Cassel, 19 mars 1809.
Sire, quoique bien persuadé que Votre Majesté soit instruite de tous
les projets de l'ennemi, je ne crois pas devoir me taire sur le
rapport qui vient de m'être fait par des officiers de ma maison,
ayant, pour leurs affaires personnelles, des relations étroites en
Hanovre.
D'après ce rapport «il paraît que les Anglais ont formé le projet de
débarquer 30 à 40 mille hommes sur les côtes de Hanovre pour
attaquer ce pays et pénétrer en Hollande.»
J'annonce avec satisfaction à Votre Majesté que la levée de la
conscription se fait avec le plus grand zèle dans la majeure partie
de la Westphalie et principalement dans les départements de l'Elbe
et de l'Ocker dont l'esprit est excellent.
Quant au pays de l'ancienne Hesse, il est décidément mauvais et je
désirerais bien que Votre Majesté m'autorisât à répartir dans cette
partie de mon royaume un des régiments français qui sont à
Magdebourg, afin de dissiper les esprits remuants et de contenir les
malveillants.
Si Votre Majesté consent à cette demande, j'enverrai en remplacement
à Magdebourg un régiment westphalien de même force.
Je prie Votre Majesté de me répondre sur cet objet.