement général qui, d'après les
renseignements parvenus à M. _Hesstinger_ et qu'il dit avoir fait
connaître à Votre Excellence, régnerait en Westphalie et qui selon
lui pourrait amener une explosion générale. M. de _Furstenstein_ m'a
dit qu'il n'attachait pas une grande importance à cet avertissement;
que la police était parfaitement faite en Westphalie; que le peuple
était bon; que les nobles étaient fidèles; que le Roi était aimé et
qu'il était d'ailleurs exactement informé de tout ce qui se passait
dans son royaume. Quoique je partage à plusieurs égards cette
opinion de M. de _Furstenstein_, je me réserve cependant,
Monseigneur, de revenir sur cet objet sous le double rapport des
faits et des réflexions qui s'y rapportent.
On voit que M. Reinhard, moins optimiste que M. de Furstenstein,
était aussi plus clairvoyant. On touchait aux aventures de Schill,
du duc de Brunswick et à la guerre avec l'Autriche.